Marche de soutien à Ras Bath: Les manifestants dénoncent de graves implications politiques

Au moins un millier de jeunes ont manifesté à Bamako samedi dernier (8 octobre 2016) pour clamer le retour de l’animateur Ras Bath sur les ondes. Mais les manifestants qui veulent bien plus que la liberté d’expression, ne demandent pas que la levée de l’interdiction des émissions de Ras Bath. Ils dénoncent des dessous affairistes et politiques dans le bras de fer entre la Justice et l’animateur de radio.

C’est Abdoul Niang, un des membres du collectif des journalistes ayant initié la marche, qui accsuse le ministre garde des sceaux. Ce dernier serait à l’origine des ennuis de l’animateur qui est aujourd’hui interdit d’animer ses émissions radiophoniques. «Comment comprendre que le ministre de la Justice ait rencontré Ras Bath le 9 pour lui demander de l’aide dans son bureau et que le 10 il soit arrêté ? », s’est interrogé Abdoul Niang pour qui l’indépendance de la justice est mise en cause dans l’affaire Ras Bath.

Les manifestants vont plus loin en disant que la vraie raison de l’acharnement du ministre de la Justice et du procureur de la République dans cette affaire est liée au scandale de l’ASAM. Pour les proches de l’animateur, il n’y a aucun doute que le ministre de la Justice ait tenté de voler au secours de son camarade Tiéman Hubert Coulibaly, l’ancien ministre de la Défense, mouillé par l’affaire ASAM que l’animateur suivait de près.

Pourtant, le procureur de la République a publiquement indiqué que Ras Bath est poursuivi pour injures publiques à caractère sexuel. «Faux », rétorque Abdoul Niang. Car, dit-il, aucune des personnalités ayant été inquiétées par les émissions de Ras Bath n’avait accepté de porter plainte. Ni le prédicateur Bandiougou Doumbia, ni le maire de Gao, Sadou Diallo, qui a d’ailleurs commis son avocat pour la défense de l’animateur.

Le procureur de la République reproche également à Ras Bath de démoraliser et de démobiliser les troupes sur le terrain en temps de guerre. Tout cela ne serait que des accusations fallacieuses, selon les manifestants. «Quel soldat a été démoralisé par les propos de Ras Bath ? Personne ! », a déclaré Abdoul Niang.

Mais ce dernier a une bonne raison d’en vouloir au ministre de la Justice, car l’émission qu’il animait sur une radio privée de la place a récemment été suspendue. Mais «ce qui importe d’abord, c’est le cas de Ras Bath », a-t-il laissé entendre devant la foule de manifestants scandant son nom. Pour lui, il faut tout mettre en œuvre pour que ce qui est arrivé à Ras Bath n’arrive plus jamais à un autre journaliste malien.

Soumaila T. Diarra

aBamako

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