Elections communales du 20 novembre : L’opposition s’indigne contre l’entente sur les autorités intérimaires !

A travers une conférence de presse, le jeudi 03 Novembre à la Maison de la presse dont l’objectif était d’informer l’opinion nationale et internationale sur l’état du pays, les leaders de l’opposition ont qualifié les trois ans de gouvernance d’IBK, d’improvisation, de pilotage à vue, de la politique d’Autriche et d’une démission du pouvoir, tout en démontrant les enjeux du projet relatif aux communale du 20 novembre prochain . Les orateurs étaient :le président du Parti PARENA, Tiébilé Dramé, Mady Coulibaly du PEP, Mahamane Dicko (PSP), Souleymane Koné (FARE’Ankawili) et professeur SaliKou Sanogo de l’URD.

Une fois de plus encore, l’opposition républicaine et démocratique était devant la presse, avec cette fois-ci en leur tête, le président du Parena, Tiebilé Dramé pour expliquer les grands défis qui se posent à notre pays depuis les évènements de mars 2012, qui selon eux connaissent un développement exponentiel depuis septembre 2013. Ces grands défis, selon eux, sont notamment l’installation des autorités intérimaires en catimini avec l’exclusion de toutes les forces vives du pays, l’insécurité permanente sur toute l’étendue du territoire et l’imbroglio juridico-administratif des élections communales.
D’entrée de jeu, le président Tiébilé Dramé, principal conférencier, soulignera que la situation du pays est intenable tout en justifiant cette déclaration par le manque d’emploi des jeunes, la difficulté des chefs de familles de subvenir aux besoins fondamentaux de leur famille, et l’insécurité galopante dans toutes les régions du pays.
Par rapport à l’installation prochaine des ‘’ autorités intérimaires’’ et la tenue programmée des élections communales, Tiébilé Dramé dira que c’est un paradoxe.
Que cela conduira le pays à un processus à deux vitesses « du fait de l’incompétence et l’incurie des pouvoirs publics », déclare-t-il avant d’ajouter que la réconciliation nationale et la réunification du pays sont renvoyées aux calendes grecques.
L’Entente décriée par l’opposition !
Pour le président du Parena, la mise en place de l’autorité intérimaire annoncée pour ce mois de novembre, selon un document appelé « entente », signé le 19 juin 2016 par le gouvernement, viole la loi votée par le représentation nationale le 10 mai 2016 et son décret d’application pris par le président de la République, le Premier ministre et plusieurs ministres le 18 mai 2016.
A l’en croire, ledit document (entente) ne relève d’aucune ordonnance juridique du pays. Toute chose lui permettant d’affirmer que l’entente est une manifestation de la démission de ceux qui dirigent le Mali.
Par contre selon lui, l’Entente porte sur des questions qui relèvent essentiellement du domaine de la loi sur lesquelles le gouvernement n’a nullement compétence sauf autorisation expresse dans les conditions prévues à l’article 74 de la Constitution, relatif aux ordonnances.
« La composition des autorités intérimaires ne tient compte d’aucun principe », déclare-t-il avant d’ajouter qu’elle fait fi des causes du soulèvement de Gao (juillet 2016) et des promesses faites aux forces vives de cette localité au nom du gouvernement par la délégation ministérielle.
A lui de préciser que le calendrier d’installation ne semble tenir compte ni des causes immédiates de la guerre civile de Kidal (juillet, aout et septembre) à savoir la présidence de l’autorité intérimaire de cette région, ni des vagues de protestation que le décret à suciter au sein de certains groupes armés.
La psychose de l’insécurité !
En outre, par rapport à la situation de l’insécurité, le porte-parole de l’opposition, Tiébilé Dramé soulignera l’incapacité des autorités à protéger les personnes et leurs biens. « En dépit des assurances trompeuses du gouvernement, existe la multiplication des attaques armées à Bamako et dans les communes environnantes » laissa-t-il entendre avant de préciser que les cas de Sanankoroba, Djelibougou, Kalifabougou, siège de l’Ecobank en plein cœur de Bamako et de Néguela, doivent interpeller fortement le président et son gouvernement.
Sur un tout autre plan, le président du parti du bélier blanc, s’indigne de la décision des autorités d’organiser les élections communales du 20 novembre, qui pour lui sont inopportunes et insensées. Même s’il faut les tenir le dira-t-il, elles se tiendront sur la base de deux lois électorales, à savoir celle du 14 octobre 2014 et celle promulguée le 17 Octobre par le président de la République.
« Au Mali, l’on a atteint le sommet de l’improvisation et du pilotage à vue » lâche- t-il avant de juger ce comportement d’une violation flagrante du protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance que le Mali a promulgué. Que l’article 2 de ce protocole stipule (1er alinéa), qu’aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six(6) mois précédant les élections sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques. « Pour l’histoire, pour prendre date et pour la pédagogie, l’opposition saisira la Cour de justice de la CEDEAO pour dire le droit communautaire qui est au-dessus de la loi nationale » a-t-il laissé entendre.
A noter que lors de cette conférence une minute de silence a été observée en la mémoire de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, les deux journalistes de RFI assassinés à Kidal.

Par Moïse Keïta

Source : aBamako

aBamako

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