ATT, héros ou martyr ? L’ancien président de la République enfin blanchi faute de preuves

ATT, héros ou martyr ? L’ancien président de la République enfin blanchi faute de preuves
Amadou Toumani Touré, ATT

Chassé du pouvoir par la junte militaire de Amadou Haya Sanogo, le 22 mars 2012, à seulement quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, l’ancien Président Amadou Toumani Touré vient de retrouver sa dignité et son honneur.  Les recommandations du rapport d’enquête parlementaire plaident en faveur de toute cessation de poursuite contre lui. Il ressort dudit rapport un manque de preuves tangibles susceptibles d’engager la responsabilité d’ATT pour haute trahison. En attendant le dernier mot qui revient de droit à  la Haute Cour de Justice, ATT peut d’ores et déjà savourer le début de sa réhabilitation et  se préparer  à son éventuel retour triomphal au bercail, la tête bien haute. Le peuple lui réservera-t-il un accueil à son retour à la hauteur de son rang d’ancien président et Chef d’Etat, qui aura été l’un des bâtisseurs du Mali  démocratique ?

C’est certainement par un ouf de soulagement que l’ancien Président de la République Amadou Toumani Touré a pu apprendre les conclusions du rapport d’enquête parlementaire sur la crise du nord et qui le soupçonnait de haute trahison, dont la qualification juridique n’est pas clairement définie par le droit positif malien. Ce rapport a été rendu public au moment où le procès de son bourreau, Amadou Haya Sanogo a qui la cour a refusé une liberté provisoire, venait d’être reporté à la première session de la cour d’assises en 2017. ATT   se trouve réhabilité de droit par ce rapport et la valeur pédagogique est qu’au même moment son bourreau  Amadou Haya Sanogo médite toujours sur son sort au fond du cachot du désespoir. Au regard des conclusions de la commission d’enquête parlementaire, ATT aura été martyrisé pour rien. On se rappelle que les mobiles du coup d’Etat, selon ses auteurs, étaient  entre autres la mauvaise gestion de la crise au nord, le mauvais traitement de l’Armée et le doute qui planait sur l’organisation des élections générales de 2012. Pire, tous ces maux persistent encore aujourd’hui et ils ont même pris une dimension inquiétante avec le risque d’une partition du pays suite à la mise en œuvre de l’Accord de Bamako. Aujourd’hui, l’histoire semble donner raison à ATT, surtout quand il affirmait à la face du monde que la crise au nord-Mali avait des dimensions et des ramifications qui dépassaient le seul cadre du Mali, qu’elle était avant tout sous régionale, voire mondiale, parce que liée au terrorisme international, que son pays seul ne pouvait combattre sans  une mutualisation des forces. L’ironie de l’histoire est qu’aujourd’hui, ceux qui sont au pouvoir, sont ceux-là mêmes qui n’avaient pas cru à la bonne foi d’ATT et avaient clamé haut et fort  qu’il était même complice des rebelles. Mais, trois ans après son départ forcé, la crise reste encore entière. Avec le recul,  on réalise aujourd’hui que ni la junte militaire de Kati, encore moins le régime d’IBK ne sont parvenus à établir  la culpabilité d’ATT. Il doit être réhabilité en lui accordant toutes les prérogatives dues à son statut d’ancien Chef d’Etat et de président de la République, libre de ses mouvements. Les vrais coupables sont sans nul doute les auteurs du « crime imprescriptible » contre le Peuple Malien que retient la Constitution du 25 février 1992. Aujourd’hui, jugés dans l’affaire d’assassinat des bérets rouges, ils pourraient à nouveau, à la volonté des princes du jour à venir, être poursuivis pour ce crime qui n’a pas de prescription.

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