Renoncement de Hollande briguer un second mandat : IBK n’est pas obligé

La France a son histoire politique particulière différente de celle du Mali au point que d’aucuns puissent souhaiter que le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita emboite le pas de son homologue français Hollande, en renonçant à sa candidature de 2018.

« On ne peut comparer que deux choses comparables », dit un adage. Pourtant, certains tentent d’outrepasser cet adage en forçant l’histoire politique malienne à se compatir à celle de la France. Deux histoires pourtant distinctes caractéristiquement.
C’est normal que certains trouvent en l’annonce du président Français François Hollande de ne pas briguer un deuxième mandat, l’aiguillon de leur hystérie. Hollande est courageux, digne, responsable et homme d’Etat, n’a-t-on pas cessé clamer, au point de vouloir l’exiger d’un président comme un IBK dignement et majoritairement élu par 77% des Maliens.
La France et le Mali ne vivent pas les mêmes réalités. Contrairement à la France, le Mali sort d’une profonde crise qui l’a profondément ébranlé. Le Président IBK n’en est pas l’auteur, il l’a plutôt héritée des régimes précédents. Et le devoir moral oblige tout individu doué de raison à la patience en ce concerne la satisfaction de ses engagements. Car trois ans ne peuvent suffire pour relever le Mali du bourbier vieux de 20 ans.
Si l’une des obsessions de certains détracteurs du pouvoir est de s’employer quotidiennement à qualifier de négatif le bilan de l’actuel locataire de Koulouba, l’autre devrait être la reconnaissance des efforts engagés durant les trois ans d’exercice du pouvoir par IBK.
Un bilan prometteur à la réélection
Certes, le président IBK a, alors candidat à l’élection présidentielle de 2013 qui l’a porté à la tête de l’Etat malien, pris des engagements relatifs à la résolution de la crise du Nord, à la délinquance financière, au chômage et à l’amorce du développement économique du pays.
Toutefois, il n’est pas Dieu pour tout arranger comme en baguette magique. En trois ans, l’homme a pu imprimer sa marque et faire de l’agriculture une source nourricière plus fiable.
Plus de 50% des emplois promis sont créés, la résolution de la crise du Nord est sur les rails, les élections communales ont pu avoir lieu, installant les autorités légales. Ce que les régimes précédents n’ont pas pu faire en 20 ans, son Excellence IBK l’a fait en trois ans. Il s’agit bien de la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire dont le budget équivaut à l’ensemble de ceux alloués par les anciens régimes.
Conclure d’emblée que le président n’a trouvé aucun début de solution aux problèmes maliens est un déni de réalité.
Le RPM plus rassurant à réélire IBK
D’autre part il est quasi illusoire de penser que le Rassemblement Pour le Mali (RPM) ne sera en mesure de faire élire le président IBK pour un second mandat.
Le parti est plus structuré aujourd’hui qu’hier et l’arrivée du Dr Bocary Tréta à la présidence du parti sonne le glas des remue-ménages qui menaçaient l’existence du parti, il y a un près d’un an. Le Président IBK peut, sans aucun risque, compter sur la sérénité retrouvée dans les rangs de ses « soldats » pour 2018.
Malgré que les 5000 conseillers promis n’aient pas été obtenus, le parti peut se frotter les mains avec ses 2582 conseillers et 187 mairies.
Comme le disait son secrétaire général, Me Baber Gano, le RPM est aujourd’hui en mutation réussie et démontre sa légitimité sur l’échiquier politique. Cela est une matérialisation de la trajectoire que le parti a amorcé depuis 2013. La volonté populaire n’a donc pas suivi la diffamation, la calomnie et la tentative de décrédibilisassions du parti présidentiel par certains de ses opposants. De quoi rassurer le président pour 2018.
Le RPM peut aussi compter sur ses alliés pour la reconduction de l’actuel locataire de Koulouba à son poste. La preuve est qu’aucune des élections législatives partielles organisées durant cette mandature n’a été remportée par un parti de l’opposition.
Un président IBK plus lucide
Malgré que la gestion du pouvoir nécessite un bon état de santé physique et mentale, l’on ne doit pas chercher à se prévaloir de la diminution de l’état de santé du Chef de l’Etat pour souhaiter son renoncement à la prochaine élection présidentielle comme l’a fait le président Hollande.
IBK n’est pas aussi diminué que d’aucuns le pensent au point de ne pouvoir gérer le pays. Des présidents comme le Camerounais Paul Biya, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, le Zimbabwéen Robert Mugabé ont leur état de santé plus précaire que celui de notre président IBK.
Pourtant, ils sont au pouvoir et sont plus ou moins adulés par leurs peuples. Non seulement le président IBK est solide 100% mentalement, il est également plus lucide dans ses choix pour le bonheur du peuple malien.
L’opposition doit attendre
En définitive, le président IBK n’est pas obligé d’emboiter les pas au président François Hollande. Les affaires françaises restent françaises et les nôtres, maliano-maliennes. « Qui vit verra », renchérie un adage.
2018 n’est pas loin. D’aucuns seront surpris et étonnés par la victoire d’IBK, candidat à sa propre succession, au premier tour. La majorité des Maliens n’est pas prête aujourd’hui à confier les rênes du pouvoir à un parti d’opposition qu’ils estiment « incapable de garantir la sécurité plus que le pouvoir d’IBK ».
Cyril ADOHOUN

Source : aBamako

aBamako

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