Mali: un chef religieux annonce avoir obtenu un cessez-le-feu du chef jihadiste d’Ansar Dine

Le chef du groupe jihadiste malien Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, qui a revendiqué plusieurs attaques dans le nord du Mali, a accepté un "cessez-le-feu unilatéral", a annoncé lundi à l'AFP un dirigeant religieux malien affirmant avoir reçu une lettre du chef islamiste.

Une source de sécurité malienne semblait avoir un doute sur cette allégation. "La lettre (d'Iyad Ag Ghaly) date du 27 septembre 2016. Et depuis cette date, il y a eu des attaques attribuées à Ansar Dine ou revendiquées par le même groupe. Alors à vous de faire vos déductions", a déclaré lundi à l'AFP cette source de sécurité.

"Je menais les démarches depuis un moment. Et fin septembre dernier, j'ai reçu une lettre de Iyad Ag Ghaly disant qu'il faisait unilatéralement un cessez-le-feu dans tout le Mali pour donner une chance à la paix", a indiqué à l'AFP l'imam Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM).

Dans cette lettre en arabe, dont l'AFP a pu se procurer une copie et dont l'authenticité n'a pu être certifiée par des sources indépendantes, Iyad Ag Ghaly affirme, selon une traduction en français, avoir accepté "le cessez-le-feu" demandé par le président du HCIM.

Cette décision "entraînera l'arrêt des attaques armées sur toute l'étendue du territoire (malien) et surtout dans le nord du Mali", poursuit-il dans la même lettre.

M. Ag Ghaly déclare dans la même correspondance qu'il ne renonçe pas à l'application de la charia (loi islamique) sur tout le territoire malien, a fait remarquer M. Dicko.

Iyad Ag Ghaly, originaire de Kidal et qui fut un chef rebelle touareg dans les années 1990, n'a plus été vu au Mali depuis janvier 2013, année à laquelle il a été inscrit - avec son groupe - sur la liste noire américaine des organisations terroristes pour ses liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, dont Ansar Dine, liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du déclenchement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé définitivement isoler les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Longtemps concentrées dans le nord, les attaques de jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du Mali

sd/mrb/jpc


Africatime

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