L’alternance en marche sur le continent africain : Victoire éclatante du candidat de l’Opposition Adama Barrow à l’élection présidentielle gambienne

Le putschiste Yaya Jammeh s’est-il facilement mu en démocrate en acceptant sans anicroche sa défaite face au candidat de la forte coalition des partis politiques de l’Opposition, serait-on tenté de se poser comme question ?  La tradition en Afrique était qu’on ne peut pas perdre une élection qu’on a soit même organisée. Par ce geste fair-play   très rarissime,  la Gambie du dictateur Jammeh vient de montrer à la face du monde que son pays aussi est capable d’organiser des élections transparentes en dépit de la campagne de diabolisation dont il a fait l’objet. Le Président Yaya Jammeh en reconnaissant sa défaite a fait preuve de grandeur en épargnant à son peuple un bain de sang comme ce fut le cas dans beaucoup d’autres pays en Afrique.  Le Président Congolais Joseph Désiré Kabila  s’inspirera-t-il de l’exemple gambien en respectant la Constitution de son pays ?

Le vieil adage selon lequel on n’organise pas une élection en Afrique pour la perdre de feu Oumar Bongo Ondimba, ancien Président de la République gabonaise, est en passe d’être classé dans les placards des vieux souvenirs. Les lignes sont en train de bouger et l’alternance devient peu à peu une tradition en Afrique de l’Ouest. La Gambie de Yaya Jammeh vient d’allonger la longue liste des pays de l’Afrique de l’ouest qui ont réalisé l’alternance. Parmi ces pays, nous pouvons citer entre autre le Benin du « Caméléon » Mathieu Kérékou qui a donné une belle leçon de démocratie en acceptant sa défaite contre Nicéphore Dieudonné Soglo. Depuis lors, l’alternance est devenue la règle d’or de la République Béninoise. Idem du Mali d’Alpha Oumar Konaré qui a organisé des élections présidentielles en 2002 au terme de son second mandat sans toucher à une virgule de la Constitution malienne. Que dire d’Abdoulaye Wade face à son éternel opposant Abdou Diouf qu’il terrassa après plusieurs duels perdus. La Côte d’Ivoire connaitra son alternance  en 2010 avec la victoire de Alassane Ouattara contre le Président sortant Laurent Gbagbo. Même si le bilan macabre était lourd avec plus de 3000 morts, le vaincu a fini par quitter manu militari le pouvoir. Le Sénégal donna à nouveau une belle leçon à l’Afrique tout entière quand Macky Sall arriva à bout de son ancien mentor politique Abdoulaye Wade après un divorce violent. Le peuple Burkinabé n’est pas resté en marge de la longue marche des pays de l’Afrique de l’ouest pour une alternance. Il a pris son destin en mains en chassant le dictateur Blaise Comparé. Après ce coup d’éclat, le pays s’inscrira-t-il dans la voie de l’alternance ?

Par cette victoire de l’Opposition,  la Gambie vient enfin d’adhérer le cercle très fermé des pays africains où la démocratie et l’état de Droit sont en marche. Kabila peut-il s’en inspirer pour éviter le bain de sang à son peuple ?

 Youssouf Sissoko

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Source : Maliweb

Maliweb

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