Le ministre Ag Erlaf face à la classe politique : «Je ne vous invite à appliquer aucune loi»

A la question de savoir si la suite du processus électoral en cours sera régulée par l’ancienne loi électorale ou plutôt par la nouvelle loi, le dernier cadre de concertation ministère de l’Administration territoriale-partis politiques n’a pas eu de réponse.

Pendant que la campagne électorale bat son plein, la classe politique reste toujours dans le dilemme quant à la loi qui régira les élections communales de 2016. Quand bien même elle a dominé les débats lors du Cadre de concertation du lundi 7 novembre (le tout-premier depuis l’arrivée de M. Ag Erlaf à la tête de l’Administration territoriale), la question reste à ce jour en suspens. En tout cas, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf, s’est dit incompétent pour donner une réponse juridique à l’équation, donc de la trancher. «En tant que ministre, je ne veux d’aucune loi et je ne vous invite à appliquer aucune loi. Il y a une structure compétente pour cela.

Tant qu’elle ne s’est pas prononcée, je ne vous dirai quoi que ce soit », a-t-il répondu à cette question posée de façon récente. M. Ag Erlaf s’est contenté de faire remarquer que la convocation du collège électoral, la constitution de la Ceni et la validation des candidatures ont été faites sur la base de l’ancienne loi. «Mais, pour le reste, il est nécessaire qu’on s’adresse à qui de droit… », a-t-il indiqué. Dr Befon Cissé de l’URD a, lui, souhaité que le Cadre convienne de quelque chose.

Il a ainsi proposé que l’ancienne loi régisse les élections communales, quand bien même il estime que son parti en a été victime, notamment dans le cadre de la validation des listes de candidatures. Proposition qui sera renvoyée à la prochaine réunion du cadre de concertation. De son côté, le président du Pari, M. Kassogué a estimé que, juridiquement, la question de savoir si l’ancienne loi ou la nouvelle doit régir le processus en cours ne se pose pas. Car la loi n°2016-048 du 17 octobre 2016 portant loi électorale au Mali abroge toute disposition antérieure contraire. Dès lors, la loi n°0-044 du 4 septembre 2006 ne devrait plus s’appliquer.

Par ailleurs, en réponse à des récriminations de Dr Befon Cissé, selon lesquelles l’URD aurait été ciblée pour l’éliminer dans les communes qui sont censées être ses fiefs, Mohamed Ag Erlaf a rappelé que le ministre de l’Administration territoriale n’est pas le juge du contentieux électoral. Ajoutant que son département n’attend que tous les litiges soient vidés pour finaliser la confection des spécimens de bulletins de vote. Lesquels devraient être disponibles au plus tard 48h après le ‘’dépôt’’ des contentieux électoraux, sauf pour les régions du Nord où ils seront acheminés en même temps que les listes électorales.

Face à des rumeurs qui feraient croire que les élections communales ne se tiendront pas dans les localités de Djenné et Youwarou, le ministre de l’Administration territoriale a été on ne peut plus clair : « il n’a pas été question de reporter les élections sur une quelconque partie du territoire à priori. C’est après la date du 20 novembre qu’on fera le constat, pas avant », a-t-il dit. Partant, le ministre Ag Erlaf a insisté sur la nécessité de tenir les communales là où cela est possible car, au delà de l’aspect politique de l’expiration des mandats des maires, c’est leur qualité d’ordonnateurs des dépenses publiques qui pose aujourd’hui problème, a expliqué Mohamed Ag Erlaf.

D’autres questions relatives aux cartes Nina, aux spécimens et à l’affichage des photos de campagne ont également été abordées au cours de ladite réunion.

Il ressort des différents exposés du Directeur général de l’administration du territoire, du Délégué général aux élections et du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qu’il a eu au total 4122 listes de candidatures déposées dans 688 communes sur 703. Il n’y a pas eu de listes dans 15 communes, notamment dans les régions du Nord. Il y a plus de 7 millions de Maliens inscrits sur les listes électorales, repartis entre plus de 21000 bureaux de vote.

Bakary SOGODOGO

Source : aBamako

aBamako

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