CAN 2017 : Giresse, «Nous partons au Gabon avec l’idée de faire la meilleure performance possible»

A un mois, jour pour jour, du coup d’envoi de la CAN 2017, le sélectionneur national fait l’état des lieux et affiche son optimisme pour la suite des évènements

L’Essor : La CAN 2017 débute dans quelques semaines au Gabon, quel est l’objectif des Aigles ?

Alain Giresse : Les objectifs sont toujours les mêmes pour un pays. Quand on s’occupe d’une équipe nationale, c’est partir avec l’idée de faire la meilleure performance possible. C’est de se dire qu’on part pour une CAN en se préparant pour être le plus performant possible. Certains pays peuvent facilement penser à la victoire finale mais quand on est un pays comme le Mali, on ne peut pas dire à coup sûr qu’on va gagner la coupe, mais on doit se dire qu’on peut faire une grande performance. Donc, nous irons au Gabon avec cette idée de faire une bonne performance.

L’Essor : Que signifie faire une bonne performance ? Alain Giresse : Aller le plus loin possible. Pour retourner le problème, si je dis faire la meilleure performance signifie sortir du premier tour. Une fois qu’on sort du premier tour, on ne joue plus. Pourquoi se limiter en terme d’objectifs par rapport aux possibilités ?

Il y a des pays, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Egypte qui sont des habitués de la victoire finale, ces nations sont dans le registre de la victoire finale. Un pays comme la Guinée Biseau, ou l’Ouganda, qui revient, ne peux pas avoir un objectif aussi marqué. Après, tous les autres pays, notamment le Mali, le Sénégal, le Gabon, etc. ne vont pas se dire qu’on va la gagner mais vont se dire qu’on va essayer de faire la meilleure performance possible.

L’Essor : Pensez-vous que le Mali peut atteindre la finale de la CAN ?

Alain Giresse : Pensez-vous qu’il suffit de dire qu’on joue la finale pour y arriver ? Non, c’est le jeu et le football qui décident. Pour prétendre disputer la finale, il faut que tous nos matches soient réussis. Mais pour moi, il faut partir avec l’idée de sortir d’abord du groupe. Puis dans les matches à élimination, tout peut arriver. Préparons-nous pour cela. Il ne suffit pas de dire qu’on part à la CAN et qu’on va la gagner. Il y a des marches, il faut savoir les monter sans tomber et franchir chaque fois les obstacles qui sont les matches et les équipes qu’on aura à affronter.

L’Essor : Pour faire une meilleure performance, il faut bien se préparer. Quel est votre programme de préparation ?

Alain Giresse : Pour la phase finale, les préparations sont longues que pour les matches habituels. Nous aurons deux semaines de préparation que nous ferons au Maroc, au centre sportif Wellness à Casablanca, fin décembre jusqu’à notre départ à Port-Gentil. C’est là-bas que nous nous préparerons, travaillerons et mettrons en place tout le travail qu’il faut pour répondre à une bonne performance à la phase finale.

L’Essor : Concrètement, qu’est-ce que vous travaillerez à Casablanca ?

Alain Giresse : Compte-tenu de la situation des joueurs dans leur club respectif, le premier travail consistera à mesurer d’abord l’état physique des uns et des autres. Après, nous allons affiner et affirmer nos stratégies de jeu, nos relations de jeu, en mettant l’accent sur certains domaines dans la construction de jeu, dans la tenue du match et sur les possibilités offensives que l’on peut dégager. Nous allons faire une opposition de préparation contre le Burkina Faso le 7 janvier à Marrakech. Ce match de préparation permettra de voir les joueurs. On ira au Maroc avec 26 joueurs dont 3 réservistes. On ne peut pas se permettre de partir sans joueurs de réserve. En 2012, on était parti à 26 et malheureusement on a eu trois blessés. On s’est retrouvé à 23 quand même parce qu’il y avait trois joueurs supplémentaires. J’ai fait ça en 2015 avec le Sénégal et en 2010 avec le Gabon. A chaque CAN, on prend des joueurs supplémentaires pour palier un problème qui peut intervenir dans la préparation. Je n’ai pas encore défini la date de la publication de la liste, j’attends de finaliser la liste pour la donner. J’ai besoin de certains éléments. Je vais peut-être la communiquer la semaine prochaine. Mais quelle que soit la suite des événements, la liste définitive ne sera connue qu’en janvier.

L’Essor : Pour quelles raisons vous avez choisi le Maroc pour le stage de préparation ?

Alain Giresse : Pour moi, les conditions de préparation, c’est-à dire, l’hébergement, doivent être correctes. Le centre sportif Wellness de Casablanca est un centre de football, tout est à portée de main. Il y a aussi les conditions climatiques, c’est important de travailler dans une condition où l’organisme supporte plus facilement les efforts. A Casablanca, on va travailler dans de bonnes conditions qui vont nous permettre de faire des efforts sans souffrir. Au Gabon, il ne fera pas si chaud que ça. On ne jouera pas à 15h mais à 20h. A Casablanca on profitera de conditions climatiques qui permettent de travailler dans de bonnes conditions d’efforts et de récupération. C’est pour toutes ces raisons que nous avons choisi le Maroc. On n’est pas seul à aller dans les endroits tempérés pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Le choix du Maroc est pensé et réfléchi.

L’Essor : Est-ce possible que vous sélectionnez des joueurs qui n’ont pas participé aux éliminatoires ? Entre autres, on peut citer Kalifa Coulibaly, Adama Niane et Adama Diarra Traoré ?

Alain Giresse : Il y a quelque chose qu’il faut re-situer, on a fait les éliminatoires de la CAN qui se sont très bien passées. Le mérite en revient aux joueurs. On a joué deux matches de Coupe du monde qui ne se sont pas passés comme on le souhaitait. Sur les deux matches du Mondial, on avait quatre blessés. Contre la Côte d’Ivoire, on a manqué de l’expérience, contre le Gabon, on a raté trop d’occasions. On ne peut pas d’un coup, sous prétexte de ces deux matches, partir de zéro avec des joueurs qui vont découvrir une phase finale sans avoir aucune expérience. C’est possible de voir de nouveaux joueurs, mais le nombre doit être limité. A la CAN, on aura en face de grosses équipes et l’expérience du haut niveau est très importante. Contre le Gabon la moyenne d’âge était de 24 ans, c’était une très jeune équipe face à des joueurs qui ont de l’expérience, de la maturité. Ce n’est pas la qualité des jeunes qui est en cause, mais c’est le problème d’une qualité qui doit tout d’un coup s’épanouir, prendre de la valeur par rapport au niveau de la compétition. Concernant Adama Diarra Traoré, il y a un problème administratif parce qu’il est binational. Le règlement de son dossier est en cours. J’attends d’avoir la confirmation officielle vis-à-vis du joueur pour le valider.

L’Essor : Bakary Sacko, toujours convoqué mais jamais présent depuis les deux matches contre le Botswana et Abdoulaye Diaby, constamment blessé, seront-ils sur la liste ?

Alain Giresse : La longue absence de Bakary Sacko s’explique par les blessures récurrentes du joueur. Il a recommencé à jouer, pour le moment ça va. S’il joue et est dans le groupe, ce qu’il est en bonne santé et opérationnel. Il faut que ça se confirme et on verra par la suite. Abdoulaye Diaby, lui a une blessure de longue durée. Il n’arrive pas à s’en sortir. Sera-t-il prêt ? On va voir. Est-ce qu’il va arriver à se remettre, on ne sait pas encore.

L’Essor : Y-aura-t-il des joueurs locaux sur la liste des 23 de la CAN en plus des gardiens de but?

Alain Giresse : Est-ce qu’il y a un championnat au Mali ? Il n’y a pas de compétitions et ce n’est pas la faute des joueurs. Dans ces conditions, peut-on d’un coup les convoquer pour la phase finale ? Le manque de compétition est un grand handicap, cette logique saute aux yeux. C’est un élément de réponse naturelle. Ici, il y a beaucoup de mouvement au niveau des joueurs locaux, ils partent vite et rapidement. On a une espèce de roulement qui fait que beaucoup de joueurs disparaissent. Et ils ne sont plus des joueurs locaux.

Source : aBamako

aBamako

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