Attaque du poste de péage de Sanankoroba : le ministre de la sécurité annonce « de nouvelles dispositions »

3 morts dont un gendarme, c'est le bilan de l'attaque survenue hier contre le poste de péage de Sanankoroba. Le ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile a confirmé ce bilan ce matin. Selon le général Salif Traoré, qui parle d' « un acte de banditisme », « une enquête a été ouverte et de nouvelles dispositions ont été prises pour renforcer la sécurité autour de Bamako ».
Le poste de péage de Sanankoroba est situé à une trentaine de kilomètres de Bamako. L'attaque perpétrée hier est l’œuvre d'hommes armés non encore identifiés. Selon une source militaire, l'attaque aurait fait 3 morts dont un gendarme. Des témoins rapportent que les assaillants étaient encagoulés et scandaient des slogans jihadistes.

Écoutez ce témoin de l'attaque qui a requis l’anonymat. Il est au micro de Fatoumata Togola :
« Hier soir j'arrivai de Bougouni dans une voiture personnelle. Arrivé au niveau du péage nous sommes partis trouver qu'il a des braqueurs là-bas. Ils étaient en train de faire des coups de feu. Ça vaut dix à quinze coups de feu. Ils tiraient avec des PM, parce que ces gens-là tiraient seulement. Ils avaient des cagoules. J'ai vu quatre personnes roder au-dehors mais je suis sûr et certain qu'il y avait d'autres personnes qui rodaient dans le péage même. Et puis ils avaient braqué tous les éléments qui étaient là-bas. Ils étaient couchés par terre. Ils étaient en train de dire nous sommes nous de la "moudjahidin" on va occuper tout le territoire du Mali et puis ils disaient on cherche les blancs. Il n'y a pas de blancs. Il n'y a pas de blancs". Après une autre personne nous a dit de sortir du véhicule. Ces gens-là ne se comprenaient même pas. Ce n'était pas quelque chose d'organisé. Ils nous ont dit de descendre du véhicule mais après ils nous ont dit de passer vite. On a été les premières personnes à arriver sur les lieux tout juste après le braquage. Donc ils nous ont laissé passer. J'ai essayé de joindre un parent pour lui expliquer la situation pour qu'il puisse aviser les autorités locales. C'est après qu'il m'a rappelé pour me dire, mais en ce moment on avait déjà dépassé le lieu, qu'il y a eu trois morts. Mais moi je n'ai pas vu les morts. Il m'a dit qu'il y a eu trois morts dont un gendarme et deux civils ».
Le ministère de la sécurité a déclaré qu'une enquête a été ouverte. Elle est confiée à la gendarmerie pour déterminer les causes de cette attaque. Le ministre de la sécurité a qualifié l'attaque de « banditisme ». Il a également annoncé le renforcement du dispositif sécuritaire autour de la capitale.
Selon des observateurs, cette attaque doit être considérée comme un braquage jusqu'à preuve du contraire, bien que les assaillants scandaient des slogans jihadistes. Selon eux, ces propos jihadistes peuvent être un stratagème des braqueurs pour effrayer les travailleurs du péage et mettre les autorités sur une mauvaise piste.
Serge Daniel, journaliste-écrivain, joint au téléphone par Fatoumata Togola :
« Au Mali, il n'y a pas un système de carte ou de crédit, c'est du cash flot. Il semble que ces personnes ont d’ailleurs pris beaucoup d'argent. Ensuite au moins deux des personnes qui ont été tuées sont des civils, ça veut dire que c'était des personnes qui travaillent dans ce péage là. On peut penser que c'est une opération, d’abord un braquage, parce qu'ils ont pris de l'argent. Un braquage doublé d'une autre opération. Une opération jihadiste ou pas, parce qu'actuellement on ne peut pas dire à cent pour cent que c'est jihadiste. Est-ce qu'ils n'ont pas scandé des slogans attribués aux jihadistes pour faire croire aux gens ? Ou est-ce qu'ils ont scandé ces slogans-là parce qu'ils sont aussi jihadistes ? On ne peut pas à mon avis le dire actuellement. Le problème c'est que la ceinture de sécurité est à 20 km autour de Bamako. Alors qu'à mon avis la ceinture de sécurité doit-être à 50 km autour de Bamako. Ce péage-là devait être plus sécurisé. Donc c'est une faille, je trouve ».

aBamako

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