Grève de 5 jours du secteur de la santé : Les syndicats et la ministre pour ou contre le régime IBK ?

Depuis le dimanche 16 octobre, le secteur de la santé est en grève générale de cinq jours qui doit prendre fin ce vendredi 21 octobre 2016 à 00 heure. Du coup, les syndicalistes et la ministre de la santé ont transformé leur secteur en véritable Far West. Veulent-ils empirer le climat social, à suffisance, délétère ces derniers temps ? Sont-ils contre ou pour le régime IBK ? Sinon pour qui roulent- Ils ? Lire notre coup de cœur.
D’abord, n’étant pas parvenue à trouver un terrain d’entente avec les syndicalistes pour éviter à notre pays de connaitre une grève de cinq jours, la ministre de la santé et de l’hygiène publique a-t-elle une raison qui justifie sa présence au sein de ce deuxième gouvernement de Modibo Kéita et le troisième du président Ibrahim Boubacar Kéita ? Si Marie Madeleine Togo n’est pas capable de faire face à une simple revendication syndicale relative à un projet de décret portant intéressement du personnel hospitalier, comment est-elle alors en train de gérer son département ?
Loin de défendre les travailleurs, aujourd’hui, force est de constater que le secteur de la santé manque presque de tout. Cet état de fait est-il instauré à dessein par les syndicalistes ou explique-t-il la peine d’un ministre à imprimer sa cadence dans un secteur où elle n’a pas été forcément un bon exemple ? En tout cas, l’histoire semble enfin donner raison au Pr Ousmane Doumbia qui, il y a quelques mois, avait démissionné de son poste de secrétaire général du ministère sur fond d’incompatibilité ou leadership de vision avec Marie Madeleine.
Figurer dans un gouvernement, de surcroit dans un contexte de croisé de chemin, impose aux ministres une compétence avérée et un esprit créatif à juguler toute situation de crise. Ils ont été choisis pour cela, doivent agir comme tel et s’assumer pleinement pour obtenir le résultat attendu d’eux. À contrario, ils doivent avoir le courage de donner l’occasion à d’autres de manœuvrer le gouvernail du « Navire Mali » pour que celui-ci ne chavire. En effet, ce dernier tangue fortement ce temps-ci, référence faite à tant de remous sociaux illustrant son état de déliquescence.
Quant au Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) il doit songer à revoir sa vocation, pour la simple raison, qu’il a foulé aux pieds les principes sacro saints qui sous-tendent l’exercice de ce beau métier. Car, ce syndicat vient ainsi de faire endurer la souffrance des patients et de leurs parents au même titre que son ministre de tutelle dans un pays où la machine des services de santé tournant à plein régime, roule à pas de tortue, à fortiori quand se mettent à grever durant cinq jours ceux qui manipulent son moteur. A en croire que ces acteurs sont bien issus de ce peuple et grâce aux impôts duquel ils sont rétribués.
Par ailleurs, au plus fort de la controverse qui sous-tend ces actions, dame ministre passe de loin à côté de l’image d’immaculé quelle prétend incarner. En témoigne le cachet de mauvaise gouvernance imprimé sur son modèle d’appel à candidature par rapport au poste de directeur à pourvoir laissant entrevoir un règlement de vieux comptes sans omettre le sulfureux marché de gré semble-t-il à un opérateur de net de place qui n’en serait forcément pas un.
D’autre part, sans mettre en cause le bienfondé de leur démarche, les syndicalistes seraient-ils au-dessus de tout soupçon lorsque leur grève laisse entrevoir une manipulation de directeurs de certaines structures notamment ceux relevés ou en voie de l’être par la ministre à travers la mise en œuvre d’une politique outrancière visant à remplacer tous ceux qui ne seraient pas en odeur de sainteté avec elle.
Au Mali, les postes nominatifs et ceux électifs sont devenus un patrimoine sacré pour certains au point qu’ils sont prêts à faire le sacrifice ultime en vue de les occuper.
La situation qui prévaut depuis belle lurette à la Fédération malienne de football, à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, au conseil malien des chargeurs, à la Chambre des mines et au niveau de certaines ambassades du Mali (pour ne citer que ceux-ci) en est une illustration. En somme, les syndicalistes et la ministre de la santé ont transformé leur monde en véritable Far West. Ce faisant, chacun d’eux contribue à empirer le climat social déjà dégradé ce dernier temps. Actuellement, on s’ingénie à faire sortir le pays du gouffre et tout acte allant à contre sens de cette volonté politique serait assimilable à une cabale.
En fait, à défaut de parvenir à un compromis, le Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) ainsi que Marie Madeleine Togo engagerait le Mali dans un autre foutoir aux conséquences plus ou moins désastreuses que celui régnant depuis des années au nord et qui menace l’intégrité territoriale de notre pays. Chacun des «dignes et fiers fils du Mali» doit apprendre à transcender ses considérations partisanes et ses clivages politiques pour sauver ce qui nous unit. Si non.. Sinon…
La Rédaction

aBamako

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