Procès Sanogo : la Cour ordonne la comparution des témoins de gré ou de force

A l’absence des témoins, ce lundi 5 décembre 2016 , le juge a décidé de reporter le procès du général Amadou Haya Sanorgo et seize autres accusés au mercredi 7 décembre2016 . Le temps pour le ministère public de faire comparaître les témoins des deux parties par la force publique. 

Pour organiser un procès d’assises, la comparution des témoins est « indispensable ». Et des témoins, aucun ne n’est présenté à la barre, lundi matin dans le procès du général Sanogo et les seize autres accusés d’enlèvement, d’assassinat et complicité dans l’affaire des bérets rouges.

Curieusement, la remarque est venue du ministère public d’abord. « Nos témoins ne sont pas encore là, mais nous proposons de poursuivre les débats. Ils peuvent nous rejoindre en cours », a-t-il affirmé. C’était suffisant pour permettre aux avocats de la défense d’exercer une certaine pression sur le parquet. « Il n’en est pas question. Les témoins peuvent venir discrètement, rentrer dans la salle et assister aux débats », s’est plaint Me Tiessolo Konaré, un avocat du collectif de la défense. Il propose au ministère public de « se passer de ses témoins » ou d’appliquer la loi en les « faisant comparaître par la force publique ».

Me Cheick Oumar Konaré, un autre conseil de la défense, remue le couteau dans la plaie : « il y va de la crédibilité même de cette procédure. Les assesseurs qui sont là n’ont pas lu le dossier et ne pourront se faire une religion de l’affaire qu’à travers les débats à la barre ». Avant d’ajouter : « parmi nos clients, il y a certains qui ne sont chargés que par les propos d’un seul témoin ».

« Imaginez notre souffrance »

Le parquet lui aussi est conscient que l’absence des témoignages sera fatale au procès. Selon lui, pratiquement tous les témoins étaient présents à l’ouverture, le 30 novembre. Mais avec les deux suspensions « causés par les avocats de la défense », ils ont glissé entre les doigts du ministère public. « Non. C’est parce que tout le monde ne se soucie que des dispositions sécuritaires au lieu du contenu même du dossier : pas de  téléphone ou pas d’appareils de reportages dans la salle », s’insurge Me Konaré.

Du côté de la partie civile, c’est la résignation même si on comprend aussi que l’absence de témoin dans une affaire pareille est « insensée »« Nous sommes logés dans les hôtels à nos propres frais et nous sommes pressés de connaître la vérité. Vous ne pouvez pas imaginer notre souffrance », affirme l’une d’elle.

Une heure après s’être retirée, la Cour a décidé finalement de suspendre l’audience jusqu’au mercredi 7 décembre où les témoins vont devoir comparaître. De gré ou de force.

Parmi ceux de la défense, le chef d’Etat-major des armées, Didier Dakouo, le célèbre guide spirituel, Chérif Ousmane Madani Haïdara, le chef d’Etat-major particulier du président de la République, Oumar Daou et Diamou Keïta (cité à témoigner pour les deux parties), actuel ambassadeur du Mali en Angola. D’où l’incertitude sur la suite du procès. Même si les témoins comparaissent mercredi, les avocats de la défense vont aussi « souligner plusieurs exceptions dans la procédure ». Chaque avocat de la défense va en souligner au moins une.

Aboubacar DICKO / maliweb.net


Source : Maliweb

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