Dette intérieure de l’Etat malien : Les opérateurs économiques exigent le paiement de leurs créances

Cette exigence a été fortement martelée lors d’un point de presse, le samedi 22 octobre à la Chambre du Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM). Les conférenciers, en compagnie d’une foule importante de membres de l’Association des Fournisseurs et Opérateurs économiques du Mali qu’ils représentent, prennent à témoin l’opinion nationale et internationale sur le non-paiement d’une bonne partie de leurs créances vis-à-vis de l’Etat. Pour avoir satisfaction, ils menacent de multiplier les actions musclées.

Pour amener l’Etat à payer les factures qui lui sont dues suite à la crise multidimensionnelle de 2012, la Banque mondiale a octroyé 200 milliards FCFA à notre pays. Malgré cet effort financier, l’épurement de la dette intérieure, à concurrence de dizaines de milliards, concernant les entreprises locales, n’est pas effectif. D’après les conférenciers, cela est dû à la mauvaise volonté de certains dirigeants de l’économie malienne. Pourquoi et comment cela est-il arrivé ?

D’après les conférenciers, Mme Bouaré Fily Sissoko, Ministre de l’Economie et des Finances, en son temps, avait commencé le décaissement sur à l’intervention des députés. Après son départ, son successeur, Mamadou Igor Diarra s’était inscrit dans la même logique. Il a pu honorer les deux phases de paiement. Lorsque Boubou Cissé a pris les rênes des Finances, il était aussi dans la même dynamique, c’est-à-dire de régler le paiement des factures. Pour preuve, dans la correspondance n°01245-MEF-SG en date du 10 mars 2016 adressée par Dr Boubou Cissé au Directeur National du Trésor et de la Comptabilité Publique, celui-ci ordonne le prélèvement sur le dépôt constitué pour l’apurement de la dette intérieure. Ainsi, le montant de 523 138 562 FCFA devrait être prélevé sur un montant global de 3 554 210 369 FCFA destinés à l’apurement de certains dossiers fournisseurs validés dans le cadre de la deuxième phase de l’audit de la dette intérieure.

Une décision de justice a délivré une Grosse. Mais subitement, sur recommandation de Ben Bouyé, Directeur National des Marchés Publics et Robert Diarra son Chef de Cabinet, Dr Cissé s’est inscrit contre celle-ci en ordonnant l’arrêt du décaissement. Un paradoxe que les conférenciers ne comprennent pas et incriminent le ministre de partialité. Ce, au moment où Boubou Cissé refuse de payer les créanciers maliens, éponge une facture de 19 milliards due à la société SOMILO-SA, une société qui doit plus de 43 milliards à l’Etat malien. Cette société, expliquent les conférenciers, avaient attaqué devant la Justice française l’Etat malien et a obtenu une grosse.

Ainsi les conférenciers s’indignent du fait que les entreprises maliennes et étrangères opérant dans le pays ne soient pas traitées sur le même point d‘égalité. Ils comptent multiplier les actions, jusqu’à l’organisation d’une marche sur le département de l’Economie et des Finances.

Gaoussou Madani Traoré

aBamako

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