« Un retour de Nicolas Sarkozy au pouvoir serait une menace pour l’avenir du Mali »

Aucune élection présidentielle française n’aura jamais été aussi cruciale pour le Mali que celle de 2017. En septembre, Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, a indiqué qu’il n’avait pas compris la mission de la France au Mali. En tant que Française d’origine malienne, les propos de l’ancien chef de l’Etat m’ont d’abord indignée. Analyste politique spécialisée sur la région du Sahel, ses propos m’ont ensuite interpellée : l’avenir du pays est sous respirateur artificiel. Sans la France, plus de Mali, et si l’un des principaux candidats français ne comprend pas ce que son pays fait dans celui de mes ancêtres, cela signifie que l’existence même du Mali est maintenant tributaire du résultat de cette présidentielle.

En 2012, François Hollande a été élu parce que les Français ne voulaient plus de Nicolas Sarkozy. En 2017, il n’est pas impossible que Nicolas Sarkozy soit élu parce que les Français sont déçus du bilan de François Hollande. Et si cela arrivait… boum ! Le Mali pourrait s’effondrer.
Juppé et Sarkozy : deux visions divergentes du Sahel

« On a envoyé les soldats français au Mali. Peut-être était-ce nécessaire mais, sur un espace grand comme trois fois la France, envoyer 3 000 soldats français pour rétablir l’ordre… Je me demande encore quelle est leur mission », a déclaré Nicolas Sarkozy. Et pourtant, en 2013, le jour où la ville de Tombouctou – située dans le nord du Mali – a été libérée de l’emprise djihadiste, François Hollande avait déclaré qu’il s’agissait sans doute de « la journée la plus importante de [sa] vie politique ». Ce jour-là, je déclarais à mon tour, en cœur avec des milliers d’autres Franco-Maliens, que mon pays, la France, avait sauvé ma patrie, le Mali.


Africatime

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