DDR : IBK assassine l’espoir !

Mercredi 16 novembre 2016. Le conseil des ministres nomme deux cadres pour enfin matérialiser le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion des ex combattants rebelles au nord du Mali. Le choix du premier responsable ne fait pas l’unanimité et présage un échec après tant de bavures.

Le Processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion est l’une des phases cruciales de la mise en œuvre de l’accord de paix issu du processus d’Alger et signé, en deux temps, en terre malienne. Plusieurs fois reporté, dont le dernier le 15 novembre 2016, le processus a reçu un coup de piston de la part du gouvernement le lendemain du report au conseil des ministres lors duquel sont nommés, l’ancien rebelle, ex ministre de la réconciliation, Zahabi, Président de la commission DDR et le général Poudiougou, Président de la Commission Réinsertion.

L’annonce de la nouvelle a suscité des critiques sceptiques au sujet de la nomination de Zahabi à la tête de cette importante commission qui aujourd’hui est maître de la destinée du Mali car elle est censée mettre fin à la crise et rendre le nord du Mali une terre fréquentable. Le sociologue, président de la commission DDR, est un ancien rebelle. Son choix, en premier lieu, pour le poste de ministre de la réconciliation n’a pas produit d’effet positif pour la simple raison qu’il ne parvenait pas à s’entendre avec ses frères rebelles, anciens compagnons de lutte dans les années 90 pour les mêmes causes : ‘’AZAWAD’’.

Son départ du département n’a surpris personne, au regard de son évaluation désolante.

Avec IBK, une mauvaise nouvelle succède une autre

Quelques temps passés loin des caméras, l’ancien rebelle revient avec force. IBK le place au centre de la résolution de la crise du nord en le confiant le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR). Ce processus méritait un homme neutre plus expérimenté. Zahabi est loin de ces qualités. Ses frères et compagnons de luttes ne l’ont jamais pardonné pour leur avoir trahi au profit de ses intérêts personnels à travers des postes de responsabilité qu’il occupe depuis sous ATT. S’il s’estime dans le regret aujourd’hui après avoir causé trop de dégâts matériels et de victimes au Mali, il est traité de ‘’traitre’’ au nord du Mali. Comment pourra-t-il suturer cette plaie béante du moment où lui-même est objet (acteur clé de la rébellion) de tension au nord du Mali ?

Ce mauvais casting d’IBK vient chavirer le peu d’espoir. Depuis la signature de l’accord, le processus est stagnant. L’Etat malien en est en grande partie responsable aujourd’hui, lui qui au départ pointait du doigt la mauvaise foi des groupes armés à aller vers la paix. IBK et ses hommes refusent de respecter le calendrier au nom d’une marge dans l’accord qui autorise de brûler des étapes. Ainsi, le processus de DDR, les patrouilles mixtes, le retour des déplacés et réfugiés, la mise en place des autorités intérimaires, toutes ces étapes sont violées au profit de l’organisation des élections communales lesquelles font objet de toutes les critiques, tensions au centre, sud, nord du Mali mais également de la part des partenaires.

Les critiques, le régime les prend en mal et fonce tout droit vers le chaos.

Boubacar Yalkoué

Source : aBamako

aBamako

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