COP22 de Marrakech : Les jeux et les priorité de l’Afrique

Le continent fera valoir 2 grandes initiatives sur les énergies renouvelables et l’adaptation aux changements climatiques

A quelques jours de l’ouverture de la 22è Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22), le président du Groupe des négociateurs africains sur les changements climatiques, notre compatriote Seyni Nafo, a animé un point de presse mardi dernier, dans la salle de conférence de la Cellule de communication de la présidence de la République à Koulouba. Une quarantaine de représentants des médias nationaux y ont pris part. L’objectif était d’informer l’opinion publique nationale sur les enjeux et les priorités de l’Afrique d’une part, et ceux du Mali, d’autre part. D’entrée de jeu, le conférencier a fait un bref rappel de l’accord obtenu lors de la dernière COP à Paris.

Selon lui, c’est la première fois que toutes les parties à la Convention se mettent d’accord autour d’un consensus qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique, afin de maintenir la température globale de la planète en dessous de 2° Celcius. Si l’accord de Paris est une avancée significative dans les efforts de lutte contre les changements climatiques, sa mise en œuvre reste une autre étape à franchir. C’est tout l’enjeu de la COP22 qui se tiendra du 7 au 18 novembre dans cette ville touristique du Maroc. La réussite de la présente conférence est cruciale pour les pays africains, car elle marquera le début d’une nouvelle ère dans les négociations climatiques, a indiqué Seyni Nafo.

Notre continent est celui qui subit le plus les conséquences de ce phénomène, alors qu’il participe à moins de 3% des émissions globales. Une injustice qui doit être réparée à travers la mise en œuvre de l’accord de Paris. Aujourd’hui, la priorité pour les pays africains est la ratification du document par au moins 55 pays représentant 55% des émissions globales de gaz à effet serre. Cet objectif est aujourd’hui presque atteint grâce à l’effort de lobbying pressant du pays hôte de la COP22 qui assurera la présidence jusqu’au prochain sommet. Car, en plus des plus grands pollueurs (Etats-Unis, Chine, Inde, Union européenne), plus de 44 pays dont le Mali, ont ratifié l’accord. A Marrakech, l’Afrique fera valoir aussi 2 grandes initiatives, à savoir l’Initiative africaine des énergies renouvelables et l’Initiative d’adaptation aux changements climatiques.

Celles-ci répondent à 2 paradoxes pour l’Afrique, a expliqué l’ambassadeur Nafo. En effet, notre continent détient le plus grand potentiel en matière d’énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse, etc.), mais il demeure le plus confronté au manque d’énergie. Malgré sa plus faible émission de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, l’Afrique est la plus touchée par les effets des changements climatiques (sècheresse, inondation, baisse de la pluviométrie et de la productivité agricole, déforestation, accentuation de la pauvreté et de l’insécurité, etc). Cela exige une justice climatique en faveur de la région, a expliqué le négociateur africain en chef.

C’est pourquoi à Marrakech, a-t-il signalé, une feuille de route sera proposée pour un doublement du financement pour l’adaptation. Elle portera sur une enveloppe de 9 milliards de dollars par an, dont 3 milliards pour l’Afrique sur le Fonds vert climat. Notre pays a déjà pris une avance sérieuse dans ce sens. Il a élaboré 5 programmes prioritaires. Parmi ceux-ci, un financement de 25 millions de dollars (12,5 milliards de Fcfa) a été acquis dans le domaine des énergies renouvelables, a révélé Seyni Nafo.

Source : aBamako

aBamako

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