Rebondissement dans l’affaire Mohamed Y. Bathily : Ras Bath déféré par-devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel

Le dossier du célèbre chroniqueur malien Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous l’appellation de Ras Bath, continue son bonhomme de chemin devant les juridictions maliennes.
En effet, après son arrestation mouvementé par la Gendarmerie nationale du Camp I de Bamako suite à une plainte du Procureur Général près la Cour d’appel de Bamako pour «attentat à la pudeur, outrage à autorité et tentative de démoralisation de l’armée» puis placé sous contrôle judiciaire, il nous revient de source judiciaire que Ras Bath a été déféré devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako. Selon les mêmes sources, cette énième procédure fait suite à un appel formé par les avocats du chroniqueur radio, alors même que cet appel en matière de contrôle judiciaire serait totalement irrecevable au regard des dispositions pertinentes de notre droit positif en la matière. Toute chose que les avocats de Ras Bath ne doivent pas ignorer. Est-il en effet besoin de rappeler que le contrôle judiciaire ne peut faire l’objet d’aucun aménagement.
Chronique d’une affaire qui tient en haleine tous les Maliens
Il est important de souligner que probablement Mohamed Youssouf Bathily est journaliste, mais il n’est pas attaqué sous l’angle de délit de presse. Certains de ses partisans tentent aussi de présenter l’affaire sous l’angle du complot et de l’acharnement. Mais sans pour autant donner plus d’importance qu’il ne faut à cette affaire dite Ras Bath, nombreux sont les confères de la place qui s’acharnent et prennent d’assaut la Une des journaux pour présenter un dossier en perdant toute objectivité pour prendre partie en faveur de Ras Bath.
En effet, prétextant un deal avec le ministre de la Justice, Garde des Sceaux qui se refuse à tout commentaire dans ce dossier, les amis de Ras Bath soutiennent mordicus que Tiéman Hubert Coulibaly, ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants, serait le protégé du ministre de la Justice dans un dossier dit «Asam», évoqué plusieurs fois et à satiété sur les antennes de Maliba FM par un Ras Bath tantôt calomniateur, tantôt dénonciateur, jamais justifié. Nous nous sommes informés sur le dossier «Asam» au niveau de la justice malienne. Et contrairement aux allégations, ce dossier ne fait l’objet ni d’enquête ni de poursuite, même si l’honorable Oumar Mariko l’a évoqué à plusieurs reprises devant la représentation nationale dans le cadre d’interpellation de membres du gouvernement.
Les prises de position et les opinions exprimées par Ras Bath sur le sujet laissent entrevoir de la fraude, du détournement, de la dissipation. Toutes choses pouvant être à l’origine de la mise en cause des dirigeants de l’Asam devant le juge.
Les soutiens de Ras Bath, dont certains confrères, et les membres du Collectif pour la défense de la République (CDR) ont la pleine liberté, en tant que citoyens maliens, de saisir la justice et de déférer Tiéman Hubert Coulibaly et son père Moussa Balla Coulibaly.
Sur ce dossier, nos enquêtes aussi bien au sein de Asam qu’au niveau de la Direction nationale des Aéroports du Mali et du ministère de tutelle ne nous ont permis de croire en l’existence d’autres secrets scabreux que Ras Bath serait le seul à détenir aujourd’hui.
Le bon citoyen qu’il est, doublé du chroniqueur de ‘’Carte sur table’’, devrait pouvoir prendre le chemin de la justice pour y dénoncer les faits, mettre en cause les personnes impliquées dont le ministre de la Justice, Garde des Sceaux.
Une telle démarche a l’avantage non seulement pour lui de s’expliquer, mais aussi et surtout de se soustraire du contrôle judiciaire qui ne s’expliquerait que par un complot du ministre de la Justice. Or, sur ce plan, d’après les opinions qui nous ont été exprimées par les juristes, le contrôle judiciaire est l’une des modalités qu’offre la loi durant la période où Ras Bath est mis en cause de ne pas reproduire durant la phase de l’instruction judiciaire les mêmes choses susceptibles de reproduire les mêmes effets.
Les soutiens de Ras Bath ne l’affirment-ils pas eux-mêmes qu’il est poursuivi pour attentat à la pudeur, d’outrage à l’autorité et de tentative de démoralisation de l’armée. Les juristes indiquent que ces infractions sont d’autant plus graves qu’elles ont été diffusées, que les actes en support sont matérialisés par plusieurs heures d’enregistrement en la possession du juge et du parquet poursuivant. Ainsi, il s’agit plus pour Ras Bath de se défendre sur ces points et pour ses partisans de prendre conscience qu’aucune campagne sordide ne saurait détourner le Gouvernement de la République du Mali de ses objectifs. Est-il besoin de souligner que Ras Bath a à faire à la Justice et non au ministre de la Justice qu’on a d’ailleurs dû solliciter à plusieurs reprises pour connaître notamment son point de vue sur une rencontre avec Ras Bath et sur l’existence d’un deal entre eux.
Sans réponse de sa part, nous nous sommes rabattus sur certains proches du ministre et de son cabinet qui nous ont affirmé que Ras Bath aurait surgi au secrétariat du ministre sans rendez-vous, qui l’aurait reçu pour un échange qui n’aura duré plus de 6 minutes. Difficile donc dans ce cas qu’un vrai deal soit conclu dans cet intervalle de temps pour un dossier aussi important que celui se rapportant à l’Asam.
Depuis cette époque, est-il venu à l’esprit de Ras Bath et de ses soutiens de communiquer le contenu de ce dossier sensible par d’autres canaux ? Dans les jours à venir, faute d’avoir le ministre, nous tenterons de prendre attache avec Ras Bath et ses amis pour en savoir davantage.
Nouhoum DICKO

aBamako

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