Le Burkina enterre douze soldats tués dans une attaque terroriste

Ouagadougou, 20 déc 2016 (AFP) - Les funérailles de douze soldats burkinabé tués le 16 décembre dans une attaque terroriste à Nassoumbou, dans le nord du pays, s'est déroulée mardi en présence d'environ 2.000 personnes dont un parterre de hauts gradés et de responsables politiques, a constaté l'AFP.

Agés de 24 ans en moyenne, les douze victimes dont un gendarme, étaient tous des soldats du rang affectés pour une relève de quatre mois au sein du Groupement des forces anti-terroristes (GFAT).
Cette unité qui compte plus de 600 hommes est déployée depuis 2012 au Sahel tout le long de la frontière malienne pour faire face aux attaques terroristes
après l'Opération Serval lancée par la France contre les forces jihadistes
dans le nord du Mali.
"Sept (soldats) de ma classe sont tombés. Je ne sais pas quoi dire", a
déclaré visiblement très émue une jeune soldate. Inconsolable, une autre femme
dit "avoir appris le décès de son époux vendredi soir".
"Nous sommes confrontés aujourd'hui à un ennemi qui n'a pas de visage, qui
agit avec dissimulation et pour pouvoir l'identifier la priorité doit être
donnée ici au renseignement", a déclaré le chef d'état-major général des
armées burkinabè, le général Pingrenoma Zagré pointant du doigt les
difficultés de son armée en matière d'équipements et de renseignement.
Les douze soldats tués ont été décorés à titre posthume de la médaille
d'honneur militaire.
L'attaque à Nassoumbou a visé un détachement de l'armée basé dans cette
localité, située dans la commune de Djibo (chef lieu de la province du Soum,
ndlr) dans le nord du pays, à une trentaine de kilomètres de la frontière
malienne, le raid jihadiste le plus meurtrier perpétré contre l'armée dans ce
pays.
Il s'agit de la seconde attaque visant l'armée depuis le début des attaques
jihadistes au premier trimestre 2015 au Burkina Faso, petit Etat sahélien
d'Afrique, pauvre et enclavé.
En octobre 2016, la première attaque avait fait six morts - quatre
militaires et deux civils -, les deux civils ayant été probablement tués par
des "tirs amis".
Frontalier du Mali et du Niger, le nord du Burkina est le théâtre
d'attaques jihadistes régulières depuis 2015.
Longtemps épargné par ces attaques qui touchent la plupart des pays
sahéliens, le Burkina est ainsi entré depuis avril 2015 dans un cycle
d'enlèvements et d'attaques islamistes.
Les attaques jihadistes au Burkina Faso sont surtout concentrées dans le
nord du pays. Mais le 15 janvier 2016, un commando de trois assaillants a tué
30 personnes et fait 71 blessés en plein coeur de la capitale Ouagadougou. Une
attaque revendiquée par le groupe Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
roh/ck/sba

Source : aBamako

aBamako

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