Coopération Mali-Algérie : Les passerelles vers le concret et le durable

A l’issue de la 12è session de leur Grande commission mixte de coopération, les deux pays ont signé d’importantes conventions touchant divers domaines.

Le Premier ministre, Modibo Keita, et son homologue algérien, Abdelmalek Sellal, arrivé tôt hier dans notre pays, ont co-présidé dans la matinée, la cérémonie d’ouverture de la 12è Grande commission mixte Mali-Algérie. C’était dans la salle de conférence de la Primature. Côté algérien, le Premier ministre Abdelmalek Sellal était accompagné de trois ministres et d’opérateurs économiques. En face, le chef du gouvernement Modibo Keita était entouré de la quasi-totalité des membres de son gouvernement.

Cette session à laquelle participent pour la première fois, après une dizaine d’éditions, les chefs de gouvernement, se veut décisive pour la coopération entre les deux pays. Les experts, qui s’étaient réunis en début de semaine, ont préparé plusieurs conventions qui, en principe, devaient être signés à l’issue de la rencontre.

Prenant la parole en premier lieu, Modibo Keita n’a pas dissimulé sa satisfaction de recevoir en terre malienne un grand homme d’Etat algérien. Cet ami du Mali qui s’est donné à fond dans la résolution de la crise ayant fragilisé le tissu national de notre pays.

Il a évoqué la volonté commune des deux pays frères à oeuvrer ensemble pour apporter une réponse efficace aux différentes crises qui menacent la région. «Grand moment de célébration de l’amitié entre les deux peuples», la session de Bamako, selon lui, est une occasion rêvée de conclure des accords dont la mise en oeuvre aidera certainement notre pays à remonter la pente après tant d’années de crise. Parlant de la crise, Modibo Keita s’est dit très reconnaissant envers les autorités algériennes qui n’ont jamais ménagé leurs efforts aux côtés de notre pays à des moments particulièrement délicats. Le rôle de notre grand voisin du nord dans la conduite des négociations ayant abouti à l’Accord pour la paix et la réconciliation, est bien connu de tous. Modibo Keita a réaffirmé la détermination du Mali à honorer tous les engagements pris dans le cadre de la mise en oeuvre de cet Accord.
S’agissant de la coopération proprement dite, le chef du gouvernement a reconnu que malgré les avancées significatives enregistrées, du chemin reste à faire au regard des besoins de plus en plus énormes. Il a également évoqué la lutte contre le terrorisme qui, de son point de vue, est un combat qui nécessite une conjugaison des efforts et des moyens de deux pays. Convaincu que l’Algérie peut efficacement aider le Mali dans la formation des ressources humaines, le Premier ministre Modibo Keita a appelé de ses vœux le renforcement de la coopération dans ce domaine. Aussi, la relance des relations économiques entre les deux pays nécessite un allégement des contraintes administratives, notamment douanières. La transition était toute trouvée pour parler de la route transsaharienne dont la concrétisation est attendue depuis des années par les Algériens et les Maliens.
Répondant aux propos de son homologue malien, Abdelmalek Sellal s’est dit tout à fait d’accord sur la vision de Modibo Keita sur la coopération entre le Mali et l’Algérie. Il a confirmé que son pays, à l’instar du Mali, attend beaucoup de la session de Bamako. Selon lui, les relations d’amitié entre les deux chefs d’Etat sont d’une telle excellence qu’une coopération fructueuse a toutes ses chances. Se voulant pragmatique, il a invité les deux parties à aller vers des résolutions efficaces et opérationnelles.

Toute action envisagée est «vaine» si la sécurité n’est pas assurée. C’est pourquoi, allant dans le même sens que son homologue malien, il a plaidé lui aussi pour la mutualisation des moyens afin de combattre le terrorisme dans le Sahel. «Les échanges commerciaux sont encore modestes au regard des possibilités», a reconnu Abdelmalek Sellal pour qui «un élan nouveau» est nécessaire pour gagner le pari du renforcement des relations commerciales. Pour le chef du gouvernement algérien, «les potentialités existent», il suffit d’une volonté commune d’aller de l’avant.

Après l’ouverture des travaux par les deux Premiers ministres, les ministres se sont retrouvés en salle pour mettre la dernière main aux conventions à signer. Après leur validation, en fin de journée, les documents engageant les deux parties, devaient être signés, juste avant le départ de l’hôte algérien. Il faut rappeler que la coopération dans les domaines de la culture, de l’artisanat et du tourisme offre également de bonnes perspectives surtout pour la partie malienne. Quant au secteur agricole, vital pour le Mali, il bénéficiera de programmes de formation notamment dans la lutte contre le criquet pèlerin et le système de gestion des stocks de pesticides.

Dans le domaine de la solidarité et de l’action humanitaire, plusieurs projets ont été conduits dont l’échange d’expériences sur la mise en place du socle de protection sociale, l’échange sur la couverture maladie universelle. Alger a apporté un appui financier à l’Agence de développement du Nord du Mali (ADNM) en faveur du Programme d’appui à la réinsertion socio-économique des jeunes. Mais la coopération entre les deux pays voisins va au-delà et s’ouvre même à des aspects comme la recherche et le sauvetage par aéronefs, le commerce et l’ingénierie et la formation professionnelle. Dans les projets, notre pays souhaite disposer d’une usine de montage d’engins militaires.
Nous reviendrons sur cette session de la Grande commission mixte de coopération Mali-Algérie dans notre prochaine édition.

A. M. CISSE


Source : Africatime

Africatime

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here