Procès Sanogo : les apparences trompeuses

Ça y est. La bande rétrécie d’Amadou Aya Sanogo répond depuis devant une cour d’assises des crimes à eux reprochés. Une chose est claire, sans le coup de force de Sanogo, IBK ne serait jamais un président pour le Mali. Le coup d’Etat fut pour notre bourgeois sans héritage du pain béni. Que voulez-vous ? L’homme propose, Dieu dispose.
Entre la bande à Sanogo et IBK, une complicité idéologique et d’intérêt s’est installée. Tous les hommes de Sanogo ont été ou presque recasés. Oumar Dao, ancien directeur de Sanogo au prytanée militaire de Kati, est non seulement désormais général. Mieux, il est chef d’état-major particulier d’IBK. Le Nord du Mali attendra.

Salif Traoré, l’ami de Sanogo, est lui aussi désormais général. Mieux, il est depuis ministre de la Sécurité. Cependant, l’insécurité pour les Maliens est au firmament. Incapacité quand tu nous tiens !

Le lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré, après avoir été ministre, est lui aussi depuis général, loin du Nord. Il est ambassadeur du Mali en Espagne. Pitié pour notre Mali.

Diamou Keïta, le gendarme de la bande à Sanogo, est ambassadeur du Mali en Angola. Il est facile d’officier bon an, mal an dans une ambassade que de risquer sa vie pour son métier.

Moussa Sinko Coulibaly est depuis général après avoir été ministre. Il a regagné son héritage sans hérédité : l’école de maintien de la paix Alioune Blondin Beye. Si et seulement si, les morts pouvaient se plaindre, cette école cesserait de porter le nom du célèbre Sorbonnard. Hélas.

La connivence entre le régime IBK et la bande à Sanogo se passe de tout commentaire. Les faits, hélas, sont têtus. Pour la forme, Sanogo et ses hommes seront lourdement condamnés avant après d’être graciés. Ils échapperont ainsi à la justice pénale internationale, car nul ne peut être condamné deux fois pour les mêmes faits.

Cette connivence politique avec la junte ne s’arrête pas avec le régime IBK. Souvenez-vous, Soumaïla Cissé, qui aimait chanter son opposition à la bande à Sanogo, n’avait pas hésité à envoyer au gouvernement de trahison son secrétaire à la communication un certain Demba Traoré. La petitesse est dans l’âme. Dioncounda Traoré était la face légale de la transition. Le véritable chef était l’inculte Sanogo.

Sanogo ne perdra aucun avantage in fine. Il restera général d’armée et gardera sa pension. Quant aux familles des victimes, comme d’habitude, c’est l’Etat du Mali qui mettra la main à la poche.

Enfin, il est temps de comprendre que Sanogo n’est pas le produit d’un Big-bang. C’est la gestion chaotique de mon frère du Soudou Baba (maison paternelle) qui a engendré le monstre.

Il est temps pour certains Maliens qui, au lieu de vouloir nous accabler de leur inimitié qui par ailleurs nous est indifférente, éperdument et éternellement, d’œuvrer pour une meilleure gouvernance de notre patrie.

L’hypocrisie, le faux-semblant, la compromission n’ont jamais rien construit.

Boubacar SOW

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Source : aBamako

aBamako

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