Sortie médiatique du ministre de l’éducation nationale: Barthélémy Togo file du mauvais coton

Lundi 05 décembre 2016, nous avons suivi la sortie médiatique du ministre Kénékouo dit Barthélémy Togo sur les écrans de la télévision nationale. En substance, il a tenu à dire aux enseignants du secondaire qui observaient la grève de 120 heures du Collectif des syndicats d’enseignements fondamental et secondaire que la grève est un droit mais qu’ils doivent savoir que la rétention sur leur salaire pour fait de grève est aussi un devoir de l’Etat. Il a poursuivi qu’il a ordonné aux proviseurs des différents établissements d’enseignement publics de faire la liste complète de tous les enseignants qui observent la grève en vue de leur appliquer la loi de rétention consécutive à des grèves.
Monsieur le ministre de l’Education nationale peut-il s’imaginer qu’il y est parmi ces enseignants grévistes un seul qui ignore cette loi de rétention sur salaire ? Visiblement non ! Ce qu’il faut donc dire à monsieur le ministre, c’est que la gestion de l’école est tout à fait complexe et mérite qu’on parle moins et qu’on négocie beaucoup et avec beaucoup de tact. Cela est d’autant important que Barthélémy Togo doit se rendre à l’évidence que la gestion des hommes doit se faire avec calme, sans nervosité parce que les enseignants dont il parle sont ses collaborateurs directs sans lesquels il ne peut travailler.
Ses déclarations du lundi 5 décembre 2016 nous rappellent fort malheureusement cette autre déclaration fracassante de Amadou Touré alors ministre de l’Education nationale, en 2008. Il disait en substance que le Mali n’a jamais organisé de baccalauréat aussi réussi que celui de l’année scolaire 2007-2008. Que s’était-il passé ?
Suite au mouvement de non évaluation des enseignants du secondaire, l’on a constaté avec indignation que les examens de cette année ont été surveillées par n’importe qui jusqu’à des secrétaires et des plantons.
Une telle déclaration, en tout point de vue, est contre productive et ne saurait servir la cause de l’école malienne. Bien au contraire, a-t-on constaté, elle a desservi le système éducatif national quand on sait que les notes obtenues lors de ce baccalauréat étaient le fruit du désordre et de la spéculation par des personnes non enseignantes.
Monsieur le ministre doit se rendre à l’évidence qu’il servirait lieux l’école malienne en entretenant avec les enseignants grévistes un dialogue franc, constructif et permanent. Cela ne peut nullement empêcher de se dire des vérités mais dans la cordialité et avec un sens élevé de la collaboration. L’école malienne gagnerait mieux en entretenant avec grande responsabilité les ressources humaines sans lesquelles il n’y a pas d’enseignement. Certes, aucune revendication n’est bornée.
Ainsi, toutes les lignes peuvent bouger et dans tous les sens quand on sait que le sens de responsabilité ne manque à ces enseignantes et enseignants tant il est vrai qu’ils sont aussi des frères, des sœurs, des parents d’élèves et compatriotes des mêmes apprenants. Seul le dialogue constructif et permanent sert la cause de l’enseignant dans notre pays.
Que Dieu donne au ministre de l’Education la force de discuter fraternellement et avec le sens élevé de la collaboration avec les enseignants chaque fois que ceux-ci éprouvent le besoin de se faire entendre. Toute autre attitude contraire, surtout de la part du ministre de tutelle, ne peut que desservir l’école malienne et donc les enfants qui seront les responsables de demain. Tout compte fait, au regard de cette sortie médiatique, force est de constater que le ministre Kénékouo dit Barthélémy Togo file du mauvais coton.
Fodé KEITA

Source : aBamako

aBamako

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