Mali: le producteur d’or Randgold a rouvert ses bureaux après un différend fiscal

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Bamako - Le producteur d’or sud-africain Rangold a payé une partie des impôts réclamés par l’Etat malien et pu en conséquence rouvrir
ses bureaux à Bamako, fermés par le gouvernement en raison de ce contentieux, a-t-on appris mercredi auprès des deux parties.

"Nos bureaux sont ouverts" à Bamako, a déclaré à l’AFP une employée de la société minière, jointe mercredi, sans préciser la date et les circonstances de cette réouverture.

"15 milliards de FCFA (22,8 millions d’euros) ont été perçus par la
Direction générale des impôts (DGI). Par conséquent, Randgold a été autorisé à rouvrir ses bureaux à Bamako", a indiqué à l’AFP le service de la communication de la DGI.

Ce versement, qui porte sur environ un tiers des arriérés réclamés par
l’Etat, a eu lieu la semaine dernière, selon la même source. Il concerne essentiellement le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des pénalités.

Le montant total des arriérés avant ce règlement avoisinait les 75 millions d’euros, selon les autorités maliennes.

Le directeur général de la multinationale, Mark Bristow, a expliqué dans un communiqué du groupe que le versement de 15 milliards de FCFA avait pour but de démontrer sa "bonne foi" et sa "sympathie envers les difficultés financières connues par le pays".

Il a précisé toutefois que ce paiement avait été consenti par Randgold "dans l’idée que les deux parties allaient bientôt s’asseoir autour d’une table pour parvenir à une solution finale et globale de toutes les questions fiscales concernant le groupe Randgold".

La fermeture des bureaux de Randgold, groupe essentiellement présent en Afrique francophone, avait été imposée le 6 octobre et concernait 18 personnes. Randgold avait toutefois assuré que cette fermeture n’affectait pas l’activité des mines.

Le Mali possède une participation de 20% dans les trois mines locales de Randgold, qui représente à lui seul entre 7 et 11% du Produit intérieur brut malien annuel, selon le groupe.

Ce pays est incontournable pour le groupe qui exploite actuellement cinq mines d’or au total, les deux autres étant situées en Côte d’Ivoire et en République démocratique du Congo (RDC).

Dans un rapport d’activité publié début août, Randgold avait rappelé avoir porté son contentieux fiscal avec Bamako devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements qui avait tranché en sa faveur sur une partie du litige.

La compagnie avait précisé qu’une de ses mines, Loulo, s’était vue octroyer un remboursement de 29,2 millions de dollars pour "des taxes indûment perçues par l’Etat", selon elle.

Cet arbitrage ne concerne néanmoins qu’une partie des taxes réclamées par le Mali, précisait Randgold dans ce rapport.

En 2015, le bénéfice net de Randgold s’est établi à 189 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de dollars.

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