Protection du fleuve Niger : Les communautés riveraines en prémiere ligne

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L’opération « bozo », initiée dans le cadre des préparatifs du sommet Afrique-France, est basée sur une approche originale impliquant en premier lieu les exploitants directs du fleuve

Le fleuve Niger est une chance extraordinaire pour notre pays. Véritable artère nourricière, il joue un rôle de pilier du développement socio-économique. Mais ce fleuve se meurt peu à peu, sous l’effet des multiples agressions dont il fait l’objet du fait des actions de l’homme. Cette tendance est dangereuse pour notre agriculture et notre pêche, ainsi que pour toutes les autres activités socio-économiques liées à ce cours d’eau. On peut même dire qu’il est impossible d’imaginer le Mali sans le fleuve Niger. Tant ce fleuve est essentiel pour nous.
Voilà pourquoi il est indispensable voire vitale d’entreprendre des actions pour assurer sa pérennité. Déjà l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) s’y attèle. Mais ses actions ne suffisent pas. Car la tâche est immense. Les dommages déjà causés au fleuve par notre comportement quotidien, sont colossaux.
C’est ce qui explique l’initiative du Comité national d’organisation du sommet Afrique-France (CNOSAF) d’organiser l’opération « bozo » en appui aux activités déjà entreprises pour le nettoyage des berges et du lit du fleuve Niger par l’ABFN. La cérémonie de lancement des travaux de l’opération « bozo » s’est déroulée samedi dernier, sur l’esplanade du Palais de la culture Amadou Hampâté Bah. C’était sous la présidence de la Première dame, Mme Keïta Aminata Maïga, en présence du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Keïta Aïda M’Bo, de ses collègues de l’Energie et de l’Eau Malick Alhousseiny, de l’Elevage et de la Pêche, Nango Dembélé, de l’ambassadrice de France au Mali, Evelyne Decors, du président du CNOSAF, Abdoullah Coulibaly et des autorités politiques, administratives et coutumières du District de Bamako.
A travers une approche originale qui implique en premier lieu les exploitants directs du fleuve, l’opération « bozo » porte sur la formation et l’équipement de jeunes volontaires recrutés au sein du collectif national des organisations professionnelles de la filière poisson, des campements de pêcheurs et des quartiers riverains du fleuve. Une première vague de 200 personnes sur 400 au total, ont été formés avec le concours de l’ABFN, aux techniques de nettoyage des rives du fleuve, à la sensibilisation pour un changement de comportement pour la sauvegarde du fleuve. Les bénéficiaires ont appris aussi le secourisme, la citoyenneté et le civisme, mais aussi et surtout, la notion du cadre de collaboration entre populations civiles et services de sécurité.
Armés de ces compétences, ces jeunes se lancent à l’assaut des berges du fleuve. Ils sont dotés de moyens logistiques (pirogues munis de moteurs hors bord) et équipés de matériels d’assainissement (brouettes, râteaux, balais, etc.) et d’accessoires de navigation (gilets de sauvetage et filets de pêche).
Avec un potentiel agricole de 2,5 millions d’hectares, le fleuve Niger arrose le Mali du sud au nord sur plus de 1.400 kilomètres. Il a façonné la vie, les us et coutumes de toutes les sociétés autour de son lit, de ses affluents et défluents, a rappelé le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. « Si hier ces sociétés ont su être reconnaissantes, notre génération brille par son indifférence, j’allais dire son ingratitude vis-à-vis du fleuve Niger. Nous l’avons tout simplement transformé en décharge finale de nos déchets de toutes sortes », a déploré Mme Keïta Aïda M’Bo, pour qui le nettoyage des berges et du lit du fleuve est un impératif pour nous.
Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable expliquera ensuite que cette action n’est qu’un élément déclencheur d’un vaste programme de sauvegarde du fleuve qui se poursuivra bien après le sommet Afrique-France. « Cependant, ces efforts n’auront leur couronnement que si chacun se les approprie », a-t-elle fait remarquer, avant d’interpeller les maires des six communes et celui du District de Bamako qui sont les premiers responsables de l’assainissement.
Actrice de longue date de la protection de l’environnement au Mali, l’épouse du chef de l’Etat, a souligné l’immensité de la tâche qui nécessite l’implication de toutes et de tous. Elle a invité les uns et les autres à agir ensemble pour la protection et la conservation de notre patrimoine commun, aussi bien pour nous, que pour les générations futures.
« Ce message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd », a rassuré Abdoulaye Kontao, président du Collectif national des organisations professionnelles de la filière poisson au Mali. Il a promis que son organisation ne ménagera aucun effort pour la réussite de cette opération qui, selon lui, honore la communauté bozo. Après une animation folklorique inspirée de la tradition des pêcheurs, une course de pirogues a mis en compétition les différentes communes de Bamako. La Commune IV a enlevé le premier prix d’une valeur de 250 000 Fcfa. La Commune II s’est classée 2è et a empoché 150 000 Fcfa et la Commune V qui est arrivée 3è, a reçu 100 000 Fcfa.
C. A. DIA

Source : aBamako

aBamako

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