Djiguiba Keita « PPR » : “Le 20 novembre 2016 est un jour noir pour la démocratie malienne”

Tous les observateurs neutres et honnêtes ont fait un constat unanime: le dimanche 20 novembre, dans les six communes de Bamako et dans les autres grandes villes du pays, l’argent a été utilisé de manière éhontée pour acheter les votes. Plusieurs partis ont rivalisé dans ce commerce indigne d’une démocratie.

L’argent utilisé, c’est l’argent sale des surfacturations et de la corruption qui a été utilisé pour acheter les votes! Le 20 novembre a vu la perversion de la démocratie. C’était un jour noir.

Le scrutin du 20 novembre, outre qu’il s’est déroulé contre le bon sens et le respect des lois de la République, dessine le destin sombre du Mali Démocratique en perdition. La débauche d’argent qu’on a vue à Bamako, les centres de vote transformés en foire-«garbal», les résultats qui tombent, en conséquence de tout cela, augurent mal d’un pays qui veut se bâtir sur le socle de la démocratie. Le risque encouru est, en effet, de voir un parti au pouvoir sans assises, et qui, au moindre petit soubresaut, à la moindre petite difficulté, n’étant soutenu par personne, s’effondre comme un château de cartes.

Si le Parena a un seul enseignement à tirer, c’est de travailler avec d’autres à la constitution d’un pôle politique qui va combattre résolument le tripatouillage électoral et l’achat de conscience. Faute de quoi, nous autres, allons purement et simplement disparaitre de la scène politique. A ce rythme, nous avons très peu de chance d’avoir un élu aux prochaines législatives, et les présidentielles, ce sera au quart de tour pour le président sortant.

Le peuple malien médusé a devant ses yeux les conséquences (les retombées ?) politiques des surfacturations tant décriées par le Parena, l’encouragement de l’impunité tant dénoncé par le Parena, le manque de sanction, voire la promotion des corrompus de la République tant dénoncés par le Parena. Si nous ne résistons pas, le pouvoir ploutocratique a de beaux jours devant lui.

A Macina où le nouveau maire est Parena, vous avez utilisé ces mêmes méthodes de corruption ?

Bien sûr que non. Parce que la pratique du Parena est aux antipodes de ces méthodes, ensuite, le Parena n’est ni de près, ni de loin, impliqué dans les pratiques de surfacturations, enfin, il est reconnu que le Parena n’est pas un parti très riche.

Mais, plus spécifiquement, parlant de Macina, je dirai que l’élection du nouveau maire est le fruit du travail qu’il a abattu pendant les sept dernières années où il était premier adjoint au Maire. Ce maire sortant, une fois élu en 2009, a abandonné la mairie à son premier adjoint, et était absent 7 jours sur 7. L’électorat s’est reconnu dans le nouveau maire qui a battu – sur une liste Parena-URD-les autres de la majorité présidentielle ADEMA-RPM-MPR, d’une part, ASMA et Alliés d’autre part.

Et la caractéristique de certains adversaires sur le terrain, c’est qu’ils étaient adossés à des notabilités religieuses très riches qui sont descendues dans l’arène politique. Mais à Macina, comme pour les législatives passées où les candidats du Parena ont été premiers dans tous les bureaux de la ville, pour cette fois-ci, c’est une avance amplifiée que les populations ont donnée à la liste Parena-Urd. Les citadins semblent plus difficiles désormais à corrompre à Macina-ville. Tel n’est hélas pas encore le cas dans les faubourgs où les marmites, micros et autres gadgets font changer des avis.

Recueillis par Sékou Tamboura

Source : aBamako

aBamako

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