Changement climatique et alimentation : Les femmes en première ligne dans le double combat

La célébration des Journées internationale de la femme rurale et mondiale de l’alimentation a été l’occasion de leur rendre un hommage mérité pour le rôle clé qu’elles jouent dans le secteur agricole

Le ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon et son collègue de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, ont coprésidé hier à Dioïla, une ville située à 180 kilomètres de Bamako, la Journée internationale de la femme rurale et la Journée mondiale de l’alimentation. Ces deux journées sont célébrées chaque année, les 15 et 16 octobre par tous les pays membres des Nations unies.

La célébration cette année a été placée sous les thèmes « Le climat change, l’alimentation et l’agriculture aussi » pour la Journée mondiale de l’alimentation, « Femmes rurales, changements climatiques et sécurisation foncière des exploitations agricoles » pour la Journée internationale des femmes rurales.

Pour davantage épauler les femmes rurales et les appuyer dans leurs efforts de promotion de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la transformation, le ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon a procédé au nom du gouvernement, à une remise d’équipements agricoles de production et de transformation. La remise symbolique a été faite à Mme Coulibaly Fili Camara, vice-présidente de la coopérative Balimaya Socoura Nord de Dioïla qui a réceptionné au nom de cette association, une plateforme multifonctionnelle. Les autres organisations féminines paysannes bénéficiaires doivent s’adresser à leurs gouvernorats, ou aux préfectures pour enlever leurs équipements. Le ministre Denon a remercié au nom du gouvernement, les partenaires techniques et financiers qui ont financé l’achat des divers équipements.

Il a rappelé que le thème de cette année a été choisi pour montrer l’importance capitale du changement climatique dans l’environnement de notre écosystème et la nécessité de s’adapter à cette nouvelle donne, sous peine d’en subir les conséquences néfastes. Cette adaptation passe forcément par les innovations et les nouvelles technologies, les actions concertées visant à renforcer la résilience des exploitants agricoles face aux effets des changements climatiques et le changement de comportement et des habitudes alimentaires.

Le ministre a par ailleurs, rappelé que le sommet des Nations unies sur le développement durable tenu en septembre 2015 à New York a promis d’éliminer la faim et de protéger la planète. Actuellement 177 parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques ont signé l’Accord de Paris. Pour lui, l’échéance fixée pour atteindre l’objectif faim zéro est ambitieuse et passe nécessairement par la lutte contre les changements climatiques. D’où la pertinence du choix de la thématique de cette journée. Au Mali, le gouvernement a ouvert de nombreux chantiers au nombre desquels, on peut retenir, le concept de nouveaux villages (que le ministre Denon a largement expliqué en langue nationale bamanankan), les agropoles, le programme de mécanisation et de motorisation de l’agriculture, les centres ruraux de prestations, l’élaboration d’une politique et d’une loi foncière agricole, l’immatriculation des exploitations agricoles, dont le processus est en cours. Toutes ces actions sont de nature à contribuer à l’atténuation des effets néfastes des changements climatiques.

La subvention des intrants agricoles, d’élevage et de pêche, la décision d’augmenter la part du budget national affecté au secteur agricole à 15% sont de nature à atteindre les objectifs fixés pour lutter contre les effets des changements climatiques.

Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a rappelé que les femmes rurales jouent un rôle crucial dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Mme Sangaré Oumou Ba s’est aussi réjouie de l’augmentation des ressources destinées à l’opérationnalisation du Fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et l’épanouissement de l’Enfant, la promulgation de la loi 2015-052 du 18 décembre 2015 sur la promotion du genre dans les instances nominatives et électives. « Votre participation active aux efforts de développement du monde rural dont tout le monde est témoin, n’a d’égal que cette distinction et cette marque de reconnaissance », a souligné Mme Sangaré Oumou Ba.

En couplant la célébration des deux journées, le gouvernement a voulu ainsi magnifier la place de la femme rurale dans la lutte contre les effets des changements climatiques et son accès à la terre et montrer les dangers liés aux changements climatiques. « Je vous admire pour tous les efforts que vous faites, au quotidien, dans vos foyers et dans la vie active en participant à la création de richesses pour réduire la pauvreté, a poursuivi le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. L’autonomisation de la femme et de la fille pour laquelle des moyens importants seront toujours déployés, sera une réalité, eu égard à l’attention de plus en plus soutenue du gouvernement et des partenaires ».

La concrétisation de cette autonomisation dépendra aussi des engagements des femmes à agir, agir pour occuper leurs places qui doivent être les siennes, les nôtres. Mme le ministre a par ailleurs, reconnu que la renaissance du Mali comptera avec les femmes, non pas en raison de leur nombre, mais en raison aussi et surtout de leur apport dans la croissance économique et dans la reconstruction de la cohésion sociale.

Les journées se sont achevées par une visite de stands d’exposition de produits agricoles (crus ou transformés), d’élevage, et de pêche.

Signalons que la célébration des journées s’est déroulée en présence du Commissaire à la sécurité alimentaire, Oumar Ibrahim Touré, du gouverneur de la Région de Koulikoro, Elhadj Sékou Coulibaly et des représentants de la profession agricole venus de toutes les Régions du Mali

COULIBALY

aBamako

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