Grand angle : Mauvais signe ?

Les affrontements au Nord du Mali, entres groupes armés signataires de l'accord de paix issu du processus d’Alger n’augurent rien de bon

Les affrontements au Nord du Mali, entres groupes armés signataires de l'accord de paix issu du processus d’Alger n’augurent rien de bon. D’autant que la situation, au lendemain de ces accrochages entre combattants de Gatia, groupe de la Plateforme et la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui ont fait une douzaine de morts, restait tendue. « Les groupes ont le doigt sur la gâchette» a affirmé une source sécuritaire citée par l’AFP. Pour preuve, La CMA qui impute la responsabilité de cette attaque au Gatia a prévenu dans un communiqué, rendu public samedi, « qu’elle ne peut demeurer indifférente à ces agressions ».
À plus forte raison qu’il s’agit là, selon la Coordination, « d’une énième violation du cessez le feu et de l’accord de paix » obtenu, faut-il le rappeler, au bout de plusieurs rounds de négociations menés à Alger par une médiation internationale conduite par l’Algérie. Pour sa part la Plate- forme affirme que des combattants de Gatia sont tombés dans une embuscade qui leur a été tendue, que les deux antagonistes rejettent la responsabilité et que celui qui a rouvert en premier les hostilités n’est pourtant pas le plus important. En, effet, s’il y a d’autres raisons de s’inquiéter de cette nouvelle poussée de violences, c’est que ces affrontements ne sont pas nouveaux. Et, qu’ils sont de plus en plus rapprochés dans le temps car le différend qui oppose les deux antagonistes n’a pas été réglé. Les derniers en date s'étaient produits il y a juste un mois, en août, pour le contrôle de Kidal. Dès lors, force est de craindre que la persistance de ces tensions ne soit un mauvais signe dont la première conséquence sera qu’elles contribueront à accentuer le retard enregistré dans la mise en œuvre de l’accord de paix de mai et juin 2015. En effet, tant que l’insécurité persistera au Nord, il sera difficile d’envisager l’application sur le terrain des dispositions prises en faveur de la population de cette région du pays. La CMA qui prend à témoin la médiation internationale garante de l’Accord appelle celle-ci à prendre « toutes ses responsabilités» face à ses violations répétées. Ses responsables doivent aussi savoir qu’ils ont une part de responsabilité qui ne peut être collective car toutes les parties signataires à Bamako, en mai et juin 2015 de l’Accord de paix, ont pris l’engagement d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable et définitive au Nord du Mali.
Nadia. K

aBamako

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