Élections communales : Des communes privées de vote au centre et au nord

De manière générale, une faible affluence a été constatée dans les bureaux de vote que le Consortium des organisations de la société civile pour l’observation du processus a observés lors du scrutin du 20 novembre dernier. Le taux de participation est estimé à 26,6%.
Les parties prenantes au consortium, la Jeune Chambre Internationale Mali, le Réseau Plaidoyer et Lobbying et SOS Démocratie, ont partagé ces constats lundi après-midi, dans la salle de conférence du Patronat, en présence d’Olivier Gérard de l’USAID et d’autres partenaires.

Le consortium, selon son coordinateur, Demba Tounkara, a déployé une équipe sur l’ensemble du territoire pour assurer le suivi des opérations de vote pour l’élection des conseillers communaux.

Cette équipe était constituée de 750 observateurs (479 hommes et 271 femmes), 41 superviseurs, ainsi que de 9 coordinateurs et 20 gestionnaires de base de données pour assurer la remontée des données par le système de SMS, la gestion et le traitement des données au niveau du quartier général. Le déploiement des observateurs a été opéré dans toutes les Régions et le District de Bamako, à l’exception de Kidal, Ménaka et Taoudéni.

Au regard du résultat de l’observation du consortium, 93% des bureaux de vote couverts par les observateurs ont été ouverts à 8h00 heures et le matériel électoral était au complet dans 92% des bureaux de vote. De façon générale, le consortium a constaté une bonne organisation du scrutin dans les zones sécurisées couvertes par les observateurs. Les forces de l’ordre ont été déployées en nombre dans les centres de vote des communes urbaines couvertes. Dans certaines régions du sud et à l’ouest, le scrutin n’a pas connu d’incidents liés à la sécurité.

Par contre, il a été constaté, au niveau de certaines communes des régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Ségou, des incidents de nature sécuritaire ayant conduit à la destruction du matériel électoral, la disparition des membres de bureau de vote et l’annulation du scrutin. Sur la base du rapport des observateurs, l’insécurité dans les Régions du nord a empêché la tenue du scrutin dans plusieurs communes en plus des 15 communes déjà annoncées par les autorités administratives avant le scrutin : Région de Tombouctou (Goundam : 12/14 ; Niafunke : 3/8 ; Rharous : Serele, Hanzakoma) ; Région de Gao (Communes de Tessit, N’Tilit, Gabero), Région de Mopti (Diafarabe, Dia, Sokorodia, Diondori, Sougoulbe, Koureihondo, Gouroguire, Diaka et Soucoura). A la fin du scrutin, 80% des bureaux de vote observés par le consortium ont fermé à 18 heures, dans les 20% restant les électeurs dans la file d’attente ont été autorisés à voter et cela s’explique par le démarrage tardif des opérations de vote au niveau de ces bureaux. De manière générale, une faible affluence a été observée dans les bureaux de vote observés par le consortium lors de ce scrutin, d’où le taux de participation de 26,6%.

Le consortium a fait des recommandations.

Aux organismes de gestion des élections, il recommande d’évaluer et renforcer le dispositif sécuritaire dans le cadre de l’organisation des élections ; d’établir un calendrier électoral pour les communes où les élections n’ont pu avoir lieu ; d’installer les autorités intérimaires dans les communes favorables au dispositif ; de renforcer les campagnes d’éducation civique et électorale.

Et enfin d’œuvrer pour le respect du cycle électoral afin d’éviter les reports multiples. Quant aux partis politiques, le consortium leur recommande de renforcer les campagnes d’éducation civique et électorale, de renforcer les capacités des délégués, de continuer la sensibilisation des militantes et militants pour des élections apaisées, etc.

A.DIARRA

Source : aBamako

aBamako

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