Rétrospective : Discours emblématique et historique d’Alpha Oumar au forum de réconciliation nationale à Abidjan en Côte d’Ivoire (2ième partie)

« …Combien vous avez eu raison d’enclencher une telle dynamique, d’engager un tel processus jusqu’à cette étape il ne pourrait s’agir que d’un processus fragile avec au début des avancées incertaines quelquefois de reculs qui finiront à force de foi de détermination par être bons et décisifs.

Partout vous le savez mieux que moi Monsieur le président en tant qu’historien partout où l’on s’est montré méprisant dans ses relations ou on a substitué aux règles de l’humilité et de la tolérance celle de l’arrogance et du rejet de l’autre frère, on est allé à l’affrontement sans issue. Les propres enfants du pays ont conduit leur pays à la catastrophe. C’est l’Ouganda, le génocide, le bras coupé de Sierra Leone cela n’arrive pas qu’aux autres que Dieu nous en préserve, mais cela peut exister derrière des buissons de l’intolérance. La catastrophe arrive vite quand on n’a pas le courage de se parler, d’échanger, de regarder l’autre, de faire confiance à l’autre si diffèrent et si proche aux voisins si sacrés, aux amis si chers, aux partenaires si nécessaires quand tout se réduit au pouvoir à la quête du pouvoir.

Aux problèmes politiques, il faut de vraies solutions politiques; pas de faux fuyant. Elles peuvent être difficiles à trouver mais nous devons les trouver ensemble à coup de concessions, de compromis conformes à l’État de droit, de compromis démocratique. Les problèmes politiques mal résolus finissent par prendre de dimensions régionalistes puis ethniques, puis religieuses et conduisent à l’anarchie. Il nous faut aujourd’hui dans tout nos pays un fond politique apaisé pour pouvoir bien aborder et résoudre les difficiles situations économiques et sociales.

Chers frères et sœurs de Côte d’Ivoire nous demeurons convaincus que l’ensemble de la société Ivoirienne et singulièrement la classe politique Ivoirienne saura relever le défi. Nous tenons à vous en féliciter vivement et de vous apporter le témoignage de notre soutien, de notre solidarité sans faille, de notre disponibilité pleine et entière. Jamais le Mali, encore moins par Dieu le Mali démocratique n’a été et ne sera un terrain d’hostilité.

La sécurité de chacun de nos voisins est notre sécurité, la stabilité de chacun de nos voisins est notre stabilité; voyez-vous mes frères et sœurs le Mali c’est un peu de chacun de nos voisins. le Mali c’est un peu d’Algérie, c’est un peu du Niger, un peu du Burkina Faso, un peu de Côte d’Ivoire, un peu de Guinée, un peu du Sénégal, un peu de Mauritanie et un peu d’autres encore. Le Mali se lie aussi à chacun de nos voisins et il n’est pas nécessaire de rappeler ici que le peuple de la Côte d’Ivoire et du Mali et d’autres peuples ont entretenu des relations séculaires d’amitié et de fraternité.

En souvenir des structures étatiques passées, de migrations multiples que vous ayez su bien décrire Monsieur le président à travers ces contrées pluriethniques, de cette contrée si riche de leur pluralisme et de leur différence en souvenir d’engagement commun, de lutte commune, de sacrifice commun au sein du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Souvenir inaltérable, souvenir inaltérable du lieu de notre Houphouët malgré tout si présent aujourd’hui dans cette salle et présent auprès de nous aujourd’hui. Plus de choses nous unissent et ne nous séparent, nous avons bâti là-bas et ici ensemble. Nous devons tenir encore ensemble aujourd’hui nourri du passé fort des rencontres intercommunautaires ».

Youssouf Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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