Un humanitaire américain enlevé au Niger, deux personnes tuées pendant le rapt

Niamey - Un travailleur humanitaire américain a été enlevé vendredi soir à Abalak, une préfecture de la région de Tahoua à 350 km au nord-est de Niamey, où deux personnes ont été tuées pendant le rapt, selon une source sécuritaire.

"Un Américain travaillant pour une ONG a été enlevé ce vendredi vers 21H00
locale (20H00 GMT) à Abalak. Il est trop tôt pour déterminer l’identité des
ravisseurs qui sont repartis vers le Mali. Les autorités ont déclenché une
alerte maximum dans la zone", a déclaré cette source à l’AFP sous couvert de
l’anonymat.

"Au moins deux personnes ont été tuées lors de la fusillade" précédant
l’enlèvement, a ajouté la source sécuritaire. Elle a indiqué que les victimes
étaient probablement des Nigériens, précisant que cette information demandait
à être confirmée.

"Des poursuites sont engagées. Toutes les voies menant au Mali sont
surveillées", a assuré cette source.

C’est la première fois qu’un ressortissant américain est enlevé au Niger.
Un porte-parole du département d’Etat américain a indiqué à l’AFP être au
courant d’informations de presse sur l’enlèvement d’un citoyen américain au
Niger, mais n’a pas souhaité faire plus de commentaire.

En janvier 2011, deux jeunes Français avaient été kidnappés dans un
restaurant de Niamey et tués quelques heures plus tard, lors d’une tentative
d’intercepter leurs ravisseurs.

Cinq employés du géant français du nucléaire Areva avaient été enlevés en
2010 par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur le site
de la mine d’uranium d’Arlit (nord du Niger). Les quatre hommes avaient été
libérés en 2013, alors que la femme avait été libéré début 2011.

La région de Tahoua, où a été capturé l’Américain, est instable. Le 7
octobre, 22 soldats nigériens y avaient péri lors d’une attaque d’hommes armés
venus du Mali contre un site de réfugiés maliens à Tazalit. Trois soldats
avaient aussi été blessés, selon l’armée nigérienne.

Le Niger a déployé, pour empêcher l’infiltration de groupes armés, un
important contingent le long de son énorme frontière avec le Mali, théâtre de
plusieurs attaques. Sur le plan diplomatique, Niamey ne cesse de réclamer une
résolution du conflit au Mali.

"Régler le problème de la sécurité au Mali, c’est également régler le
problème de la sécurité au Niger", avait notamment déclaré le président
nigérien Mahamadou Issoufou le 10 octobre lors d’une visite de la chancelière
allemande Angela Merkel.

Le Niger doit aussi faire face, dans le Sud-Est, aux attaques incessantes
des islamistes nigérians de Boko Haram.

bh/mba

aBamako

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