Marche de soutien à Ras Bath : Les manifestants exigent la levée immédiate du contrôle judiciaire

Pour témoigner leur soutien sans faille au chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, mis sous contrôle judiciaire depuis le mois dernier, le collectif d’organisations de soutien à sa cause a battu le pavé le samedi dernier. Au cours de cette marche, ils ont demandé la levée immédiate du contrôle judiciaire et le départ du ministre de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté.

Organisée par le collectif d’organisations de soutien à Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, cette marche a pris son envol à la place de la liberté et finit sa course au pied du monument de l’indépendance. On pouvait lire, entre autres, slogans sur les pancartes: « Libérez Ras Bath ; libérez la voix du peuple ; libérez le symbole de la vérité ». Makan Konaté, journaliste à la radio Maliba FM, a indiqué que cette marche pacifique de protestation vise non seulement  à exiger la levée du contrôle judiciaire de Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, mais aussi  à défendre la liberté de presse et d’expression chèrement acquise au prix d’énormes sacrifices pour qu’aucun autre journaliste malien  ne soit plus  victime de pareille situation.

Boubacar Yalcoué, Directeur de publication du journal «Le Pays», a ajouté qu’au-delà de l’affaire Ras Bath et de la suspension d’Abdoul Niang (animateur à la radio ‘’Dambé’’, c’est la liberté de presse et d’expression qui est dangereusement menacée dans notre pays. «Le droit du public à l’information est en passe d’être piétiné dans notre pays. C’est un devoir non seulement pour nous les professionnels de médias, mais aussi pour la population de s’élever pour contrer cette dérive»,  a-t-il martelé.

Prenant la parole, Abdoul Niang, porte-parole du collectif d’organisations de soutien à Ras Bath,  a estimé  que la liberté de presse et d’expression garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme à laquelle notre pays a souscrit et qui est consacrée dans notre constitution se trouve gravement menacée par le ministre de la Justice dans la procédure judiciaire engagée contre Ras Bath. Pour preuve, soulignera-t-il, à peine nommé,  le ministre de la Justice  a rencontré, le  9 août  Ras Bath, qu’il a qualifié de patriote pour le travail qu’il fait sur les ondes.  «Dès que tu deviens ministre, ton premier ennemi, c’est celui qui a signé ton décret»,  se serait-il confié à Ras Bath. Avant de lui   proposer un deal.  «Je te file des dossiers, tu les exploites et, moi j’ouvre une information judiciaire», aurait poursuivit le ministre.  Suite à l’arrestation de Ras Bath, il s’est rendu personnellement à minuit au Camp I, sous prétexte que Bath détenait un téléphone. Par ailleurs, M. Niang fera savoir que l’indépendance de la justice est sujette à caution dans cette affaire. A l’en croire,  les mesures contenues dans le contrôle judiciaire auraient été rédigées dans le bureau du ministre de la Justice par un certain Sékou, proche de l’ex-ministre de la Défense, Tiéman Hubert Coulibaly. «On comprend aisément que c’est le scandale relatif au dossier Asam impliquant Tiéman et son père, dénoncé par Ras Bath, Tiéman se trouvant être un ami du ministre de la Justice», a-t-il expliqué. Par ailleurs, il a  dénoncé l’acharnement du ministre de la Justice et le Procureur à vouloir nier à Ras Bath le statut de journaliste, alors qu’il détient une carte de presse nationale. Ce, afin de le poursuivre sur la base du droit commun au détriment du régime de la presse. «Le contournement de la loi par un professionnel du droit est inacceptable. En outre, l’illustration la plus frappante est l’achat de la plume de certains journalistes pour sa promotion et une campagne de dénigrement contre Ras Bath», a-t-il soutenu. De l’avis de M. Niang, les chefs d’inculpation retenus à l’encontre de Ras Bath : injure à caractère sexuel, outrage à la pudeur, propos démobilisateurs des troupes ne sont que de la poudre aux yeux. Selon lui, aucune plainte n’a été déposée par ceux qui auraient été visés dans les dénonciations de Ras Bath. Car, ils n’ont rien à lui reprocher objectivement. «Par conséquent,  nous exigeons la levée immédiate de la mesure de contrôle judiciaire et la démission du ministre de la Justice. Et ce, dans un délai d’une semaine», a-t-il conclu.

Boubacar SIDIBE

 


Maliweb

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