Le ministre de la sécurité aux chefs des unités de défense et de sécurité : « Prenez des initiatives si nécessaire»

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Face à la montée de l’insécurité et du banditisme au Mali, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Salif Traoré, a réuni, le jeudi dernier, dans l’enceinte de son département, les chefs d’unités des forces de défense et de sécurité, à savoir : la Police, la Gendarmerie et la Garde nationale. Au menu : échanger sur la situation sécuritaire; ses préoccupations; ainsi que le projet de loi sur la reforme du secteur de la sécurité.

Soucieux de ramener la quiétude au sein de la population malienne, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Général Salif Traoré, s’est entretenu, le jeudi dernier, avec les chefs d’unités des forces de défense et de sécurité.

Dans son intervention, il a indiqué que le Mali vit une situation particulière. Cela commande, dit-il, que nous soyons sur la même longueur d’onde et être très performants en matière de renseignement. Pour le ministre, la performance du système de renseignement implique une interaction des forces de défense et de sécurité avec la population. Et cela n’est possible, affirme-t-il, que si la population a confiance aux forces de défense et de sécurité. Ainsi, il invitera ces dernières à avoir une approche rassurante avec la population. «Notre objectif est de faire en sorte que la population soit satisfaite de ses forces de défense et de sécurité», a-t-il déclaré.

Instructions fermes

Le ministre de la Sécurité n’a pas manqué de dénoncer le comportement de certains porteurs d’uniforme qui, selon lui, n’honorent pas la corporation.

«Ce sont des récriminations que nous répondons tous les jours. Il faut que cela s’arrête à tous les niveaux », a- t-il martelé. Ainsi, il a appelé tous les chefs d’unités à prendre leurs responsabilités. « Reprenez vos hommes en main. Vous ne devez pas vous reposer tant que vous n’êtes pas sûrs que vos éléments font correctement les missions à eux confiées. Revenons aux fondamentaux», a-t-il déclaré.

Dans un autre registre, il a invité les directeurs régionaux à faire preuve d’initiative. «Il ne faut pas attendre tout le temps des instructions. Si vous n’avez pas de carburant pour les patrouilles, réquisitionnez des véhicules au niveau des gouvernorats. Prenez des initiatives si nécessaire, si elles ne sont pas bonnes, on vous le dira. Aucune erreur ne sera plus tolérée», a-t-il affirmé.

Reforme du secteur de la sécurité: le projet de loi fin prêt

Le ministre a par ailleurs fait remarquer qu’il ressort de l’Accord pour la paix un volet relatif à la reforme du secteur de la sécurité. « Tout ce que nous allons faire va s’inscrire dans ce cadre-là», a-t-il précisé.

Au niveau du département, soutiendra-t-il, la commission sectorielle qui avait en charge l’élaboration d’une loi de programmation de la sécurité intérieure et de la protection civile a bouclé ses travaux. «Ledit projet de loi est actuellement sur la table du gouvernement», a- t-il affirmé. Ainsi, il fera un tour d’horizon des grands axes de la nouvelle loi. Le premier axe, dit-il, porte sur les ressources humaines. Cela se fera à travers un recrutement annuel; la formation continue des hommes; la rémunération. Le deuxième axe porte sur la lutte contre le terrorisme. Selon lui, le département a mis en place une unité spéciale à cet effet. Car, les forces classiques ne sont pas préparées à cela. Le troisième axe est relatif à la lutte contre la cybercriminalité. A l’en croire, une structure sera mise en place, regroupant toutes les compétences et toutes les sensibilités. Le quatrième axe concerne la réorganisation de la sécurité privée. Les sociétés de gardiennage bien formées pourront ainsi prendre en charge certains aspects dévolus aux forces de sécurité. Le cinquième axe porte sur le renforcement de la sécurité transfrontalière à travers une gestion informatisée. Il y figure également un volet axé sur la sécurisation des fleuves à travers l’opérationnalisation de la brigade fluviale; la lutte contre la prolifération des armes légères. «De façon générale, nous travaillons également sur l’amélioration de la carte sécuritaire en terme d’infrastructures et d’équipement», a-t-il conclu.

Boubacar SIDIBE


Source : Africatime

Africatime

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