Le développement se meurt dans la région de Mopti : Un changement de régime en 2018 peut-il sauvé la Venise ?

Je ne parle pas ici des indicateurs de développement selon les Nations Unies ou selon l’occident, mais je voudrais le dire selon la vie des gens dans la région de Mopti.

Le développement n’est qu’une capacité de dépassement de la précarité selon les valeurs culturelles de chaque peuple. Dans la région de Mopti, ces indicateurs se meurent tout doucement sans aucune prise de dispositions par les autorités politiques et administratives du pays, je ne sais pourquoi !

Dans le secteur du tourisme et de l’artisanat qui occupait la jeunesse, surtout celle des villes, la mort est confirmée partout, aucune initiative pour réorienter ces jeunes. Ce n’est pas en donnant des kits d’équipement à certains qu’on peut faire face à l’emploi des jeunes dans un pays.

Les intentions ne sont même pas efficaces pour redynamiser ce secteur tertiaire qui se meurt. Dire que dans les salons à Bamako du tourisme écologique, l’artisanat moteur du développement, ne suffit pas.

Il s’agit d’aller discuter avec les acteurs sur le terrain. C’est avec les collectivités décentralisées, les pratiquants du tourisme et de l’artisanat dans toute la filière qu’il faut élaborer un plan de sortie de crise. Une étude de la filière du tourisme, de l’artisanat et de l’hôtellerie doit soutenir les nouvelles orientations politiques.

Tout le monde peut faire des postulats, des concepts, des citations d’écrivain des écoles des blancs, mais ce sont les acteurs locaux seulement qui peuvent vous donner la solution à leurs vrais problèmes. Je demande donc aux décideurs d’aller sur le terrain pour discuter avec les vrais acteurs et d’arrêter de faire des déclarations inutiles à la télé, dans les textes mal rédigés et de les adopter sous trafic d’influence à l’Assemblée nationale.

Dans le secteur de la sécurité des personnes et des biens, la région de Mopti, en plus d’être le premier producteur des conflits fonciers au Mali est entrain de devenir le second producteur des attaques djihadistes et des bandits armés. Là, encore, les solutions sont faites par des pseudos spécialistes, postés dans des medias qui ne savent même pas les valeurs historiques des peuples de la région de Mopti. De toute façon, ils ne font que du business pour leurs descendances sur les cadavres des peuples impuissants.

Un château d’eau, un centre de santé, un forum…. ne sont pas les vraies solutions aux problèmes de l’insécurité dans la région. Mais, il faut s’attaquer aux causes réelles : la redistribution des investissements, des revenus du pays, des pouvoirs… à travers une valorisation des pouvoirs locaux et des solutions de résilience séculaire.

Mopti est située au Nord et au centre, donc, un carrefour physique et de civilisation. Pour y accéder, il faut passer par l’eau ou sur terre. Oui ! son fils de « soudoubaba » avait prévu deux bateaux à faible tirant d’eau qui sont aujourd’hui sur Mopti et Tombouctou. Mais mes frères continuent de mourir sur les pirogues et ne bénéficient même pas de bons enterrements. Les poissons produits à Mopti et mangés à Bamako sont nourris par les corps de mes frères noyés. Et par la route, le voyage est catastrophique.
On ne peut plus aller de Sévaré à Douentza, sans contourner vers Bandiagara.

Et pour ce faire, n’en parlons pas de l’état de la route Douentza–Gao, l’état des lieux de cette route légitime les différentes rebellions. Faisons un peu de comparaison : La route deux fois deux voies, Bamako–Koulikoro n’est pas plus utile que la réparation de la route Sévaré-Gao au nom de la paix.

L’échangeur multiple de Ségou où il y a zéro embouteillage n’est pas plus utile que désenclaver une ville de Kayes etc. Il y a des promesses politiques ou positionnements politiques absurdes. Vous tuez le tourisme, et en mettant les routes avec un goudron de la route de poisson hérité, qui reste à désirer, la région de Mopti se meurt !

La région de Mopti a deux zones de productions agropastorales : zone inondée et zone exondée. En dehors de la malnutrition aigue, l’insécurité alimentaire frappe en premier la région de Mopti au Mali. On note une baisse de la production de mil, de riz. Ce, malgré la politique de subvention agricole mal élaborée et mal mise en œuvre. Oui, il y a des potentialités partout dans la région, mais l’Etat doit poser les infrastructures de base qui dépassent les populations et certaines ONG, relais des dominants.

Les solutions sont nombreuses : Il faut organiser rapidement à Mopti un vrai forum (pas un marché de bavardage), pour la relance de l’économie régionale à travers un programme de paix et de relance économique. Dans tous les cas, même si la démocratie n’est pas une réalité, surtout la démocratie représentative, elle sert de moyens pour changer de leaders, alors : « Après-demain, aujourd’hui s’appellera avant-hier», donc 2018 n’est pas loin pour nous.

SDF

Source : aBamako

aBamako

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