Trop de bruit pour rien, voici tout l’argent de la Sotelma !

En Afrique, dès qu’un bien est dit ‘’public’’, il est foutu. Tout le monde s’en sert et peu sont ceux qui daignent veiller à sa conservation. Pour preuve, au Mali, les déchets domestiques sont déversés sur les voies publiques ; les véhicules de l’Armée servent de transport de bois et de charbon pour le colonel ; le Campus universitaire sert de maison de passe ; le comptable prête l’argent public aux commerçants pour des fins d’intérêt personnel… La liste est loin d’être exhaustive. Et qui peut changer de telles pratiques en dix ans ?

Voilà l’une raison qui a poussé ATT à céder 51% des actions de la Société des Télécommunications du Mali (SOTELMA). C’était aussi surtout pour servir à soutenir les actions concourant à conforter la Stratégie de croissance économique. Retour sur les détails.

Nous sommes en 2008, au Mali, dans un Etat où la conscience collective est opposée à la sanction. L’opérateur téléphonique mobile français, Orange-Mali, domine le marché de la téléphonie. L’Etat dispose d’un outil vieux et mieux connu, mais mal utilisé pour permettre à tous les Maliens d’avoir accès au service de la téléphonie et des nouvelles technologies. Pour une meilleure gestion de l’outil, il fallait l’implication d’un  associé. C’est ainsi que l’Etat a fini par lancer le processus de privatisation de la Sotelma. Laquelle privatisation a été bien conduite et eu de succès financiers aussi importants pour l’entreprise que pour le pays. Depuis lors, la carte SIM se vend à cinq cent francs ; le réseau 3G+ est disponible avec une connexion internet à haut débit, contrairement aux années précédentes où il fallait débourser trois cent milles Fcfa pour obtenir une carte SIM.

À l’époque, pour éclairer la lanterne des Maliens, le président ATT avait invité à Koulouba tous les responsables et dignitaires de son régime et représentants de toutes les couches de la société malienne. Notamment, le chef du gouvernement de l’époque ; le président de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement ; les Présidents des Institutions de la République ; les Députés élus à l’Assemblée nationale, les Présidents des Administrations indépendantes ; les représentants des organismes personnalisés de l’Etat ; les représentants des Partenaires au développement ; les représentants des partenaires sociaux ; les représentants de la Société civile et les représentants du Secteur privé.

Il a été dès lors mis en place un Comité interministériel sous la direction du Premier ministre pour la gestion des fonds récoltés. Lequel Comité existe d’ailleurs toujours puisque l’Etat est une continuité. Au moment des faits, les recettes générées par la cession d’une partie des actions de l’Etat dans le capital de la Sotelma représentaient 180.388.175.000 Fcfa, soit environ 4% du Produit Intérieur Brut (PIB). Il ne s’agissait que de la cession d’une partie des actions de l’Etat. Il s’agissait également des recettes exceptionnelles, pour le fait qu’elles n’étaient pas récurrentes. C’est pourquoi la volonté de l’Etat a été de les servir à soutenir les actions concourant à conforter sa stratégie de croissance économique. Une  finalité de la vision traduite dans le Projet de développement économique et social (PDES), pour porter progressivement le Mali au rang de pays émergents. Il s’agissait en effet de transformer les potentialités en véritables sources de croissance durable, en investissant dans les Infrastructures, les Ressources humaines et en créant les conditions de développement du Secteur privé.

Convaincus de la bonne foi des autorités de l’époque, les Partenaires techniques et financiers ont partagé et soutenu cette vision et la démarche qui la sous-tendait. C’était aussi et surtout parce que la situation économique internationale a été difficile en 2007 et 2008, avec les différentes crises, notamment la flambée des prix des hydrocarbures et des produits alimentaires, la crise financière et économique mondiale. Lesquelles crises n’ont pas épargné le Mali, affectant ainsi ses populations et son rythme de croissance. En dépit de la conjoncture économique difficile de l’époque, le Mali, grâce à des politiques publiques judicieuses, a mieux résisté aux crises et réalisé un taux de croissance de plus de 5% en 2008.

La réponse à ces crises a été la Stratégie de croissance accélérée, qui est l’instrument de mise en œuvre du PDES. Un Programme dont les résultats ont changé la face du Mali dans plusieurs domaines. Aussi, il semblait pour le président, tout à fait indiqué, d’intensifier les efforts en cours pour faire encore plus au bénéfice de la croissance économique et de l’emploi. Avec des ressources exceptionnelles, les autorités avaient en effet l’opportunité, mais aussi la volonté, de marquer davantage le tournant pris pour plus de progrès économique et social par une mise à niveau de ses entreprises et chefs d’entreprises pour qu’ils relèvent le défi de la compétitivité.

C’est aussi dans le sens de l’action spécifique qu’il avait été décidé de lancer pour l’utilisation des recettes de cette vente de 51% des actions de la Sotelma. Il reste entendu que les 49% restant demeurent toujours la propriété du Mali. En tout cas, jusqu’au départ du président ATT du pouvoir. Ce fut une opération de soutien à la croissance qui s’est inscrite dans la volonté de rupture pour imprimer un élan plus fort au développement du Mali.

Contribuer à accélérer le rythme de croissance économique soutenue

Une stratégie de puissance agro-pastorale ; la poursuite du vigoureux Programme d’infrastructures économiques de base et le développement du Secteur privé. Cela, afin de réduire de façon substantielle la pauvreté et de créer des emplois. Poursuivre l’assainissement des finances publiques, notamment la résorption de la dette intérieure pour soutenir davantage l’activité économique. Les principaux axes d’actions de la mise en œuvre de ce plan sont : La résorption partielle de la dette intérieure : l’enjeu étant d’appuyer les efforts faits pour ramener les instances de paiement à un niveau économiquement soutenable. L’Etat avait donc accéléré le paiement de ce qu’il devait aux agents économiques, pour améliorer notamment la trésorerie des entreprises et assainir le portefeuille des banques dans la perspective de la relance des investissements privés.

Les détails

À cet effet, 40 milliards de Fcfa ont été dédiés à ces paiements dans les jours qui ont suivi, dont 24 milliards pour les opérateurs économiques et  16 milliards pour les banques. Le soutien aux réformes économiques et structurelles : il s’agit du coût des dépenses de réformes structurelles dans lesquelles était engagé notre pays dans le cadre du Programme et des accords avec les Partenaires au Développement. La restructuration de la BHM entre dans ce cadre ; elle a bénéficié de 5 milliards pour ses besoins de trésorerie liés à la relance des activités de crédit, afin que cette banque puisse servir d’outil efficace pour la mise en œuvre de la politique de réalisation des logements sociaux en particulier et de la promotion de l’habitat en général. Le Financement des investissements publics : le premier obstacle auquel se heurtaient les investissements publics, c’était le financement. L’Etat a donc consacré d’importantes ressources au financement des travaux d’infrastructures et d’équipements dans le domaine de l’Education, de la Santé, de l’Agriculture, des Transports, de l’accès à l’Eau potable et à l’Energie. Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du Forum National sur l’Education, d’importantes ressources ont été investies dans le Secteur de l’Education sur la période 2009-2012. Ces investissements se sont traduits dès l’année 2009 par la connexion et l’interconnexion de l’Université de Bamako et des Etablissements d’Enseignement Supérieur à Internet Haut Débit. Elle a permis aux professeurs et étudiants d’accéder aux bibliothèques numériques et a facilité l’enseignement à distance. Ce volet a fait l’objet d’une inauguration en grande pompe par l’ancien Premier ministre Tatam Ly et de Moustapha Dicko dès le début du mandat du Président Ibrahim Boubacar Keïta. Sept (07) milliards ont été également affectés à la construction d’infrastructures universitaires à Bamako et à Ségou en termes de Cités Universitaires, d’Amphithéâtres, de Salles de classe et de Laboratoires. Les chantiers sont toujours en cours. 500 millions de Fcfa ont été alloués pour la mise en place d’un Fonds Compétitif de la Recherche Scientifique. Pour soutenir le programme de construction et d’équipement de Lycées et Instituts de formation professionnelle : 5,4 milliards ont été consacrés à la construction de 4 Lycées d’enseignement général ;  2 Lycées techniques dans les régions et 1 Institut de formation professionnelle à vocation industrielle.

Le souci était d’offrir aux jeunes une formation technique et professionnelle, susceptible de faciliter leur insertion dans la vie active. C’est dans cette optique que 1,5 milliard de Fcfa a été mis à la disposition de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes pour renforcer ses capacités d’intervention.

En matière de santé, 2 milliards ont été destinés à couvrir les gaps de financement de la construction de l’Hôpital régional de Sikasso et de l’Hôpital régional Mopti-Sévaré. Ce dernier a été inauguré par le président Ibrahim Boubacar Keïta en mars 2014. L’autre chantier prioritaire en matière d’action sociale est l’Assurance maladie obligatoire, pour la mise en œuvre de laquelle 953 millions Fcfa ont affectés dès 2010.

Au total, l’Etat a consacré 17,508 milliards de Fcfa à la Jeunesse et aux Secteurs sociaux.

Et lorsqu’il était apparu nécessaire de faire du Mali un pays émergent, il fallait naturellement penser à accélérer la cadence des investissements dans le Secteur de l’Agriculture et des Infrastructures, améliorer la compétitivité économique et lutter contre la pauvreté et l’emploi rural. Aussi, en plus des efforts déjà consentis à travers différents programmes, 15,9 milliards supplémentaires ont été investis dans le Secteur agricole sur la période 2010/2012. Des bas-fonds ont aménagés pour un montant de 6 milliards au profit des communes qui disposent d’un potentiel avéré. Il s’agissait en particulier des communes les plus vulnérables. Il s’agissait de promouvoir l’irrigation de proximité et relever le défi de la souveraineté alimentaire. Dans le même sens et pour permettre à l’Office du Niger de donner la pleine mesure de toutes ses capacités opérationnelles, 4,1 milliards Fcfa ont été investis dès 2010, pour les travaux d’entretien et d’aménagement des infrastructures et d’assainissement des canaux.

La préservation de cet outil majeur de la stratégie de puissance agricole est essentielle pour asseoir la souveraineté alimentaire sur une base durable. Pour le développement et la valorisation de la production laitière au Mali, le projet conçu à cet effet a bénéficié de 800 millions Fcfa en 2010. Dans la même veine, une enveloppe de 5 milliards a été affectée au Fonds national de développement agricole, dont 1,5 milliard dès 2010. Le développement des infrastructures et des équipements a été poursuivi avec des ressources additionnelles de 14,610 milliards.

Cela a concerné notamment :

le bitumage de la route Bafoulabé-Mahina ; le bitumage de 5 km de voirie à Koulikoro ; le bitumage de 5 km de voirie à Kidal ; la construction de la voie d’accès à l’Hôpital national de Yirimadjo ; la construction du pont sur le Baoulé entre Manankoro- Tienfinzo, pour un accès direct au port de San Pedro, en Côte d’Ivoire ; l’acquisition d’équipements pour l’ORTM, en vue de renforcer ses capacités de reportage et l’acquisition de 2 bateaux à fond plat au bénéfice de la Compagnie malienne de navigation.

Notons que ces deux bateaux ont été reçus au mois de février 2015 par la Compagnie malienne de navigation. Ils permettront de faciliter le transport fluvial, même en saison sèche, lorsque le débit du fleuve se réduira. Ensuite, en faveur des collectivités locales, l’Etat a doté le Fonds National d’Investissement des Collectivités Territoriales de 10 milliards (à multiplier par 9). Cette dotation était destinée notamment au financement dans chaque région et le District de Bamako : de projets de construction d’équipements collectifs et de réhabilitation de puits et forages dans les villages démunis, de projets d’équipement des villages et centres socio-économiques en équipements d’énergie solaire. Une telle action a contribué et contribuera à renforcer les capacités d’investissements des collectivités en vue d’améliorer les conditions de vie des populations.

Le président ATT, fort du succès de sa politique de faciliter l’accès des populations à un logement décent, a consenti un effort conséquent de 6, 5 milliards en 2010 pour le Programme des Logements Sociaux. Dans le même ordre d’idée, une attention a été portée à l’amélioration des conditions de vie et de service des personnels militaires, l’Etat avait ainsi engagé à cet effet jusqu’en 2012, 5 milliards dans la réhabilitation des casernes.

Le soutien au développement des PME-PMI

En tant que partenaire traditionnel des pouvoirs publics et principal vecteur du développement, le Secteur privé devait être encouragé. (Le gouvernement y travaillait déjà notamment à travers l’élaboration d’une Loi d’Orientation du Secteur Privé.) Dans le PDES, l’Etat avait fait le pari des PME-PMI, ainsi que des très Petites Entreprises Personnelles. Il avait, en conséquence, partagé avec le Secteur privé les priorités et pris l’engagement de leur donner les outils et moyens nécessaires. Aujourd’hui, l’occasion est bonne pour adresser un signal fort aux jeunes chefs d’entreprises, qui ont développé et développent encore des idées innovantes et porteuses, et qui ont osé et osent pour faire décoller une entreprise.

C’est dans cette optique que l’Etat a décidé de donner les moyens d’encourager aussi bien les chefs d’entreprises que les porteurs de projets notamment dans le domaine agro-industriel, à travers la création d’un Fonds National d’Investissement et d’un Fonds de Garantie du Secteur Privé. Il était prévu 5 milliards FCFA pour chacun des fonds. Dans le même franc discours, le Président ATT n’a pas omis de rappeler que lui et son équipe étaient engagés, dans le cadre du PDES, à la réalisation de projets innovants, appelant des capitaux importants et un savoir-faire avéré ; il s’agissait, entre autres, de constituer une provision de garantie pour la Sotelma, la création d’un Technopôle, le raccordement de villes secondaires au réseau routier national, la construction d’un second pont à Kayes, l’aménagement et le développement du Système Lac Faguibine,  l’aménagement du Parc Industriel de Bamako Sénou,  la mise en place d’un Cadastre moderne pour les villes de Bamako et de Kati.

Il était prévu d’affecter 36,5 milliards de Fcfa à l’exécution de ces projets, en complément des contributions qui devraient être mobilisées auprès des Partenaires Techniques et Financiers. Autrement, les 180 milliards Fcfa avaient besoin d’être complétés et l’Etat a dû affecter 36,5 milliards de Fcfa supplémentaires pour arriver aux objectifs fixés. Le calcul est donc bon !

En clair, ce sont là des investissements qui ont rejailli sur la qualité de vie des populations et sur la croissance économique. Il s’agissait en effet d’offrir plus de perspective à notre jeunesse en termes de formation, d’emploi et d’insertion dans le circuit économique. Nul n’est obligé de le croire, sans même prendre le courage de vérifier, mais dans la mise en œuvre de ces Actions de Soutien à la Croissance Economique, il a veillé à garantir la plus grande transparence quant à la pleine utilisation des ressources, pour les objectifs visés. Il reste entendu «que l’allocation des ressources aux différentes actions retenues se fera à travers les procédures budgétaires», avait promis ATT. Pour plus de transparence, il a été mis en place un Comité de Suivi de l’utilisation de ces ressources regroupant les représentants de différents Départements Ministériels concernés. Ledit comité existe toujours puisque l’Etat est une continuité.

Il est permis de coller tous les noms d’oiseau au Général Amadou Toumani Touré. Mais, en matière de transparence, il est bien plus vertueux…

IMT


Source : Maliweb

Maliweb

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