Démantèlement d’un gigantesque réseau international de cybercriminalité specialisé dans les opérations bancaires Près de 500 millions de FCFA dérobés dans les comptes à la Bms-sa

La Gendarmerie du Camp I arrête le cerveau Timi Richard et ses complices Abdou Niangadou, Alassane Niangadou et Sirawoli Timité

Un gigantesque réseau international de cybercriminalité vient de dérober près de 500 millions de Fcfa à la Banque malienne de solidarité (Bms-sa). Grâce au Camp 1 de la gendarmerie, le cerveau de la bande, un certain Timi Richard de nationalité nigériane et ses complices maliens, notamment Abdou Niangadou, Alassane Niangadou et A.B ont été tous arrêtés et déférés à la prison centrale de Bamako-Coura.

Rappelons tout d’abord que la cybercriminalité désigne “toute forme d’infraction réalisée au moyen de réseaux informatiques ou de systèmes d’information en mesure de porter atteinte aux données ou aux systèmes d’une institution”. On en parlait au Mali ces dernières années, mais cela concernait beaucoup plus du menu fretin dont le domaine de prédilection était surtout le piratage des lignes des sociétés de télécommunications détournées à d’autres fins, avant de commencer, depuis peu, à s’attaquer aux transactions financières et plus précisément aux systèmes de transfert d’argent.

Comme on le dit, l’appétit vient en mangeant. C’est pourquoi les criminels usent de méthodes de plus en plus perfectionnées pour opérer au niveau des banques et puiser dans les comptes des clients ou flouer la banque comme ce qui est arrivé à la Bms-sa. En effet, puisque la nouvelle technologie permet aujourd’hui de développer certaines méthodes, les hackers de plus en plus qualifiés s’en servent comme ils peuvent et ne pensent nullement aux conséquences. Raison pour laquelle, les réseaux internationaux de fraudes rivalisent d’imagination pour développer de nouvelles techniques d’arnaque bancaire.

C’est en tout un beau coup de filet que vient de réaliser la Gendarmerie du Camp 1 avec le démantèlement d’un réseau gigantesque aux connexions internationales puisque qu’on y trouve un Nigérian et un Togolais qui ont pu opérer avec la complicité de Maliens.

Tout est parti d’une plainte déposée par la Banque malienne de solidarité (Bms-sa) dirigée par Babaly Ba, après avoir été victime de cette nouvelle forme de cybercriminalité. Après des enquêtes minutieusement diligentées, la Gendarmerie du Camp I a pu alpaguer Timi Richard (de nationalité nigériane), considéré comme le cerveau de la bande, Abdou Niangadou, Alassane Niangadou, A. B et Sirawoli Timité. D’autres noms sont cités dans cette affaire.

La méthode de ces bandits consiste à percer le système informatique ou cerveau de la banque (ils connaissent le code). Une fois qu’ils accèdent dans ce système, ils gonflent le montant qui se trouve dans le compte bancaire (avec la complicité du client lui-même). Par exemple : si dans ce compte il y avait 5 millions Fcfa, ils pourraient ajouter plusieurs zéros et faire monter ce montant jusqu’à 50 voire 500 millions Fcfa. Le hic est qu’au niveau de la Banque il n’y a aucune trace ni de dépôt ni de virement. En d’autres termes, aucune transaction n’a été effectuée pour amener ledit compte à ce niveau. Mais une fois cette opération réalisée, les bandits font le retrait de l’argent quelques jours après.

Les responsables de la Banque malienne de solidarité (Bms-sa) se sont rendu compte de la supercherie, lorsqu’un des complices, du nom de Modibo Moussa Traoré, a procédé le 2 décembre dernier à quatre retraits d’un montant total de 150 millions de Fcfa dans différentes agences de la Banque, le même jour. Alors que ce dernier n’est pas connu comme un des grands clients de la Banque titulaire d’un compte courant aussi actif. En réalité, il ne dispose que d’un compte d’épargne à la Bms-sa.

Selon nos informations, Modibo Moussa Traoré est très connu dans les archives de la justice. Il a quitté la prison il y a seulement trois mois pour une affaire de 47 faux cachets. Toujours dans la même journée du 2 décembre, un certain Alassane Niangadou a lui aussi effectué un retrait de 181 millions de Fcfa à la même banque, à travers une tierce personne. Selon nos informations, Alassane, quant à lui, dispose d’un compte ordinaire qui lui permet de faire des mouvements de 5 à 8 milliards Fcfa par trimestre au niveau de la Bms-sa.

S’agissant de Abdou Niangadou (il n’a pas de compte à la Bms-sa) mais il a fait le retrait dans le compte d’un certain A.B pour un montant de plus de 100 millions Fcfa dans la même journée du 2 décembre. Le montant dérobé par les escrocs à ce jour est estimé à près de 500 millions de Fcfa.

Après investigations, le Commandant du Camp 1 de la Gendarmerie, Adama Mariko, a dépêché son service de la Brigade de recherches afin de mettre la main sur ces présumés cybercriminels. C’est ainsi que les nommés Abdou Niangadou, Alassane Niangadou et A.B ont été interpellés avant d’être placés sous mandat par le Procureur de la Commune IV. Selon nos informations, ils dorment tous à la maison d’arrêt de Bamako Coura depuis une semaine.

Autre grand coup de filet des éléments du Camp 1, c’est l’arrestation de l’un des cerveaux du réseau du nom de Timi Richard, le lundi dernier, dans une maison sise à Magnambougou. Ce dernier aussi devait rejoindre ses compagnons à la prison centrale, depuis le mercredi dernier.

En tout cas, la lutte contre la cybercriminalité doit être aujourd’hui une priorité pour les banques maliennes car après la Bms-sa, à qui le tour ? La vigilance doit être de mise pour éradiquer ce phénomène qui prend des allures de véritable hydre tant les escrocs en ligne sont de plus en plus ingénieux dans leur façon d’arnaquer leur victime. A ce jour, plusieurs banques utilisent Machine Learning (apprentissage automatisé des machines) afin de tenter de détecter les schémas de fraude encore inconnus au Mali.

A.B.HAÏDARA

Source : aBamako

aBamako

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