Mise en place des autorites interimaires : Les ex-rebelles se déchirent

L'adoption par le gouvernement vendredi lors d’un conseil de ministre extraordinaire des projets de décret portant mise en place des autorités intérimaires provoque de profondes dissensions au sein de la Coordination des mouvements armés de l'Azawad. Si une partie de la Coordination des mouvements de l’Azawad approuve les choix et évoque "une lueur d'espoir", quatre mouvements de la CMA rejettent en effet la liste des représentants et dénoncent "un choix sélectif et non consultatif". Selon eux, "le décret n'engage pas la majorité de la CMA".

Vendredi lors d’un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a adopté des projets de décret portant nomination des membres de l’autorité intérimaire des régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal et du Collège transitoire des régions de Taoudénit et de Ménaka.
Si une partie des groupes armés salue "une avancée" dans la mise en œuvre de l'accord pour la paix et la réconciliation, quatre mouvements de la CMA rejettent en effet la liste des représentants et dénoncent "un choix sélectif et non consultatif". Selon eux, "le décret n'engage pas la majorité de la CMA".

Au nom de ceux qui sont favorables à la décision de vendredi dernier, Almou Ag Mouhamed, a expliqué que "cette décision était attendue depuis très longtemps, pas seulement par les parties signataires, mais aussi par la communauté internationale qui commençait un peu par s’impatienter.
Donc la décision du gouvernement est à saluer, ça prouve sa volonté cette fois-ci de prendre les taureaux par les cornes. Ça prouve également qu’on veut aller rapidement dans la mise en place des dispositions de l'accord.

Pendant toutes les sessions du Comité de suivi qui ont précédé, c’était la question qui constituait l’épine dans la mise en œuvre de l'accord. Donc, ceci étant, si les autorités intérimaires venaient à être mises en place, elles prendraient cette fois-ci leurs responsabilités pour s’atteler à travailler sur les questions qui relèvent de leurs compétences".
Cet avis est loin d'être partagé par une partie de la CMA. Face à la presse, certains responsables du MNLA, de la CPA, de la CMFPR-II et du MSA, ont contesté samedi la liste envoyée par la direction de la CMA. Les frondeurs de la CMA ne comprennent pas "pourquoi un conseil des ministres extraordinaire a été réuni si soudainement pour faire passer un décret". Selon eux, une réunion de consultation sur les autorités intérimaires était prévue lundi.

Le porte-parole des groupes dissidents, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, a répliqué que "ce décret n'engage pas la majorité écrasante de la CMA. Je vous informe solennellement, la CMA ne fera ni DDR, ni cantonnement, ni patrouilles mixtes sur la base de ce décret. Il doit être revu, il doit être concerté, il doit être consultatif. Un accord ne sera pas mis en œuvre par des autorités intérimaires qui nous ont été imposées en tant que majorité écrasante de la CMA.
Nous ne sommes pas sous la tutelle d'une région quelconque, encore moins d'un mouvement quelconque venu de Kidal ou d'ailleurs. Les listes qui ont été envoyées chez M. le ministre, ont été communiquées par deux mouvements de la CMA et à Kidal. Et c'est dangereux pour le pays parce que l'accord ne sera pas mis en œuvre comme ça.

Aujourd'hui nous ne reconnaissons aucun porte-parole de la CMA qui soit favorable à ce décret. Nous le rejetons lui et son décret en bloc. Nous ne reconnaissons pas ce décret, nous ne reconnaissons pas celui qui parle en tant que porte-parole qui est là et qui ne gère rien sur le terrain".
La Plateforme de son côté pense que la mise en place des autorités intérimaires devrait intervenir après l’achèvement du processus de DDR. Mais, selon eux, il faut avancer pour rattraper le temps perdu.

Avec Studio Tamani

aBamako

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