Après l’invalidation de la liste UM-RDA-CODEM-URD-PARENA-YELEMA à Koro Vers l’élection d’un conseil communal illégitime et déjà désavoué !

Le lundi 31 Octobre 2016, à la surprise totale des populations de Koro, la Cour d’Appel de Mopti a invalidé la liste UM-RDA, CODEM, URD, YELEMA, PARENA. L’invalidation de cette liste sur laquelle figure le Maire de la commune rurale (sortant) de Koro n’est ni plus ni moins qu’une cabale, orchestrée par certains hauts dignitaires, afin d’asseoir leur suprématie sur cette grande ville du Pays Dogon. Cette gravissime décision de justice de la Cour d’Appel de Mopti, qui serait bien planifiée et exécutée par des mains invisibles au sommet de l’Etat qui auraient usé de leur pouvoir financier, survenant après leur défaite au Tribunal de Grande Instance de Koro, n’est pas sans conséquence. Les populations vont-elles digérer et accepter que les communales aient lieu sans cette liste ? Dans l’affirmative, l’élection d’un tel Conseil communal serait-elle légitime ?
Comment cette liste a été invalidée ?
La liste UM-RDA-URD-CODEM-PARENA-YELEMA, un regroupement de cinq partis politiques, était bien en route pour les communales du 20 novembre. Pour être conforme avec la cohésion sociale de la ville de Koro, toutes les sensibilités s’y retrouvaient. Ainsi, au niveau de la commune de Koro, neuf listes ont été déposées. Et selon la loi, si un regroupement constate des anomalies sur une liste, il peut l’attaquer dans les 48 heures. « C’est après ce délai expiré que nous nous sommes rendus compte que notre liste a été attaquée par une autre, composée du RPM, de l’UDD et de l’Adema. Selon eux, sur notre liste, il y a deux conseillers du parti Adema qui n’ont pas démissionné de leur poste au niveau du Conseil communal », explique Soumaila Djimdé, Maire de Koro et candidat malheureux du parti UM-RDA. Ils ont fait de la sorte 22 requêtes contre les différentes listes dans le cercle de Koro. 87 listes ont été déposées dans tout le cercle. Continue Soumaila Djimdé, « Le coup est parti pendant que nous, nous ne pouvions plus faire de requêtes contre qui que ce soit, à cause du fait que le délai était expiré. En fait, il y avait des anomalies sur toutes les listes, même celle qui nous a attaquée. D’ailleurs sur leur liste, il y a des gens qui sont inéligibles, mais la justice a fermé les yeux la dessus. C’est ainsi que nous avons pris des avocats pour gérer l’affaire. Au cours du procès, nous avons bien compris ce que la loi dit et ce qu’elle ne dit pas. Mais Me Hassan Barry, l’avocat de la partie inverse a escamoté une partie de la loi malienne car, la loi dit que pour une personne libre, il peut aller à n’importe quel parti librement, sans préjudice. Alors qu’un conseiller communal qui veut aller à une élection contre son parti doit démissionner, et de son parti, et du Conseil communal, mais uniquement pour les législatives. Ainsi, Me Barry n’a pas pu tromper la vigilance du juge de Koro. Car, il a dit la loi à moitié, c'est-à-dire, sans mentionner la partie qui dit que ça concerne uniquement les législatives. C’est ainsi que le tribunal de Koro a tranché en notre faveur ». Le maire continue : « Lorsque nous pensions que tout était rentré dans l’ordre après cette victoire, c’est alors qu’ils ont fait appel au niveau de la Cour d’Appel de Mopti. Là aussi, c’était les mêmes défenses et les mêmes avocats. Et à notre très grande surprise, le Président du tribunal a invalidé notre liste. Quand la nouvelle est tombée, c’était un désarroi total à Koro. Car, c’est comme si on instruisait à plus de 70% de la population de Koro de ne pas aller voter. Jusque-là à Koro, on n’arrive pas à comprendre cette décision judiciaire. Si la loi était dite, on pouvait s’en-tenir à cela, mais malheureusement, c’est du faux », révèle-t-il.
La population de Koro ne comprend pas, effectivement cette décision. Elle a ténu à le montrer lors d’une manifestation, le Mardi 1er Novembre dernier. Des sit-in et d’autres mouvements sont prévus. Les élections ne seront-elles pas mouvementées à Koro ? M. Djimdé, de toute façon, est sans équivoque : « Les mains qui sont derrières ces actes, on les connaît. Ils sont à Bamako. Ils ne sont pas du cercle et ils ne veulent même pas du développement de notre localité, ni de la région de Mopti. Alors que ce sont des gens qui ont bénéficié de tous les avantages du cercle de Koro et de la région de Mopti. Qu’ils ne fassent rien pour le développement du cercle, après 20 ans de confiance, cela ne nous étonne pas. Mais qu’ils ne détruisent pas notre cercle avec des pratiques qu’on ignorait jusque-là », martèle-t-il.
Malgré cela, de retour à Koro, le Maire et les autres membres de son regroupement ne font que calmer la population qui voudrait passer par des actes de vandalisme. Certains ont juré que le nouveau Conseil communal ne travaillera pas chez eux. Ainsi, on se dirigerait tout droit vers un mandat chaotique à Koro.

Alfousseini Togo & Koureichi Poudiougo

Source : aBamako

aBamako

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