Foot/7è Tournoi de l’UEMOA: Quelques grands enseignements de la compétition!

Ce samedi 3 décembre, la 7ème édition du Tournoi de foot de l’UEMOA livrera son verdict. Après trois années de léthargie pour cause d’Ebola, cette fête du ballon rond qui rentre de plus en plus dans les habitudes régionales a connu des mutations positives à son escale togolaise. Mutations qui devraient se perdurer pour un rapide essor du foot dans cette Union.

En attendant le score du bouquet final entre Sénégalais et Maliens, c’est en gros une compétition d’un niveau moyen qui a lieu à Lomé depuis le 26 novembre 2016. Ce niveau moyen de ce Tournoi régional est tributaire essentiellement de la non-reprise ou du non-démarrage du championnat national dans nombre de pays participants. Un statut quo sportif généralement enfant lui-même, dans plusieurs Etats ouest-africains, des éternelles guéguerres qui minent les fédérations de ces Républiques.

Togo et Guinée-Bissau, aux antipodes dans leur prestation

Rarement un pays abritant une édition du Tournoi de l’UEMOA aura livré une piètre prestation comme les Eperviers locaux l’ont réalisé durant l’étape des matches de poule de ce tournoi. Au total, les joueurs du coach français Sébastien Migné auront livré 3 rencontres soldées par autant de prestations pâles, et surtout des défaites. Jamais, les Eperviers n’ont affiché leur capacité de renverser la vapeur et de dominer leurs adversaires dans ces différents matches. Les Togolais avaient pourtant un atout par rapport à chacun de leurs rivaux de ces rencontres: Maliens, Ivoiriens, et Nigériens.

Les premiers n’ont pas encore repris leur championnat, les seconds viennent à peine de débuter leur championnat et sont des joueurs U20, et les troisièmes sont sans compétition! Ces atouts n’ont jamais empêché Sébastien Migné et les siens d’écrire les pages les plus sombres du Togo dans ce Tournoi. Une page à vite tourner. C’est d’ailleurs la première fois qu’un pays organisateur finit cette compétition sans le moindre point!

Contrairement aux Togolais, les «Djurtus» de la Guinée-Bissau ont rompu à Lomé le signe indien qui faisait de leurs participations à cette compétition un incessant chemin de croix. Avec au passage des tonnes de buts encaissés. Signe palpable de cette nouvelle donne, les Bissau-Guinéens ont enregistré leur première victoire dans ce championnat zonal à Lomé, en battant durant leur première sortie le Bénin. Une victoire historique des «Djurtus» qui vient confirmer le renouveau que connaît leur football, depuis leur qualification historique pour la CAN 2017; une grande première dans leur histoire. Même si les Bissau-Guinéens ont fini le tournoi sur une lourde défaite face aux Sénégalais, sur la marque de 0-5. Une chose est certaine. Les Bissau-Guinéens ont franchi un nouveau palier dans leur apprentissage footballistique à Lomé. Nul doute qu’ils auraient mieux presté s’ils avaient à leur disposition un championnat non arrêté.

Efficacité des jeunes et des écoles de foot de la sous-région

Elles étaient nombreuses, ces équipes ayant pris part au tournoi zonal de foot de Lomé, en alignant essentiellement des effectifs jeunes. Ce fut le cas de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali, du Niger. Et dans une moindre mesure, une association de talents jeunes et de joueurs aguerris dans les autres équipes.

L’affiche de cette finale 2016 (Sénégal-Mali) est une marque patente de l’efficacité de ces centres de formation de la prochaine relève du football ouest-africain. Et témoigne de l’existence de ressources humaines de qualité dans l’ouest de l’Afrique, en matière footballistique. Il ne reste aux fédérations concernées par ces prouesses qu’à les capitaliser, en alignant ces prometteuses équipes de jeunes dans les compétitions de leurs catégories, aussi bien en Afrique que dans le reste du monde.

La surprise en fcfa de la Commission de l’UEMOA

A l’entame du Tournoi 2016, la Commission UEMOA a étalé son grand intérêt pour les affaires sportives dans ce regroupement de huit pays. En mettant officiellement une enveloppe de 300 millions de fcfa (soit 50 millions/équipe) à la disposition des six formations de cette Union qualifiées pour la «CAN 2017 TOTAL Gabon». Un geste unanimement apprécié par tous les observateurs assidus des questions footballistiques dans cette partie de l’Afrique. Quelle que soit la surface financière des équipes nationales concernées par ce don, il devrait être d’un apport significatif dans la mise au vert de ces sélections, sur leur route vers la 31ème grand-messe du foot africain.

Ambiance à la togolaise, même dans des stades dégarnis

Les habituels supporters des Eperviers du Togo se sont mués en ambianceurs invétérés du Tournoi de l’UEMOA, que ce soit au Stade de Kégué, qu’au Stade Omnisports de Lomé. Même quand les gradins de ces enceintes sportives étaient presque vides de supporters ou de simples passionnés du ballon rond. Une posture remarquée et appréciée par un grand nombre de participants à cette grand-messe annuelle du foot ouest-africain.

Les chants et hourras d’encouragements de ces supporters togolais, aussi bien en français, anglais qu’en dialectes togolais ont vite fait d’enchanter les amoureux du foot présents dans la capitale du Togo. Une magie qu’ont produite les échos de ces chants dans des enceintes peu remplies les jours durant lesquels les Eperviers n’ont pas joué. Une toute autre forme d’ambiance sportive qui illustre l’intégration en marche entre les peuples francophone et lusophone de l’UEMOA, en dépit des retards et lourdeurs administratives qu’accusent les dirigeants de ces huit pays sur cette dynamique de vision commune…

Par Edem GADEGBEKU

Source : aBamako

aBamako

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