Carburants toxiques vendus à l’Afrique: indignation et colère au Mali

Des sociétés suisses sont accusées d’exporter, en Afrique, des carburants toxiques. Les révélations proviennent de l’ONG suisse Public Eye. Celle-ci affirme que le carburant vendu à certains pays africains est de moins bonne qualité qu'ailleurs et qu'il peut être très dangereux pour la santé. Le taux de soufre est par exemple des centaines de fois supérieur à celui relevé dans l'essence européenne. Joint par RFI, Oumar Samaké, directeur de l’association malienne d’éveil au développement durable (AMEDD), dénonce l'attitude des négociants suisses, mais aussi des autorités des pays concernés.

Public Eye a prélevé des échantillons à la pompe dans huit pays, à savoir l’Angola, le Bénin, le Congo Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Sénégal et la Zambie. L’ONG a découvert que la teneur en soufre des carburants est jusqu’à 378 fois supérieure à la teneur autorisée en Europe. Le maximum de concentration a été détecté au Mali. En Europe, la limite est fixée à 10.

L’Association malienne pour l’éveil au développement a participé au rapport de l’ONG Public Eye. Son directeur, Oumar Samaké, dénonce l'attitude des négociants suisses, mais aussi des autorités des pays concernés.

« C’est également choquant que des décideurs africains acceptent de se faire approvisionner un carburant de mauvaise qualité, sachant bien que cela est nocif pour la santé. En tant que société civile malienne, on s’était dit que nos décideurs ne le savaient peut-être pas. Maintenant nous allons les informer pour qu’ils puissent prendre des dispositions urgentes », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel aux décideurs.

« C’est dans l’immédiat qu’il faut réviser les standards maliens. On ne peut pas comprendre qu’on continue à accepter que des négociants suisses nous fournissent de tel carburant ! C’est inacceptable ! Vraiment, à l’attention des décideurs africains, il est urgent qu’on agisse pour protéger les populations et protéger l’environnement qui est un bien commun mondial », a-t-il insisté.

Deux poids, deux mesures

aBamako

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