Rapatriement de migrants africains : Alger donne sa version des faits

Dans la nuit du 11 décembre, sont arrivés à Bamako 275 migrants maliens, dont 266 venus de l’Algérie et 9 de la Guinée-Équatoriale. Ce premier convoi des Maliens expulsés de l’Algérie a enregistré deux morts et un blessé, suite aux mauvais traitements qu’ils ont connus durant la période de rapatriement. Ils ont transité par le Niger avant d’arriver au Mali. Ces rapatriés ont été accueillis à leur arrivée à la direction régionale de la Protection civile à Sogoniko par les services chargés du développement social et des questions migratoires.

L’Association Malienne des Expulsés (AME) n’a pas tardé à monter au créneau dénonçant l’arbitraire. Elle a défendu que nos compatriotes ont été rapatriés les mains vides, sans avoir eu le temps de mettre de l’ordre dans leurs affaires. Les biens laissés derrière eux par les expulsés ne seront probablement jamais récupérés, a déploré l’AME tout en regrettant un manque de réaction vigoureuse des autorités maliennes.

Longtemps restées dans le silence, les autorités algériennes ont tenu à donner leur version des faits en publiant, le samedi 10 décembre, un communiqué via l’Agence Algérie Presse Service (APS). L’opération de rapatriement dans leurs pays de ressortissants africains en situation irrégulière s’est déroulée «dans le respect des droits humains» et «conformément aux engagements internationaux» de l’Algérie, a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans ledit communiqué. Le même document souligne que «d’évidence, la réalité des faits ne donne aucune base à la campagne tendancieuse menée par certains milieux connus pour leur hostilité envers l’Algérie qui exploitent à des fins inavouables une opération somme toute ordinaire, gérée dans le respect des droits humains des personnes rapatriées et conformément aux engagements internationaux que l’Algérie a contractés».

Le ministère algérien des Affaires étrangères a déploré que l’opération de rapatriement de personnes en situation irrégulière de différentes nationalités, qui s’est déroulée du 1er au 6 décembre, «a malencontreusement donné lieu à des commentaires malveillants destinés à jeter le discrédit sur l’hospitalité traditionnelle du peuple algérien ainsi que sur la solidarité naturelle de l’Etat vis-à-vis des pays voisins et amis affectés par des crises provoquant des déplacements de populations».

Cette opération, décidée en tant que «mesure de dernier recours» a été mise en oeuvre par les autorités compétentes consécutivement aux «atteintes récurrentes» à l’ordre public commises dans plusieurs régions du pays et, notamment, à Alger où des «dépassements graves» ont été enregistrés, «en particulier des actes de vandalisme et des agressions physiques inacceptables et injustifiées contre des bénévoles du Croissant Rouge algérien», précise le communiqué, qui ajoute que, face à de tels comportements, «les forces de l’ordre ont fait preuve d’un professionnalisme et d’un sang-froid exemplaires qui ont permis de contenir les conséquences des incidents, minimes mais regrettables, survenus lors de l’opération de rapatriement».

Selon le communiqué diffusé par l’APS, «l’Algérie, qui a toujours partagé les préoccupations des pays voisins et amis, continue, malgré une conjoncture économique peu favorable, de consentir des efforts considérables en termes de prise en charge de nombreux migrants qui bénéficient, au même titre que les citoyens algériens, de l’accès gratuit aux services de santé et d’éducation». La même source souligne que «l’Algérie a constamment fait preuve de solidarité et de coopération avec les pays frères dans leurs efforts de développement et de sédentarisation de ces populations aspirant légitimement à améliorer leurs conditions de vie».

Source : aBamako

aBamako

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