Entre nous : Des lignes ont-elles réellement bougé ?

Le Conseil des Ministres, lors de sa session extraordinaire du 14 octobre dernier, a adopté des projets de décret portant nomination des membres de l’Autorité intérimaire des régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal et du Collège transitoire des régions de Taoudéni et de Ménaka. Des projets de décret portant nomination de conseillers spéciaux auprès du représentant de l’Etat dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni et Ménaka ont aussi été adoptés. Vingt-quatre heures avant cette réunion du Gouvernement de la République du Mali, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) avait manifesté dans un communiqué sa volonté de procéder au lancement officiel de la rentrée scolaire dans la région de Kidal au titre de l’année 2016-2017. Des lignes commencent à bouger, peut-on en déduire. En attendant la dixième réunion du comité du suivi de l’accord prévue ces 19 et 20 octobre au CRES de Badalabougou, chacun s’active pour administrer les preuves de sa bonne foi.  Sauf que de le décret est déjà contesté par certaines composantes de la CMA.

Plus de seize mois après sa signature en grande pompe, l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali peine à amorcer le retour d’un climat de sérénité dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Pis, des parties des régions de Mopti et de Ségou subissent de plein fouet le climat d’insécurité avec son corollaire d’assassinats ciblés et de privations de toute sorte. La pression s’est accentuée sur le Gouvernement et sur la CMA qui contrôle effectivement Kidal depuis les événements du 21 mai 2014.

Dans sa sortie malencontreuse, l’Ambassadeur des Etats Unis d’Amérique au Mali, Son Excellence Paul Folmsbee, avait appelé les autorités de Bamako à aller au-delà de l’adoption des textes de loi et de décret. Le Secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) en charge des opérations de maintien de paix, Hervé Labsous, lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité sur le Mali, avait eu des mots sévères à l’endroit du Gouvernement du Président Ibrahim Boubacar Kéïta. Il disait que les engagements annoncés par le Premier ministre chef du gouvernement au cours de son passage à New York en juin ne sont pas respectés à hauteur de souhait.

La CMA est à bout du souffle. Elle a perdu, il y a une semaine, l’un de ses redoutables chefs de guerre dans des circonstances très floues. La surenchère de ce monstre fabriqué par la France avec la complicité de ses soutiens de la communauté internationale, est en passe d’être mise à nu surtout que les traîtres du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) n’ont aucune maîtrise réelle du terrain.

Les semaines à venir seront donc déterminantes. Il ne suffit pas d’adopter des projets de décret portant nomination des membres des autorités intérimaires et du collège transitoire. Il faut les installer afin qu’ils puissent travailler pour le bénéfice des communautés locales qui souffrent le martyr depuis l’éclatement de la crise en 2012. Or, actuellement les conditions sur le terrain ne militent pas en faveur de l’installation des membres des autorités intérimaires pour des raisons de grande insécurité. A l’heure actuelle, il est encore trop risqué de s’aventurer à une dizaine de kilomètres des chefs-lieux de cercles. Ce sont les Forces de défense et de sécurité du Mali qui paient le plus lourd tribut de cette situation avec des morts quasi-hebdomadaires dans des opérations complexes menées par des groupes, jusque-là qualifiés de terroristes par les autorités de Bamako et la communauté internationale. Il faut donc des actions concrètes de part et d’autre en faveur de la sécurisation des personnes et de leurs biens.

 Chiaka Doumbia


Maliweb

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