Exonérations d’hydrocarbures : Soyatt dans l’œil du cyclone

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Les exonérations sur carburant accordées au Grand distributeur céréalier du Mali (GDCM) pour sa riziculture dans l’Office du Niger pour plusieurs millions de litres de "gas-oil" seraient détournées par la Société Yattassaye et Compagnie (Soyatt). Cette fraude engendrerait un manque à gagner de plus de 1,3 milliard de F CFA pour les recettes de la douane. Une enquête est ouverte pour tirer les choses au clair.

Soyatt se serait-elle spécialisée dans des magouilles et malversations en association avec des agents douaniers au détriment du Trésor public ? Nos sources l’attestent formellement. En complicité avec des douaniers du Bureau des produits pétroliers, Soyatt aurait instauré un mode de détournement de deniers publics via les exonérations.
GDCM de Modibo Kéita bénéficie de l’Etat malien d’une exonération de 6,5 millions de litres de carburant pour ses activités dans la zone de l’Office du Niger.
GDCM fait de l’importation et de l’exportation de produits céréaliers et alimentaires. En contrepartie, il assure ses distributions sous forme de vente en gros et demi-gros sur le marché national.

Présentement, GDCM-SA est la première entreprise au Mali dans la vente et la distribution de produits céréaliers grâce à un réseau de distribution sur l’ensemble du territoire national. Il dispose aussi d’usines de traitement et de reconditionnement du riz à Ségou et à Mopti.
Ce sont les exonérations de GDCM qui seraient indûment exploitées par la Société Yattassaye et Compagnie, nul ne sait part quel artifice. Cependant, une certitude : dans ses manœuvres frauduleuses, elle aurait bénéficié d’une chaîne de complicités au sein du Bureau des produits pétroliers et même au-delà.
Si au début, ce complot contre les intérêts de l’Etat passait inaperçu, au fil du temps il a été étalé au grand jour à cause des importants dégâts occasionnés en terme de manque à gagner pour le Trésor public.

Ainsi, le 11 octobre 2016, 62 camions, en route pour la zone rizicole de GDCM à l’Office de Niger, auraient été détournés en faveur de la Société Yattassaye et Compagnie. Du coup, le marché local a été inondé par ces produits. Le prix de revient tourne autour de 500 ou 505 F CFA pour chaque litre, ce qui fait une perte de 1,3 milliard de F CFA pour l’Etat.
En plus, cette fraude à ciel ouvert permet à la Société Yattassaye et Compagnie de livrer une concurrence déloyale aux autres sociétés de vente des hydrocarbures puisque ces sociétés sont dans les règles (elles payent légalement des droits et taxes).
Le hic est que Soyatt sabote le prix sur le marché local. Au lieu de 520 F CFA par litre, cette société livre à 450 F CFA, soit une différence substantielle de 70 F CFA. Le client a vite fait le choix du moins cher.

Le scandale Yattassaye et frères commence à peser lourdement et négativement sur les recettes mensuelles du Bureau des produits pétroliers. Les chiffres des trois derniers mois sont alarmants et extrêmement inquiétants.
D’un peu plus de 17 milliards de F CFA en début d’année, les recettes de ce bureau stratégique dans le dispositif des douanes du Mali sont passées à 14,206 milliards en juillet 2016, avant de chuter à nouveau à 13,153 milliards en août et de stagner à 13,556 milliards le mois dernier alors que la moyenne mensuelle de ce Bureau est de 15,7 milliards de FCFA. Ce qui fait un déficit de 6,3 milliards de F CFA en trois mois.
Le ministre de l’Economie et des Finances, qui commence à avoir l’estime des Maliens épris de justice, devra donner un grand coup de pied dans cette fourmilière.

Fatoumata Haïdara

aBamako

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