Application de l’accord de paix: le MSA se désolidarise des principaux mouvements de la CMA

Crée le 1er aout passé à Ménaka, le Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) ne partage pas les mêmes visions que le MNLA, le HCUA et le MAA, les trois principaux mouvements de la Coordination des Mouvements de l’Azawad(CMA). Selon les leaders du nouveau mouvement qui se réclament toujours de la CMA et qui disent avoir 8 bases militaires dans les régions de Gao et de Ménaka, il n’est pas question que le MSA s’implique dans le conflit intercommunautaire dans la région de Kidal.

« Dans ce contexte d’insécurité généralisée, on ne doit pas être figé. Il faut savoir dans quelle direction aller. L’accord issu des pourparlers d’Alger est une chance pour nous et pour le Mali. Nous sommes pour la paix et la mise en œuvre de l’accord dans tout son caractère d’inclusivité », déclarent les leaders du mouvement.

A Bamako pour rencontrer les différents acteurs du processus de paix, les leaders du Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) ont rencontré hier, 13 septembre 2016, la presse malienne pour expliquer les motifs de la création du mouvement et clarifier leur position sur l’échiquier complexe du processus de paix au Mali. Pourquoi créer un nouveau mouvement politico-armé en ce moment bien précis ?

Le Coordinateur Alla Ag Al Mehdi du Mouvement pour le Salut de l’Azawad( MSA) qui comprend aussi Moussa Ag Acharatoumane, chargé des questions politiques, le Colonel Intallah Ag Assaid, chef militaire, explique : « Nous sommes tous issus de la CMA. Depuis le début, nous avons tous participé au processus d’Alger. Nous avons tous collectivement démissionné du Mnla, du HCUA et du MAA. Nous partageons les mêmes visions et les mêmes préoccupations au niveau des régions de Ménaka et de Gao. De près ou de loin, nous ne voulons participer aux conflits intercommunautaires de Kidal. On ne s’implique pas dans ce conflit. Notre position est claire. Nous affirmons solennellement notre adhésion au processus de paix ». Selon le Coordinateur Alla Ag Al Mehdi, l’accord de paix est la référence pour le règlement de tout conflit. « Toutes les parties doivent converger vers la mise en œuvre de l’accord. L’accord de paix est le seul chemin valable pour tous les acteurs », soutient-il.

Un mouvement instrumentalisé par l’Etat malien ?

Les leaders du Mouvement pour le Salut de l’Azawad nient tout lien avec les autorités maliennes. « Je démens formellement cela. Nous avons, en toute indépendance, pris l’initiative de créer notre mouvement. Nous n’avons subit l’influence de qui que ce soit. Les conflits intercommunautaires nous interpellent tous. C’est les populations qui sont les victimes », déclare Alla Ag Al Mehdi, tout en précisant que le mouvement n’est pas aussi de la Plateforme, le groupe armé qui se dispute avec la CMA pour le contrôle de la ville de Kidal: « Pour le bien des populations et de la mise en œuvre de l’accord, nous avons échangé avec la plateforme sur des questions très claires.

Comment restaurer la paix et la sécurité dans les zones que nous contrôlons. Aller vers des solutions communes pour mettre fin au banditisme. Nous ne sommes pas de la Plateforme. Nous avons des relations, dans le cadre de l’accord, avec la Plateforme. Nous n’avons subit l’influence de qui que ce soit.» Concernant le nombre de combattants et les zones contrôlées par le MSA, Alla Ag Al Mehdi est un peu évasif : « nous avons huit bases au niveau des régions de Gao et de Ménaka. Je ne saurai vous donner le nombre exact de nos hommes, mais cela va se préciser lors du cantonnement. Nous avons aussi des sympathisants dans la région de Tombouctou. »
Cela fait 16 mois que l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali a été signé à Bamako. L’impasse du processus de paix conduit à la création d’une myriade de mouvements politico-armés au Mali. Les alliances se font et se défont en fonction de la réalité du terrain et des intérêts du moment.

Aujourd’hui, le Gatia, le groupe armé accusé d’accointance avec le pouvoir malien, encercle Kidal. La CMA est pratiquement cantonnée dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas sans possibilité de sortir de la ville. Les différentes médiations pour trouver un compromis entre les deux groupes armés qui se disputent pour le contrôle de Kidal ont jusque là échouées.

Madiassa Kaba Diakité


Africatime

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