Litige foncier A Sirakoro Meguetana : Kadiatou Diourté ‘’victime’’ d’une escroquerie à grande échelle

Madame Kadiatou Diourté, maîtresse du second cycle de son état, fait face, depuis des mois, à une escroquerie dont elle aurait bien voulu se passer. Depuis des années, elle se dit régulièrement victime des manœuvres de la part de certains prédateurs fonciers. Rencontrée par nos soins, elle affirme que son seul péché c’est d’être la propriétaire du titre foncier N°25599 du cercle de Kati, acquis légalement avec son mari depuis 2007.
Le litige foncier est devenu le quotidien des Maliens. Mais, nombre des litiges relève en réalité d’un véritable rapport de force entre des citoyens nantis et les pauvres. Mme Diourté pense qu’elle est dans ce dernier lot, mais elle ne compte pas baisser les bras. De son point de vue, le sieur Yoro Diallo, agent des douanes, réclame, sans pouvoir en justifier la propriété, sa parcelle dont elle détient les documents officiels. En clair, elle accuse M. Diallo d’utiliser des méthodes peu orthodoxes.
A en croire Mme Diourté, elle et son mari ont acheté ce lot contigu à la maison de Yoro, à Sirakoro Méguétana, dans le cercle de Kati, depuis le 19 juin 2007, suivant l’acte administratif N°07-01852/Mdeaf-Dndc-Drdc de Koulikoro. Après une dizaine d’années de cohabitation, Mme Diourté et les autres voisins du quartier sont surpris de voir Yoro Diallo réclamer la propriété de la parcelle de dame Diourté. Sans aucun titre, il décide de déblayer le terrain en vue de commencer des travaux. Face à cette situation, Mme Diourté a sollicité les services d’un huissier de justice pour constater les faits. Il ressort des constatations de l’huissier que la parcelle en cause est en voie de désherbage.
Mme Diourté est convaincue de la ‘’malveillance’’ de Yoro Diallo dans cette affaire. Selon elle, M. Diallo n’est pas dans la logique d’un règlement pacifique du dossier, « il pense avoir les moyens pour influencer la décision de la justice. Nous avons essayé de rentrer en contact avec le sieur Yoro pour en savoir un peu plus, mais nos démarches sont restées vaines. Mon fils, Baba Diarra, a été interpellé par trois policiers du 7ème arrondissement sur instruction de Yoro Diallo. Heureusement pour notre pays, il y a encore des hommes d’honneur, le commissaire a libéré mon garçon.
Actuellement, le dossier se trouve entre les mains du Procureur de la commune VI sachant bien que la parcelle en question ne relève pas de sa juridiction. De surcroit, Yoro Diallo a refusé de répondre à une convocation en date en 2 août 2016 du juge d’instruction du 4ème cabinet du Tribunal de Grande Instance de Kati. Pourquoi le Procureur de la commune VI veut arbitrer cette affaire ? Yoro est-il son protégé? Une chose est sûre, je suis prête à tout pour défendre mon intérêt dans la légalité. Je suis victime d’une escroquerie à grande échelle».
Pour donner plus d’éclairage sur cette affaire, nous avons rencontré l’agent des douanes, Yoro Diallo. Sans détour, notre interlocuteur reconnait avoir payé la parcelle à 12.500.000FCFA sur proposition d’un certain Amadou Samaké qui dit être le propriétaire de ladite parcelle. «Sous la conduite d’un avocat, Me Mamadou Yattabary Thiéro, j’ai payé le montant en trois tranches.
Après ce processus et la vérification des documents, la parcelle a été transférée en mon nom. Par la suite, j’ai compris que c’est de l’escroquerie, Amadou Samaké a fait le transfert sur la base d’un faux document. Sous la pression, il a refait le transfère, selon lui, en toute légalité. Je ne suis pas ce genre de personne qui agit en toute illégalité, je dispose des documents qui justifient ma propriété sur cette parcelle. Je ne tiens pas à la parcelle mais plutôt à mon argent. Dans cette affaire je suis victime. Pour manifester ma bonne volonté, je n’ai fait aucun investissement sur la parcelle, puisque j’attends une autorisation de construire», a expliqué Yoro Diallo.
Le litige foncier est l’un des fléaux qui pollue l’atmosphère socioéconomique au Mali. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement doit revoir sa copie et mettre de l’ordre dans ce secteur dont le nombre de victimes n’est plus mesurable.
Nouhoum DICKO

Source : aBamako

aBamako

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