Faut-il désespérer du Mali… ?

Dans quelques jours, le Mali va célébrer son accession à l’indépendance. A la veille de ce 56ème anniversaire, nous publions un article paru il y a un an, dans cette même rubrique.
22 septembre 1960-22 septembre 2015 ! Dans quelques jours, le Mali fêtera le 55ème anniversaire de son accession - sous la direction de Modibo Kéïta et ses compagnons - à l’indépendance. Cette commémoration évoque encore plein de choses pour un peuple qui a connu la domination coloniale, synonyme de bien de privations de liberté. Même si le 22 septembre, depuis 2012, a un goût amer avec les événements qui se succèdent laissant souvent une impression de pis-aller.
Face à l’extrême gravité de la situation, 55 ans après le départ officiel du dernier colon français, ils sont nombreux les «Soudanais» à adopter cette ligne de conduite proposée par Alfred de Vigny : «Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse».
L’héritage des pères fondateurs dilapidé ! Une éducation au rabais avec une école pour les nantis et une autre pour la populace ! Un système de santé aussi paradoxalement coûteux que médiocre ! Une justice sélective rendue, comme dirait l’autre, à la tête du justiciable ! Un Etat dépouillé de ses prérogatives de puissance publique du fait de politiques hasardeuses, de théories bidons qui ont désarmé l’Armée nationale (équipements, formation), perverti les forces de sécurité, nous exposant à tous les périls !
Que dire de cette démocratie de façade qui ne sert que les intérêts d’une élite plus affairiste que patriotique (qu’elle soit du pouvoir ou de l’opposition. Eh oui ! Ce sont les mêmes acteurs depuis des années, seuls les positions et les rôles changent par rapport au pouvoir ! Le pays est placé sous tutelle internationale pour ne pas écrire qu’il a perdu sa souveraineté.
En disant non à la France coloniale du Général Charles De Gaulle, Modibo Kéïta et ses compagnons de lutte pouvaient-ils imaginer un seul instant que leur pays allait tomber si bas ? Après tous ces efforts qu’ils ont déployés pour bâtir des citoyens plus soucieux du Mali que de leurs affaires quotidiennes ?
Au fil des années, la République a produit un ‘’matériel humain’’, inapte à faire face aux défis de l’heure. Aujourd’hui, on vante les mérites du mensonge, de la malhonnêteté, de la lâcheté, du déshonneur dans ce ‘’Maliba’’ où l’intégrité, l’honnêteté, la droiture, la loyauté étaient des valeurs de référence.
Conçue comme un remède aux maux de la société, notre pratique démocratique a enfanté de curieux acteurs dont les actes concourent davantage à tuer la mère patrie qu’à la bâtir.
Des peuples qui ont connu des situations plus dramatiques ont bien pu se relever. On pourrait être tenté de dire : ‘’Mais pourquoi pas nous ?’’ Seulement voilà, tant que les Maliens ne changeront pas de comportement pour épouser la vertu et redevenir des citoyens normaux, il y a bien lieu de désespérer. Au lieu de s’en prendre à la communauté internationale, ayons le courage et l’honnêteté de nous remettre en question !
Chaka Doumbia

aBamako

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