Le cri de la Diaspora : Le Mali, l’enlisement ?

Lorsque l’on regarde, en observateur inquiet, ex situ, dont le cœur bat au rythme des événements via chaque notification des médias nationaux et internationaux, le malien de l’extérieur palpite. Qu’en est-il de l’anxiété sinon de la certitude du malien in situ? Les yeux hagards sur les événements qui les dépassent, tous deux appréhendent chaque jour des actes encore plus graves. On recule sous ce nuage d’incertitude, grisaille permanente. Pourtant le malien est plus que jamais optimiste. Optimiste, nonobstant réaliste. Il faut en sortir.

             L’inquiétude généralisée

Les derniers événements survenus récemment, trois attaques à mains armées dans Bamako et sa périphérie, une même semaine, avec blessés graves et des morts, qui s’ajoutent aux divers assauts anti-républicains, dans le centre et le nord du pays, créent un climat d’angoisse nationale, qui brouille toute perspective. Découvrant alors cette impression d’enlisement, qui étouffe les maliens, pris en étau, que dire au piège, tel dans un sable mouvant dont l’attraction  finit de nous tirer dans les profondeurs. Les observateurs avertis parlent de faillite d’État.  Pourtant dans cet océan de mauvaises nouvelles, sortent, de temps en temps quelques bonnes nouvelles. Le Mali, a réalisé il juste quelques semaines, un exploit, en se positionnant à la 141e place, contre 143 en 2015, du classement Doing Busness de la banque mondiale, devant la Côte-d’Ivoire, dont la stabilité économique fait montre, d’exemple dans la sous région. Petit soit-il, cela est encourageant. En effet, «Têkêrê ». Oui applaudissons, les bonnes nouvelles sont tellement rares.

Mais le chemin long et sinué fatigue le malien, le préoccupe. Quand à cela s’additionne l’impression de manque de réponses fermes et de stratégie de sortie de crise qui trempent le malien dans une révolte se transformant bien sûr, en défiance, cela est fortement préoccupant. Dans l’anarchie chacun devient maître de soi, sentiment qui n’est pas sans multiplier, infailliblement toutes sortes de déviances, la délinquance en lieu commun. Il faut en sortir. Tous criant, il faut en sortir et vite ! Soit, mais à quel prix ?

Oui à une concertation nationale inter-malienne, mais pas à n’importe quel prix. Nous en venons à la « la lettre d’Ansar Dine » à l’endroit de Mahmoud Dicko (Président du haut conseil islamique malien), largement traitée la semaine précédente, la source écrite datant de septembre dernier, évoquait un cessez le feu, dans le Nord-Mali. Alors, démentie par le groupe terroriste, intox ou info, nous devrons nous éviter un nouvel engrenage. Cette histoire ne fleure pas bon. Elle n’est pas sans rappeler, un épisode semblable, celui de 2012, qui a permis d’ouvrir les portes de Tombouctou Gao et Kidal, coupant le Mali de son septentrion, d’une part, réveillé des velléités de scission dans le centre du pays, puis concouru à déstabiliser un État tout entier.

Négocier avec Ansar Dine devra demeurer une option à bannir, ad-vitam æternam. Aucune assurance donnée par quelconque  personnalité fût-il leader, crédible aux yeux de certains, devra être balayée du revers de la main. La question sécuritaire nationale ne relève pas de l’ordre du religieux, elle est hautement politique, seules des solutions politiques adéquates, suivies de stratégie militaires fiables, nous sortiront la tête haute de cette eau trouble. Soyons en clairs le Mali a été attaqué par des bandits armés en mal de territoire, ils ne représentent aucune couche religieuse du Mali, encore moins musulmane même si cet état de fait, n’est pas sans créé l’amalgame chez certains de nos compatriotes de confession musulmane. La délicate question de se sentir toujours musulman et  de refuser de trouver toutes circonstances atténuantes à ceux-là, se considérant, se battre au nom d’un Dieu qu’il partage avec plus de 80°/° des maliens, pour couvrir leurs crimes. Des bandits sous couverture voulant établir une justice dictée par le Coran, volonté bien entendue opportuniste, qui n’est pas sans conséquence dans un pays où l’injustice et la frustration sur plusieurs plans sont grandissantes, et de plus en plus exprimées par le peuple. La religion peut avoir bon dos, dans un tel contexte. Ce dernier point nous permet de nous poser la problématique de la maturité de notre jeune République d’à peine 56 ans.

            Le Mali est aujourd’hui un adulte de 56 ans

             Le Mali a 56 ans, comme un adulte du même âge, ses responsabilités qui accroissent, ne peuvent plus se résoudre dans de simple volonté de faire paix, surtout de retrouver une intégrité qui se réduit comme peau de chagrin. A lire les gazettes du pays qui inondent internet, l’insécurité que subit le Mali depuis bientôt cinq ans, n’est pas son seul problème, les dénombrer ici, conduiraient à cartographier, tous les petits maux formant la métastase du mal Mali, connus de tous. Deux tiennent à cœur aux maliens et les préoccupent de jour en jour: Paix et éducation. Les yeux dans les yeux de l’adulte de 56 ans , nous lui dirons, Paix et éducation.

             Le cambouis Mali a besoin de toutes les mains

             Quand notre cher Mali accédait à la démocratie, les têtes, qui constituaient les 10-15 ans de sa population, aujourd’hui trentenaire, « la graine à germer », s’emplissaient de beaucoup de rêves de grandeur pour ce pays. Elles y avaient foi. Cette jeunesse rattrapée par plusieurs années de querelles intestines couvées, d’une part par des velléités indépendantistes, de l’autre, par la mauvaise gestion des politiques qui préféraient regarder ailleurs, est plus que jamais face à son devoir.

Les 10-15 ans d’aujourd’hui ont foi en quoi ? Comment voient-ils leur avenir ? Ainsi nous pensons aux enfants des zones occupées, à ceux, des territoires qui se préparent à fissurer davantage le Mali, enfin aux enfants des couches défavorisées, où le seul projet familial consiste à nourrir convenablement toutes les bouches à charge. Ces enfants en plus de porter l’espoir du renouveau, rêvent d’avenir chez eux. Quand cet « à-venir » se trouve menacé par tant de maux qu’égrènent leur Pays, l’espoir d’un lendemain meilleur se transforme en angoisse permanente. Alors, on se dit Yallah, il ne faut simplement pas y croire, mais s’ériger en façonneur de paix, tous, les mains dans le cambouis, en sortir de nouvelle brique pour le Mali nouveau, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Quand le pessimiste soufflera sur la braise en disant : pourquoi faire ?  Pour éviter l’enlisement qui prédestine notre terre à un futur « Maliganisthan ». Ce n’est pas cet héritage que nous léguerons à nos enfants. Alors « Angawili, gri, toune», sortons le Mali de ce bourbier. L’avenir se construit dans le présent en ayant comme pierre angulaire le passé. Alors c’est maintenant.

            De la fierté malienne

Même en tant de disette rien n’ébranle la fierté du malien, figée « in petto ». Cette fierté accessoirement forgée par un passé glorieux, mythifié, de plus gargarisée par cette belle devise : un peuple, un but, une foi, cordon ombilical qui lie le malien d’aujourd’hui à ses aînés. Ce triptyque serment de notre nation, sonnera creux, si nous nous laissons bercer par la fatalité que l’on prend pour destin. Agissons dans la responsabilité, convaincus que ce qui reste d’un pays, fait sa grandeur ou sa petitesse, la balle est dans le camp de tous les enfants du Mali. Il sera ce qu’on en fera aujourd’hui, demain en perspective.

Certes, l’homme retourne à la poussière, le pays survit à ses citoyens. Enfin normalement !

Ce qui nous permet de crier, ESPOIR, oh oui espoir, mais dans l’OUVRAGE : pour le Vert de l’espérance, le Jaune de la providence et du renouveau, enfin le Rouge pour se souvenir que du sang de vaillants soldats a coulé pour nous autres, pour notre liberté. Cette paix nous devons la gagner. Et vite mais à n’importe quel prix.

 Allez on y croit maliennes et maliens, tous en chœurs, la main sur le cœur: Un peuple un but une foi. Mali fôka djignewili et LAIQUE


Source : Maliweb

Maliweb

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