Décentralisation : Des progrès notables et des défis à relever

« Le Mali et la décentralisation ». C’était le thème du débat conjointement organisé par l’Institut français et le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Reforme de l’Etat, tenu jeudi dernier dans l’enceinte de l’institut.

C’était sous la présidence ministre Mohamed Ag Erlaf en présence de nombreux invités et des spécialistes des questions de décentralisation. L’essentiel des débats a porté sur les idées qui ont prévalu à la mise en place de la politique de décentralisation dans notre pays dans les années 1990, les difficultés rencontrées dans son application effective mais surtout les avancées enregistrées et les avantages que les collectivités peuvent tirer de l’exercice des pouvoirs qui leur sont dévolus. A l’ouverture des débats, ses initiateurs ont d’emblée tenu à lever toute équivoque sur le fait que la décentralisation est bel et bien en marche dans notre pays depuis son lancement et en dépit des difficultés rencontrées sur le terrain pour diverses raisons.

Ainsi, ont-ils rappelé, la volonté affichée et constante des hautes autorités de mener notre pays vers cette politique depuis déjà deux décennies. « La volonté affichée des autorités de faire de la décentralisation une réalité depuis des décennies est indiscutable », pensent les initiateurs qui ont de passage insisté sur ses avantages (de la décentralisation ) pour l’ensemble du pays de façon générale. Pour convaincre le public invité de cette réalité, il y a eu une projection de film d’une vingtaine de minutes sur la réalité de la politique de décentralisation dans certaines localités des régions de Sikasso et de Ségou. Ce film retrace les initiatives locales qui assurent le développement et le bien-être des collectivités. Tour à tour des spécialistes et témoins « privilégiés » de la décentralisation ont partagé leurs expériences pratiques avec le public.

Le conseiller technique au département de tutelle, Denis Cournay, a fait un bref ramassé sur les origines de la décentralisation en mettant toujours en avant ses avantages pour un « pays unitaire » comme le nôtre. Dans la même veine, le spécialiste a expliqué qu’un pays unitaire qui se décentralise est un pays qui exerce sa pleine souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Tout comme ses prédécesseurs et comme cela est apparu dans la projection du film, Denis Cournay a reconnu la réalité de la décentralisation dans notre pays tout en reconnaissant les ratées constatées çà et là dans sa mise en œuvre effective. En homme d’expérience, le spécialiste des questions de décentralisation n’a pas non plus occulté les difficultés quant à sa mise place complète qui, de son point de vue, se fera surtout avec la délégation des pouvoirs aux collectivités. « Un pays qui se décentralise, cela ressemble un peu à un combat perpétuel entre les collectivités et les autorités pour le développement de ce pays », a-t-il estimé.

Le spécialiste va plus loin dans son exposé. Selon lui, il est surtout nécessaire de savoir si les populations locales tirent bénéfices de la marge de manœuvre qui leur a été offerte par la décentralisation. « Dans le cadre de la décentralisation, les collectivités ne sont pas mieux que les autorités certes. Mais elles permettent d’assurer le bien-être des populations et il sera regrettable de se priver de cela », a-t-il conseillé. François Menguel du Programme d’appui à la décentralisation et à la réforme de l’Etat, financé par le GIZ, s’est lui réjoui de la trajectoire encourageante suivie par les pays africains dans le cadre de la décentralisation depuis les années 1990. Le représentant de l’organisme allemand a précisé que la décentralisation n’est pas que des textes.

Elle se réalise aussi par des actes concrets. « C’est la pratique qui fait évoluer la décentralisation dans un pays», insistera François Menguel qui a rappelé que depuis les années 1990, une trentaine de pays africains a manifesté sa volonté d’adhérer à la décentralisation. Quelques temps seulement plus tard, il a été décidé de l’élaboration d’une charte africaine de la décentralisation dont le Mali est l’un des premiers signataires. François Menguel a reconnu les efforts effectués par les autorités de notre pays qui ont consacré un budget conséquent à la réalisation de cette politique.

Dans la même logique, il a reconnu des imperfections dont la correction à l’avenir nécessitera l’accompagnement de l’ensemble des acteurs notamment les partenaires du pays. En charge de mener à bien cette politique depuis les années 1990, le ministre Mohamed Ag Erlaf a fait un bref rappel historique de la décentralisation en insistant surtout sur le courage politique qui a précédé sa mise en place par les autorités du pays. Au départ,-a-t-il expliqué, notre pays a connu des difficultés dans la pratique. Mais avec le temps, s’est réjoui le ministre, des progrès notoires ont été enregistrés cela grâce à l’implication des autorités et de leurs partenaires surtout. Toutefois, a précisé Mohamed Ag Erlaf, le grand défi à relever reste à ce jour celui de la citoyenneté.

aBamako

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