Dialogue sur les réparations des préjudices au Mali par JUPREC: Les victimes de la crise de 2012 exigent justice et réparation !

Du 25 au 27 s’est tenu le 3eatelier de dialogue sur les réparations au Mali du projet Justice, Prévention, Réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la crise au Mali (JUPREC) à l’hôtel Radisson ; avec, pour thème « Pour une justice transitionnelle qui tient compte des droits et besoins des victimes, spécialement des femmes, en matière de réparations ».
Troisième d’une série de quatre, l’atelier s’insérait dans une démarche qui a pour objectif la consultation de représentants de l’Etat et de groupes non-étatiques, d’acteurs de la société civile et des représentants des victimes reflétant les points de vue de diverses composantes de la société malienne. Les résolutions seront soumises au gouvernement malien pour soutenir et alimenter le dialogue visant à influencer les décisions de l’Etat en matière de justice transitionnelle au Mali.
A l’entame de ses propos, le chef de mission du projet ‘’JUPREC’’ M Gervais l’Heureux, dira que dans cette quête de justice et de réconciliation, la société civile malienne s’impose comme un acteur essentiel capable de mobiliser la population, d’interpeller le gouvernement et de participer activement au redressement de l’état de droit au Mali .Par ailleurs, le JUPREC estime que plusieurs ingrédients sont essentiels afin d’accompagner le Mali dans sa sortie de crise et la construction d’une paix durable. Il s’agit principalement de l’assistance apportée aux victimes de violence, l’établissement de la vérité, de la lutte contre l’impunité et la corruption et enfin des démarches de dialogue social.
« Face à un crime, à une violation des droits humains, l´Etat est dans l´obligation de réagir tant face aux auteurs que face aux victimes » affirme M. l’Heureux qui estime que, normalement, cela doit se faire sous forme de dommages et intérêts, à travers une décision de justice.
Pour la conférencière, Mme Julie Guillerot, experte internationale en réparation et genre, il faudra impérativement une réparation pour ces victimes. C’est pourquoi, selon elle, il faut faire référence à des mesures qui cherchent à bénéficier directement aux victimes à travers la méthode: “ Reconnaissance, Empathie, Solidarité’’. D’où la mise en œuvre d’un programme de réparations, différent de ceux de développement ou de lutte contre la pauvreté .
COMMENT REPARER LES VICTIMES ?
Pour Mme Julie le programme de réparations peut avoir des combinaisons de différents types de mesures (matérielles, symboliques, individuelles ou collectives).
En ce qui concerne les mesure matérielles, il peut avoir une assistance médicale aux victimes ou une bourse d’études aux enfants soldats ou orphelins de guerre. Concernant celles, dites symboliques, l’Etat peut décider de faire des gestes, des actions, discours de pardon à la nation, ou baptiser un édifice à la mémoire des victimes, sinon dédier une journée officielle de commémoration aux victimes. Enfin pour ce qui est des mesures individuelles et collectives, elles se manifestent par des gestes symboliques ou matérielles, comme une pension à vie pour les conjoints des victimes.
Pour finir la conférencière dira que les réparations sont la reconstruction d’une base juste et pacifique de la société.
A noter que la plupart des victimes qui ont pris part à cet atelier se disent laissées et marginalisées par les autorités, car selon elles jusqu’à présent rien n’est fait pour les soulager alors que les coupables sont aujourd’hui traités avec tous les honneurs de la République. Pour cela, ils exigent toujours justice et réparation envers le gouvernement malien.

Bokoum Abdoul Momini

aBamako

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