Amadou Haya Sanogo à la barre : Le combat contre l’impunité gagne du terrain

A travers le jugement du chef de l’ex-junte de Kati, Amadou Haya Sanogo, et co-accusés, la Cour d’assises marquait son engagement à mener à bien cette action que d’aucuns qualifieraient d’historique.
En organisant le procès contre le chef de l’ex-junte de Kati, Amadou Haya Sanogo et autres militaires accusés, les autorités maliennes donnaient l’espoir que la lutte contre l’impunité est une réalité dans notre pays de nos jours.
Ouvert le mercredi 30 novembre, le procès des ex-putschistes reprend aujourd’hui mercredi 7 décembre 2016 après deux reports. La Cour a tout d’abord obéi à la volonté de la défense qui souhaitait avoir plus de temps avec ses clients pour la suite du procès. Ensuite, elle a ordonné la comparution de gré ou de force de ses témoins.
Mercredi 30 novembre à Sikasso, l'audience est ouverte dans la salle Lamissa Bengaly, pour accueillir le procès du général Sanogo et de ses 17 co-accusés. C’est vers 11 h 59 que Sanogo s’est présenté à la salle. Toujours obnubilé par le temps du soleil de Kati, Sanogo a déclaré : "Je suis le général de corps d'armée Amadou Haya Sanogo, originaire de Ségou et ancien chef d'Etat".
Le procureur lui a rappelé que Sanogo n'est ni plus ni moins qu'un simple citoyen dans la salle d'audience. La réplique de la défense ne s’est pas fait attendre : "Sanogo, jusqu'à ce qu'il soit condamné, est et demeure un général de corps d'armée et un ancien chef d'Etat".

Les accusés
Ils sont six accusés d’enlèvement et d’assassinat. Il s’agit de Fousseyni Diarra dit Fouss, Mamadou Koné, Tiémoko Adama Diarra, Lassana Singaré, Cheickna Siby et Issa Tangara. Pour complicité d’enlèvement et d’assassinat figurent Bloncoro Samaké, Amassongo Dolo (décédé), Siméon Kéita, Oumarou Sanafo dit Kif-Kif, Soïba Diarra, Christophe Dembélé, Amadou Konaré, Mohamed Issa Ouédraogo et Ibrahim Boua Koné, avec à leur tête le chef d’orchestre de l’homicide, le général Amadou Haya Sanogo.
Quant aux généraux Yamoussa Camara et Ibrahim Dahirou Dembélé, ils sont sous le coup de complicité d’assassinat.

Vous dites bien comparution ?
L'accusation est tout d’abord revenue sur le déroulement des faits. Elle fait l’arborescence de la situation depuis mars 2012 et le coup d'Etat, qui a poussé le départ d'ATT, aux violents affrontements entre bérets rouges et bérets verts. Du 30 avril et au 1er mai 2012, 21 militaires bérets rouges maliens disparaissaient après avoir tenté un contrecoup d’Etat face à l’homme fort de Kati d’alors, le capitaine Amadou Sanogo.
Quelques mois plus tard, les corps sans vie de ces bérets rouges sont retrouvés dans une fosse commune, à Diago, près de Kati. C’est alors que Sanogo et ses 17 co-accusés, dont l’ancien ministre de la Défense, Yamoussa Camara, et l’ancien chef d’état-major de l’armée malienne Ibrahim Dahirou Dembélé, sont arrêtés.

Ils sont inculpés de "complicité d’assassinat, assassinats, enlèvements et séquestration". Entre-temps, en juin 2013, la demande du pardon au peuple malien du capitaine Sanogo semble acceptée et trois jours après le second tour de la présidentielle du mois d'août, qui a propulsé le candidat Ibrahim Boubacar Kéita à la tête du pays, le putschiste est promu général.
Après trois ans de prison, le général Amadou Haya Sanogo est rattrapé par la justice malienne, qui ouvre le dossier des bérets rouges assassinés.

Le procès de la vérité
Ce procès ouvert vient renforcer la détermination des autorités maliennes à redonner à la justice malienne ses lettres de noblesse. "Nul n’est et ne sera au-dessus de la loi", a toujours clamé le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita. Le président du Comité militaire putschiste, le général Amadou Haya Sanogo ne sera assurément pas au-dessus de la loi malienne quand bien même ses défenseurs tentent de mettre en avant son statut d’ancien chef d’Etat.
Que justice soit faite et que le droit des victimes soit respecté. Ce serait un pas décisif des autorités d’en finir avec l’impunité décriée par le peuple malien. Ce procès devra également montrer le visage d’un pays qui se relève sur le plan judiciaire et qui garantit à chacun citoyen son droit légitime.
Abdoul Latif
Source: La lettre du Mali

Source : aBamako

aBamako

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