Echos du Procès de Amadou Haya Sanogo à Sikasso : Des règles de sécurité strictes

Le procès de Amadou Haya Sanogo et 17 autres a débuté le mercredi 30 novembre 2016 dans la capitale du Kénédougou. Après une suspension d’une journée, l’audience reprendra ce vendredi 2 décembre 2016. Les forces de l’ordre et de sécurité quadrillent la salle de spectacle Lamissa Bengaly où se tient le procès. L’accès à la salle est subordonné à la présentation de badges. Il y a deux postes de contrôles, d’abord à la grande porte et à l’entrée principale de la salle. Tout le monde, sans exception, est assujetti au contrôle. Et il est interdit, même pour les journalistes, de rentrer avec des objets. Pas de sac, ni téléphone, ni ordinateur, ni camera, ni dictaphone rien du tout à part le stylo et un bloc notes seulement. Seuls les avocats peuvent rentrer avec leurs objets. «Soyez vigilants de l’autre coté hein », disait un gradé de l’armée à ses subalternes.

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Engouement autour du procès

Même si la salle d’audience n’était pas pleine à craquer, il y a un engouement autour du procès de l’auteur de putsch Amadou Haya Sanogo et ses compagnons. De l’enregistrement à Bamako à la récupération des badges, l’affluence était grande. De 6 heures du matin à l’ouverture du procès, des gens qui étaient groupés à la porte de la salle du procès pour pouvoir récupérer des badges pour avoir accès. On apercevait un rang kilométrique. Les membres des organisations internationales de défense des droits, la population de Kénédougou, les hommes et femmes de médias sont venus massivement suivre le procès.

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Amadou Haya Sanogo, en costume, serein, mais quelques fois agité

L’auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012, Amadou Haya Sanogo accusé de complicité d’enlèvement et d’assassinat a comparu le 30 novembre 2016 à la barre. Amaigri, serein et souriant, il était habillé en costume et se donnait le luxe de faire des séances photos avec ses fans. Cette sérénité cachait mal son agitation qu’on percevait quand il s’empressait souvent de tendre sa main ou en faisant des accolades.

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Pas de femme dans la composition de la cour

Au moment où l’exécutif lutte pour la promotion du genre, le pouvoir judiciaire traine le pied. Une loi a d’ailleurs été adoptée par le pouvoir législatif pour accorder 30% aux femmes dans les fonctions nominatives et électives. La chose qui sortait à l’œil nu est l’absence de femme dans la composition de la cour lors de la cérémonie d’ouverture de la cour d’assises supplémentaire en transport à Sikasso. Le poste de président, de conseillers, d’assesseurs, de ministère public, de greffier était occupé par des hommes. Une chose déplorée par plusieurs personnes dont le président de la cour lui-même qui dit que malheureusement les assesseurs ont été tirés au sort. Toutefois, après la cérémonie d’ouverture, on a senti une légère correction le poste de greffier était occupé par une femme qui a lu un long arrêt de renvoi de 19 pages.

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Impréparation ?

L’impréparation de cette cour d’assises n’est pas dénoncée par Me Mariam Diawara seulement qui assure la défense de tous les accusés, mais elle est dénoncée par des journalistes aussi. Ces derniers déplorent l’absence d’une salle de presse ou d’un secrétariat pour pouvoir faire leur travail facilement. Et pour ne rien arranger aux choses, ils ont été dépouillés de leurs « armes de lutte » à savoir les dictaphones, cameras, téléphones, ordinateurs. Ils étaient munis seulement d’un bloc note et stylo. Le parquet général n’a pas été capable d’aménager une salle de presse ou à défaut autoriser les journalistes à entrer avec leurs matériels de travail.

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Me Boubacar Karamoko Coulibaly défend Ibrahim Dahirou Dembélé

L’ancien chef d’Etat major général des armées, Ibrahima Dahirou Dembélé est défendu par Me Boubacar Karamoko Coulibaly, ancien ministre du Mali et vice-président de l’Union pour la République et la démocratie (URD). Cet avocat membre de l’opposition malienne entend mettre son expertise pour faire tirer son client du lot des accusés voir même amoindrir les charges qui seront retenues contre lui. Il est épaulé par Me Harouna Toureh de la Plateforme qui défend l’ensemble des accusés. Des éminents avocats dont Me Moctar Mariko de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), Me Assane Dioma Diagne du Sénégal, Me Clémence du barreau français, Me Yacouba Doumbia de la Côte d’Ivoire et bien d’autres assurent la défense de la partie civile au nombre de 23.

Aguibou Sogodogo, envoyé spécial à Sikass


Source : Maliweb

Maliweb

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