En fin de mission de revue au Mali : Le FMI déplore la lenteur dans la mise en œuvre de la bonne gouvernance

Malgré des bons points engrangés sur le plan macro économique, le Fond monétaire international (FMI) reste prudent face au grand déficit de bonne gouvernance dans lequel le Mali patauge toujours. Les perspectives sont positives, la croissance macroéconomique prometteuse, mais la mise en œuvre des reformes en matière de bonne gouvernance se fait à un rythme de caméléon.

Hier, mercredi 28 septembre 2016, le ministre de l’économie et des finances, Boubou Cissé et le chef de mission du Fond monétaire international (FMI), Lisandro Abrego ont animé une conférence de presse au département de l’économie et des finances pour faire le bilan de la mission du Fmi effectué au Mali du 27 au 29 septembre 2016. Cette mission s’inscrit en droite ligne de la sixième revue du programme économique et financier du gouvernement appuyé par le FMI dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC). La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Modibo Keita; le Ministre de l’Economie et des Finances, M. Boubou Cissé; le Directeur National de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, M. Konzo Traoré et d’autres hauts fonctionnaires de l’administration.

Au cours de cette conférence de presse qui a clôturé la mission, le ministre de l’économie et des finances, Boubou Cissé a fait savoir que la mission s’est très bien déroulée car des résultats très satisfaisants ont été atteints eu égard la crise que traverse le Mali. Il a cité trois bons points engrangés par le Mali dont la performance du programme économique et financier, la stabilité du cadrage macro économique et la bonne politique budgétaire. « La croissance dans notre pays continue à être solide, continue à être robuste, l’inflation est assez bien maîtrisé. Tout porte à croire que les perspectives en moyens termes se présentent sous un jour favorable pour notre pays », a dit le ministre. Selon lui, même si tout n’est pas parfait, des efforts sont en train d’être fait dans la promotion de la bonne gouvernance au Mali. Pour preuve, dit-il, bientôt l’Office central de lutte contre l’Enrichissement illicite sera opérationnel. A l’en croire, le projet de loi de finance 2017 validé avec l’équipe du FMI, sera présenter au conseil de cabinet présidé par le premier ministre Modibo Keïta ce mercredi 28 septembre. Il a fait savoir que c’est un projet de budget assez innovant qui fera réduire les dépenses. « C’est un budget qu’on a arrêté en termes de recettes à un peu plus de 2000 milliards de FCFA contre les dépenses qui avoisine 2270 milliards de FCFA », a précisé le ministre.

Pour sa part, le chef de mission du FMI, Lisandro Abrego a fait savoir que l’économie du Mali continue de croître à un rythme soutenu, avec une prévision de croissance du PIB de 5,4% au titre de l’année 2016. « L’activité économique est tirée aussi bien par les dépenses publiques d’investissement que par la politique accommodante de la Banque centrale régionale (BCEA0). L’inflation est en baisse et pourrait diminuer à 0.5% à fin Décembre. En 2017, il est prévu que la croissance du PIB reste forte à 5,3 %, pendant que l’inflation devrait rester contenue à 1%. Cette perspective favorable est toutefois sujette à des risques, notamment liés à la situation sécuritaire fragile du Mali », a-t-il dit. La mission se réjouit du progrès continu constaté dans la mise en œuvre du programme. Selon le chef de mission, tous les critères quantitatifs pour le mois de juin 2016 ont été respectés et des avancées sont enregistrées dans la mise en œuvre des réformes structurelles dans la plupart des domaines. A ses dires, la loi de finances rectificative 2016 prévoit un assouplissement temporaire de la politique budgétaire pour tenir compte des dépenses publiques d’investissement, sécuritaires et celles liées à la mise en œuvre de l’accord de paix. « Même si les dépenses d’investissement ont augmenté, le déficit budgétaire au premier semestre a été en deçà de l’objectif. Tandis que des progrès sont constatés dans les réformes de l’administration fiscale et la gestion des finances publiques (GFP), la mise en œuvre des reformes en matière de bonne gouvernance se fait à un rythme plus lent que prévu, surtout en ce qui concerne la législation sur la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite », a déploré Lisandro Abrego. Il va plus loin en disant que jusqu’à preuve du contraire, la déclaration des biens des hauts fonctionnaires du Mali n’est pas encore faite. La mission salue tout de même le projet de loi de finances 2017, qui cible une mobilisation accrue des recettes fiscales.

Aguibou Sogodogo


Africatime

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