Djihadistes Maliens Repentis : Faut-il ou pas négocier avec eux et les intégrer dans le DDR et les Autorités intérimaires ?

Lettre ouverte en ligne adressée au Président Malien, au Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, au Premier Ministre, au Ministre de la Défense et des anciens combattants, au Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’Etat, au CSA, au CNCA, aux Maliens et aux Partenaires (ONU/MINUSMA, UA, CEDEAO, UE, …)
Quelle stratégie adoptée face au Djihadisme, en particulier, aux Djihadistes Maliens repentis sincèrement, compte-tenu de la situation actuelle du Mali caractérisée par un embrasement (insécurité croissante, incompréhensions, …) tendant à se généraliser ET de l’obligation d’avoir un Mali, Un et Indivisible, sans fédération ?
1. RÉSUMÉ
Je rappelle que les parties prenantes à l'accord de paix intègrent des groupes armés Maliens et des mouvements d'auto-défense qui gardent leurs armes jusqu'à la fin du cantonnement puis du DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion), c'est--à-dire jusqu'à l'intégration ou la réintégration éventuelle de leurs membres dans les forces de défense et sécurité du Mali en fonction des critères OU BIEN leur réinsertion dans la société civile.
Certains acteurs et certains Maliens, comme l’Honorable député, Mohamed Ag Intalla, l’Amanokal, Chef de la tribu Ifoghas de Kidal, et l’ex Premier Ministre, Moussa Mara, estiment que certains de ces mouvements armés Maliens intègrent des Djihadistes Maliens : voir le point 2.
Alors, pourquoi, ne pas négocier ouvertement avec tous les groupes Djihadistes Maliens opérant au Mali ?
Certains membres de la société civile (cas de l’imam Mahmoud Dicko, …) et certains partis politiques de l’opposition Malienne, cas de l’URD de Soumaïla Cissé (Chef de l’opposition) et du PARENA de Tiébilé Dramé, sont pour une telle négociation.
On peut profiter de la conférence d’entente nationale pour lancer une telle négociation.
Si on négocie avec IYAD AG GHALY, qui est un Malien, et son groupe, Ançar Eddine, intégrant des Maliens, on définira des CONTRAINTES (principes et conditions, constituant l’engagement responsable, et des critères, voir au point 5) comme le respect de l'intégrité territoriale, de l’unité, de l’unicité (Mali, Un et Indivisible sans fédération), de l'accord de paix, de la laïcité, des lois Maliennes et de la démocratie MAIS AUSSI le refus de la charia d'IYAD AG GHALY, ...
Ce n'est pas une négociation faite pour IYAD AG GHALY lui-même (pour le préserver : de toutes les façons, il répondra de ses actes tôt ou tard devant la justice) MAIS POUR nos enfants enrôlés de force qui sont dans son groupe ET aussi pour les Maliens djihadistes qui se disent repentis sincèrement (à faire vérifier et faire suivre par la justice malgré leur repentance : voir ma proposition aux points 3 et 4).
Certains djihadistes se sont, peut-être, repentis ou pourraient se repentir sincèrement.
Comment le savoir, comment les identifier et comment être sûr ?
Tout en garantissant le vivre ensemble et la cohésion, comment les détecter ?
Comment récupérer nos enfants enrôlés de force par les djihadistes ?
Comment être sûr qu'ils ne sont pas partie de leur propre chef ?
C'est très compliqué, mais, un dialogue et une négociation bien menés permettront d’éviter de marginaliser ceux des Maliens Djihadistes repentis sincèrement et, plus tard, des cycles éventuels de violence et les inconvénients liés à l’intégration des Djihadistes terroristes dans les autorités intérimaires.
LA LAÏCITÉ N'EST PAS NÉGOCIABLE AU MALI, DE MÊME QUE L'UTILISATION DES LOIS MALIENNES ET DE LA DÉMOCRATIE.
CETTE LAÏCITÉ DE LA RÉPUBLIQUE MALIENNE EXIGE D’ÊTRE A ÉQUIDISTANCE DE TOUTES LES RELIGIONS.
LA RELIGION EST L'OPIUM DU PEUPLE : Chaque citoyen choisira LIBREMENT sa religion, chrétienne ou musulmane ou autre.
Compte-tenu du poids de la culture musulmane authentique (modérée) actuelle ET des dérives apportées par la charia d'IYAD AG GHALY, la majorité des Maliens continueront à pratiquer leur religion musulmane authentique.
Dans la suite de cette lettre ouverte, seront traités les points suivants :
- au point 2 : des djihadistes sont dans certains groupes armés Maliens,
- au point 3 : stratégie, acteurs et proposition d’un processus d’intégration/réinsertion de djihadistes Maliens repentis sincèrement,
- au point 4 : détail du processus d’intégration/réinsertion de djihadistes Maliens repentis sincèrement et lien avec le DDR,
- au point 5 : Négociation : engagement responsable (principes et conditions) et critères d’intégration dans la République du Mali,
- au point 6 : Risque d’intégration des Djihadistes dans les autorités intérimaires,
- au point 7 : conclusion.

2. DES DJIHADISTES SONT DANS CERTAINS GROUPES ARMÉS MALIENS
Vous trouverez ci-dessous ma réponse à la proposition du député, Mohamed Ag Intalla (Amanokal, Chef de la tribu Ifoghas de Kidal) faite, depuis plus d'un an, le 11 avril 2015 et aux interviews de Moussa MARA, par REUTERS/RFI, faite le 27 JUIN 2014 et du Président IBK, par RFI, faite le 10 juin 2014.
Ces derniers, ainsi que Mohamed Ag Intalla, ont reconnu qu'il y a des djihadistes dans certains groupes armés Maliens.
http://malijet.com/actualte_dans_les_regions_du_mali/rebellion_au_nord_d...
Voici ci-dessous pour ceux qui n'arrivent pas à lire ce lien.
La proposition de l’Honorable Amanokal, Mohamed Ag Intalla, pour une sortie de crise au Mali, est incompatible avec l’accord pour la paix et pour la réconciliation au Mali.
A moins de remettre en cause complètement cet accord, cette proposition aura du mal à s’y intégrer.
L’accord de paix met en avant la non impunité, la libre administration des régions dans le cadre de la régionalisation, l’intégration et la libre circulation de tous les citoyens Maliens dans un Mali, Un et Indivisible, sans fédération et sans l’application de la charia dans une ou plusieurs de ces régions.
Ainsi, les différents éléments (l’annulation de poursuites judiciaires contre Iyad Ag Ghaly, l’application de la charia à Kidal, le retour de l’armée sans les éléments de Gamou) de la proposition de l’Honorable Amanokal, Mohamed Ag Intalla, ne pourront être intégrés à cet accord de paix ni à sa mise en œuvre sans le remettre en cause complètement.
Il serait anormal de remettre en cause cet accord de paix car il est issu de huit mois de compromis entre toutes les parties prenantes Maliennes incluant les groupes (MNLA, HCUA, MAA non loyaliste) de la coordination des mouvements de l’azawad et Les mouvements de la Plateforme, sous la supervision de la communauté internationale à travers la médiation.
Avant cette proposition de l’Honorable Amanokal, Mohamed Ag Intalla, pour une sortie de crise au Mali, lors d’un atelier de la société civile Conacipal, en collaboration avec l’institut européen de recherche SIPRI, auquel j’avais participé en février 2014, l’honorable député Mohamed Ag Intalla qui y était aussi invité, a déclaré que les groupes armés Ansar Dine et MUJAO sont composés d’un nombre très élevé de Djihadistes Maliens et qu’il conviendrait de communiquer avec eux pour savoir ce qu’ils veulent exactement.
Bien que la proposition de l’Honorable Amanokal, Mohamed Ag Intalla, soit incompatible avec l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali et soit irrecevable, il serait judicieux de se poser la question suivante qui n’apparaît pas dans sa proposition :
QUE FAIRE DES DJIHADISTES MALIENS DONT CERTAINS SONT DANS LE GROUPE ARMÉ D’IYAD AG GHALY ?
a. Appel pour une paix durable au Mali
J’avais écrit, le 24 juin 2014, une lettre ouverte en ligne adressée au Président Malien, aux Maliens et aux Partenaires pour un appel pour une paix durable et pour des pourparlers inclusifs inter-Maliens dans l’unité.
Cette lettre est le fruit de très nombreux échanges avec des internautes et des Maliens dont plusieurs membres des groupes armés (MNLA, HCUA, MAA, CPA, FPR, …) du Nord du Mali sur la crise Malienne, les pourparlers inclusifs inter-Maliens, la réconciliation nationale, la sécurité, la paix durable au Mali, l’indépendance et le Mali Un et Indivisible.
Elle a pour objectif d’appeler, TOUS les Maliens y compris ceux des régions du nord du Mali, à l’unité, à la paix durable et aux pourparlers inclusifs inter-Maliens dans un Mali Un et Indivisible.
Vous trouverez cette lettre à l’adresse suivante :
http://malijet.com/les_faits_divers_au_mali/lettres_ouvertes_mali/105290...
En réponse à cette lettre, un internaute, ressortissant d’une région du nord du Mali, propose que le Mali discute avec les Djihadistes car, pour lui, ils représentent une bonne partie de la population.
Vous trouverez parmi les réponses à cette lettre ouverte, celle (ci-dessous) que j’ai faite pour cet internaute :
« Sachez une chose, c'est que les djihadistes ont apporté la désolation au Mali.
Ceux qui les ont suivis l'ont fait pour des problèmes d'argent et rien d'autre car la religion qu'il prône n'est pas la nôtre avec sa charia dévastatrice.
Avec les membres des groupes armés du nord, qui sont Maliens, il est possible de trouver un terrain d'entente ce qui n'est pas le cas de tous les djihadistes.
Ne vous trompez pas.
Concernant les aspects financiers, nous devons au niveau du Mali lancer des projets communautaires pour que la population ne puisse plus se souvenir de ces djihadistes qui intégraient des Maliens dans leur rang en leur donnant beaucoup d'argent.
Pensons plutôt à l'avenir de notre pays et la refondation durable qui doit être faite par tous ses fils et ses filles. »
b. Que faire des Djihadistes Maliens ?
Concernant les Djihadistes Maliens, vous trouverez, ci-dessous, une des contributions que j'avais faite en réponse à la menace Djihadiste dont avait parlé l’ex Premier Ministre, Moussa Mara, suite à la guerre de Kidal en mai 2014 et dans l’interview faite de lui par RFI. Voir cette interview publiée sur malijet le 10 juin 2014 :
http://malijet.com/actualte_dans_les_regions_du_mali/rebellion_au_nord_d...
Le Président IBK avait aussi parlé, dans l’interview qu’avait faite de lui RFI, le 27 juin 2014, en marge du 23 ième sommet de l’union africaine à Malabo, de la présence des membres d'AQMI parmi les groupes armés (MNLA, HCUA, MAA) ayant participé à la guerre de Kidal, voir cette interview à l’adresse suivante :
http://malijet.com/actualte_dans_les_regions_du_mali/rebellion_au_nord_d...
Comme avait déclaré, à Reuters, l’ex Premier Ministre Moussa Mara, la menace Djihadiste à Kidal et au Mali est bien réelle.
En atteste aussi l’insécurité grandissante actuelle dans plusieurs régions du Mali.
Suite à la guerre que les Djihadistes ont provoquée au Mali, Serval, avec l’aide des forces de défense et sécurité du Mali, de la MINUSMA et du Tchad, avait réussi à mettre en déroute les Djihadistes partout au Mali jusqu’à l’entrée de Kidal.
Après cette déroute, les Djihadistes, qui ont survécu, se sont éparpillés dans tout le Mali et d’autres ont réussi à fuir et à partir à l’étranger.
Ceux qui sont restés au Mali, se sont cachés dans les forêts et d’autres se sont mêlés à la population des fois sans qu’elle le sache.
Serval s’étant arrêté aux portes de Kidal, cette dernière aux yeux des Djihadistes est restée le seul endroit quasi sécurisé et certains d’entre eux ont profité pour y pénétrer et s’intégrer à la population et/ou aux groupes armés (MNLA, Ansar Dine, HCUA, MAA, …).
Bien avant, certains Djihadistes Maliens militaient dans les groupes armés, cas de Ansar Dine dont certains membres ont constitué le HCUA.
Il paraitrait que dans la guerre de Kidal, du 21 mai 2014, des Djihadistes, dont certains d’Ansar Dine de Iyad Ag Ghaly et d’autres venus d’autres groupes dont AQMI et le MUJAO, avaient participé au combat contre l’armée Malienne.
Est-ce vrai ?
Oui, en faisant référence aux propos de l’ex Premier Ministre, Moussa Mara dans l’interview faite de lui par Reuters.
Ce qui est vraisemblable compte-tenu des liens qui se sont tissés entre certains groupes armés et les Djihadistes.
Lors d’un atelier de la société civile Conacipal, en collaboration avec l’institut européen de recherche SIPRI, auquel j’avais participé, en février 2014, l’honorable député Mohamed Ag Intalla qui y était aussi invité, a déclaré que les groupes armés Ansar Dine et MUJAO sont composés d’un nombre très élevé de Djihadistes Maliens et qu’il conviendrait de communiquer avec eux pour savoir ce qu’ils veulent exactement.
Il a raison, cette communication est nécessaire : voir les points 3 et 4.
3. STRATÉGIE, ACTEURS ET RAPPEL DE LA PROPOSITION D’UN PROCESSUS D’INTÉGRATION/RÉINSERTION DES DJIHADISTES MALIENS REPENTIS
Comme je l'ai fait depuis plus an, à travers une lettre ouverte en ligne adressée au Président, au Haut Représentant du Président, aux Maliens et aux Partenaires, J'APPELLE toujours ces récipiendaires et JE PROPOSE QU’UN TRAITEMENT soit réservé aux djihadistes Maliens repentis sincèrement et surtout aux enfants djihadistes Maliens enrôlés de force par les djihadistes, AFIN QU’ILS PARTICIPENT (en prenant toutes les précautions en liaison avec la justice) AU DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion).
Vous trouverez ci-dessous la proposition que j'avais envoyée, il y a plus un an, au Président Malien, à son Gouvernement et à tous ces
http://malijet.com/les_faits_divers_au_mali/lettres_ouvertes_mali/127219...
Pour ceux qui auront du mal à exécuter ou lire le lien précédent, vous trouverez ci-dessous le résumé de cette proposition.
Le cas des djihadistes Maliens repentis sincèrement doit être examiné avec une attention particulière.
Suite à la lettre ouverte adressée au Président Malien, aux Maliens et aux partenaires, que j’ai écrite sur les réactions aux propositions de l’honorable Amenokal Mohamed Ag Intalla et sur la réinsertion des djihadistes Maliens repentis sincèrement, et suite aux réponses des internautes à cette lettre, nous faisons la proposition suivante.
Pour la paix, la sécurité et la stabilité au Mali, dans la région et au niveau international, nous proposons, ci-dessous et à travers cette lettre ouverte, un processus pour la réinsertion des djihadistes Maliens repentis sincèrement en prenant des précautions idoines.
Ce dernier, appelé processus de réinsertion des djihadistes Maliens repentis sincèrement, doit s'intégrer dans celui du DDR (Démobilisation Désarmement Réinsertion) de l’accord de paix.
Seulement, les pourparlers inclusifs inter-Maliens se feront maintenant à travers le dialogue intra et inter communautaires qu'il faut organiser en y intégrant les différents acteurs : nouveau rôle (à intégrer à la proposition que j’avais faite pour adapter et valoriser plus l’institution gérée par le Haut Représentant du Président de la République) de l'institution du haut représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, aidée, par le ministère des affaires religieuses et des cultes et d'autres acteurs.
Ces acteurs sont : ceux du gouvernement, de l'institution (bureau) du Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, ceux des entités et ministères concernés (la commission vérité, justice et réconciliation, le ministère des affaires religieuses et des cultes, le ministère de la réconciliation nationale, le ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’État, le ministère de la solidarité et de l’humanitaire, le ministère de la justice, ministère de la promotion de la femme et de l’enfant, ...) et les acteurs des forces vives de la nation dont ceux des partis politiques et de la société civile.
Ces derniers pourront être des sages des différentes régions du Mali, en particulier, ceux des régions du nord du Mali incluant des religieux et des chefs traditionnels.
4. DÉTAIL DU PROCESSUS D’INTÉGRATION/RÉINSERTION DE DJIHADISTES MALIENS REPENTIS SINCÈREMENT ET LIEN AVEC LE DDR
Le processus pour la réinsertion des Djihadistes Maliens doit tenir compte de deux catégories de Djihadistes Maliens :
Ceux qui se sont engagés dans le groupe djihadiste par conviction et ceux qui se sont engagés par obligation.
Leur réinsertion dans la République EN PRENANT DES PRÉCAUTIONS (les commissions DDR et Vérité, justice et réconciliation, l’institution du haut représentant du Président de la république et la justice doivent faire leur travail en analysant au préalable leurs cas) est une nécessité afin d’éviter leur marginalisation et d’éventuels cycles de violences et d’insécurité.
Pour le PREMIER CAS de Djihadistes (par CONVICTION), nous pouvons les intégrer dans la République Malienne à travers le DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) avec un SYSTÈME DE SURVEILLANCE JURIDIQUE PERSONNALISÉE (qui pourra éventuellement se faire en prison si nécessaire) pendant plusieurs années.
Sur ces cas, le ministère des affaires religieuses et des cultes travaillera en liaison avec commission vérité justice et réconciliation, l’institution du haut représentant du Président de la République aux pourparlers inclusifs inter-Maliens et la justice.
Pour le DEUXIÈME CAS (par OBLIGATION), la solution précédente s’applique aussi mais pour des enfants et des femmes, nous devons, en plus, faire intervenir les experts du ministère de la promotion de la femme et de l’enfant pour définir avec la justice la durée de la période adéquate de surveillance.
Le repentir d’un djihadiste Malien est un acte personnel et sa réinsertion dans la République, s’il n’est pas terroriste, est nécessaire après son repentir sincère.
CE REPENTIR SINCÈRE SERA JUGÉ A TRAVERS SA REPENTANCE.
En effet, le repentir se réfère à l’état intérieur exprimant la prise de conscience et le regret d’avoir commis avec excès des actes néfastes et infâmes, la résolution ferme de ne plus reproduire ces actes et le fait de rendre justice à celui auquel on a fait du tort.
Il faut qu’il y ait une réelle REPENTANCE, c’est-à-dire l’intention sincère de se repentir.
On posa la question au prophète Mohamet, qu’est-ce qu’un repentir sincère ?
Sa réponse était : « C’est la cessation de tout acte infâme commis avec excès suivi de sincères prières de pardon à Dieu en t’engageant à ne plus y revenir »
Par rapport à la justice humaine, il faut aussi rendre justice à celui auquel on a fait du tort.
La repentance, par son côté public, est vue comme une demande de réconciliation avec les hommes et avec Dieu.
C’est pourquoi, la repentance (repentir sincère) est importante.
Ainsi, nous devons savoir si le repentir des Djihadistes maliens repentis est vraiment sincère à travers leur repentance (vue comme une demande de réconciliation).
Le criminel, à travers la sincérité de son repentir, et donc, sa repentance, les victimes vont ou pas le pardonner.
Le pardon est individuel, il dépend de la conscience de chacun et de la gravité de l’acte commis, donc, on ne peut l’exiger des victimes.
Mais, en principe, tout acte avoué, à travers la repentance, avec une intention sincère peut être pardonné (ne dit-on pas qu’une faute avouée est à moitié pardonnée ?) et facilitera la réconciliation.

Des critères (dont la repentance, l’âge d’intégration dans le Djihadisme, le nombre d’années dans le Djihadisme et le profil avant d’entrer dans le Djihadisme) pourront aider à distinguer les Djihadistes intégrés dans le Djihadisme par contrainte (obligation) ou par conviction, voir au point 5 pour le détail.
5. NÉGOCIATION : ENGAGEMENT RESPONSABLE (principes et conditions) ET CRITERES D’INTÉGRATION DANS LA RÉPUBLIQUE DU MALI
La communication et la négociation avec les djihadistes Maliens, en particulier, ceux qui sont repentis, sont nécessaires.
Elles permettront :
(1) d’identifier ceux, parmi eux, qui voudront revenir vers leurs frères et sœurs Maliens, qui donnent la garantie de leur attachement à un Mali Un et Indivisible sans fédération, acceptent la laïcité, refusent, désormais, le terrorisme et s’engagent pour le vivre ensemble entre Maliens.
(2) sachant que les Djihadistes et leurs sympathisants sont partout, d’éviter certaines situations que les trois forces, MINUSMA, Barkhane et les forces de défense et sécurité du Mali, ne pourront pas maîtriser et gérer car ne sont pas implantées partout sur l’étendue du territoire qui est grand et nos forces de défense et sécurité ne sont pas outillées pour ça.
(3) d’éviter de marginaliser ceux des Maliens Djihadistes repentis.
Eux, tout comme tout Djihadiste présent parmi les groupes armés Maliens, devront signer l’ENGAGEMENT RESPONSABLE comportant le respect de PRINCIPES (refus du terrorisme, acceptation de la non impunité et de la coexistence pacifique) et de CONDITIONS (Repentance devant les acteurs, respect de l’intégrité territoriale, de la laïcité et de la constitution Malienne).
Tendons la main à ces Maliens Djihadistes repentis ou en voie de l’être, à travers, des acteurs, par exemples, le Ministère Malien, chargé des affaires religieuses et du culte, le Haut Représentant du Chef de l’État (en liaison avec la commission DDR, la justice, la commission vérité, justice et réconciliation, la promotion de la femme et des enfants, …), les notables et les religieux.
S’ils la prennent et acceptent les principes et conditions de l’engagement responsable ET l’accord de paix, nous pourrions les intégrer dans la République du Mali, à travers le DDR, avec un système de surveillance juridique personnalisée pendant plusieurs années, en utilisant des CRITÈRES (DÉFINIS PAR LES ACTEURS et LE PROCESSUS DDR-INTÉGRATION) comme la repentance, l’âge d’intégration dans le Djihadisme, le nombre d’années dans le Djihadisme et le profil avant d’entrer dans le Djihadisme.
Ces critères, en particulier, les quatre derniers pourront aider à distinguer les Djihadistes intégrés dans le Djihadisme par contrainte (obligation) ou par conviction car, comme le disent certains internautes, dans la perspective de l’intégration dans le DDR et dans la République, des Djihadistes pourraient être tentés de dire qu’ils ont été contraints d’intégrer le Djihadisme même si ce n’est pas le cas.
La main tendue aux Djihadistes Maliens repentis, avec les précautions requises (surveillance personnalisée, …), est aussi une manière d’intégrer, dans la République et dans la société, cette catégorie de Maliens.
Ainsi, nous éviterons de les marginaliser et, plus tard, des cycles éventuels de violence et les inconvénients de ce que disait l’ex Premier Ministre, Moussa Mara, à savoir :
– tout accord de paix sera voué à l’échec si des Djihadistes sont présents dans les rangs des séparatistes,
– si nous accordons davantage de ressources et de pouvoirs à la région de Kidal et qu’ils élisent un Djihadiste à la tête de la ville, cela voudrait dire que nous avons cédé notre territoire aux Djihadistes, et de façon démocratique.
Malheureusement, pendant qu’il était Premier Ministre, j’ai tenté sans succès, plusieurs fois, d’obtenir un rendez-vous avec Moussa Mara, pour échanger sur cette question d’intégration ou réinsertion de Djihadistes Maliens repentis.
J’avais contacté, en 2014, le Ministère des affaires religieuses pour lui en parler, son secrétaire général a pris note.
Concernant la même question, en 2015, j’ai contacté, sans suite, la Primature, la Présidence, le Ministère de la défense et des anciens combattants, l’Etat-major particulier du Président et l’Etat-major général des armées.
6. RISQUE D’INTÉGRATION DES DJIHADISTES DANS LES AUTORITÉS INTÉRIMAIRES
Si on prend la décision de négocier avec les Djihadistes Maliens repentis sincèrement, comment être sûr que des amis et collaborateurs Maliens de IYAD AG GHALY, ceux qui sont terroristes, non repentis, ne feront pas partie des autorités intérimaires ?
Il faut définir des indicateurs précis pour savoir si des Djihadistes, en particulier, ceux qui sont terroristes, non repentis, font partie des autorités intérimaires.
Un des indicateurs, c'est le nombre de personnes connues comme étant des Djihadistes et/ou terroristes et/ou ayant commis des crimes, comme des crimes de guerre ou crimes contre l'humanité ou des violations des droits de l'homme ou des mutilations, réprimés par l'article 46 de l'accord de paix et qui sont sur les listes des membres des autorités intérimaires dont on a connaissance.
En décortiquant ces listes, des spécialistes (de la justice ou de la police, ...) et ceux qui connaissent les membres désignés pourront connaitre le nombre en question.
Par exemple, la liste de la CMA ne contenant que des membres listés de la CMA pourrait être analysée pour savoir si elle contient ou pas des islamistes et/ou terroristes et/ou des personnes ayant commis des crimes graves dont on a parlées précédemment.
Tout le monde parle, en particulier, la quasi-totalité des Maliens disent, par exemple, que Hassane Fagaga (compte-tenu de son passé, en particulier, il a fait partie de la mutinerie du 23 MAI 2006 et de l'alliance du même nom qui a négocié l'accord de paix de 2006 avec le gouvernement) fait partie de ces derniers or il fait partie de la première liste, des membres des autorités intérimaires, fournie par la CMA.
Des citoyens de GAO parlent aussi de Issouf Keyssoum (membre de la CMA), faisant partie de la liste des conseillers spéciaux de GAO fournie par la CMA et désignés auprès du représentant de l’État à GAO.
Mais, des investigations et enquêtes sérieuses, mêlant justice et police et, pourquoi pas, la commission vérité, justice et réconciliation dans certains cas, doivent être faites pour être sûr de ce qui est avancé par les uns et les autres.
Certains internautes avancent que les FAMAs (Forces Armées MAliennes) utilisent comme supplétifs des éléments du MUJAO.
Dans ce cas aussi des investigations et enquêtes sérieuses s'imposent.
7. CONCLUSION
Ensemble, nous bâtirons la République du Mali, unie et réconciliée, en prenant les précautions idoines pour la sécuriser et pour établir une paix durable en intégrant tous les Maliens non terroristes, incluant les Djihadistes Maliens repentis, dans un Mali Un et Indivisible sans fédération.
8. CONTACT
Dr ANASSER AG RHISSA
Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
E-mail : [email protected]
TEL 00223 95 58 48 97

Source : aBamako

aBamako

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